Récit de la course : Trail des Citadelles - 40 km 2012, par ced2nay

L'auteur : ced2nay

La course : Trail des Citadelles - 40 km

Date : 8/4/2012

Lieu : Lavelanet (Ariège)

Affichage : 1065 vues

Distance : 40km

Objectif : Terminer

5 commentaires

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Pars moins vite, j'te dit !

Info kikourous : ce CR est principalement basé sur un mail rédigé à l'entourage, donc le contexte ou des explications peuvent paraître décalés par rapport aux trailers avancés que vous êtes.

=================================Course : 40km +2000m de dénivelé.
Lieux : Lavelanet (Ariège), château de Montségur, château de Roquefixade, le sentier Cathare.
Date : Dimanche 8 avril 2012.

Cette 3ème expérience de trail moyenne distance se solde encore 1 fois sur une grande joie mais au prix de quelques souffrances.
On dit bien qu'on n'obtient jamais rien sans efforts... A mon humble niveau, cela se paye par de douloureuses crampes. Heureusement, à l'aide de quelques subterfuges (eau, gels énergétiques, pastilles, alimentation...et entrainements), elles ne durent que 5mn, disparaissent 15/20mn, puis reviennent à nouveau 5 longues minutesetc...

Alors oui, il faut être un peu maso, mais à la fin, il reste des paysages en tête (et photos), des rencontres entre coureurs (oui, on a le temps de discuter quand on marche), de nombreux encouragements d'enfants, d'adultes et même des anciens, puis enfin la fierté d'avoir réalisé une épreuve sportive pas à la portée de tout le monde (oui, ok, vous êtes 2 ou 3 destinataires du mail pour qui c'est peanuts).

Le trail des Citadelles, pour les non initiés, c'est globalement le trail le plus réputé du Sud-Ouest avec près de 1500 participants sur 4 épreuves (20, 40, 73km et marche).
Arrivée à Lavelanet la veille au soir entre amis, qui eux, participent au 20km (dans le secret espoir de pouvoir ensuite passer sur du plus long...). Chez Stef et Fred, la diététique de course n'étant pas tout à fait encore assimilée, le repas de la veille au soir sera agrémenté de charcuteries locales, frites, fromage de pays, et vin rouge bien sur !

verre de vin rouge

Petite frayeur la veille au soir de la course, une douleur vive dans la voûte plantaire ré-apparaît. Le matin, elle est toujours présente. Heureusement, en s'échauffant, elle semble disparaître.


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8h, bien placé en 2nde ligne du départ, nous partons sous la bruine et un petit 3°. Pour une fois, les Citadelles auraient pu se réaliser sur terrain sec, mais la météo Ariègeoise a fait des siennes toute la nuit. Aurons-nous de la neige en haut ? Bref, je me surprends pendant le 1er km à avoir toujours en vue les premiers. Euuuh, je dois faire une erreur, il faudrait peut-être ralentir alors. Mais tout va bien, alors continuons ! Les premiers sous bois sont fidèles à la boueuse réputation de la course. On est prévenus! Nous nous dirigeons vers le château de Montségur par des sentiers parfois pentus, parfois roulants. La crête de Madoual me permet de sortir mon téléphone pour prendre des photos du château, qui trône sur son promontoire.

Montségur

Caché dans la brume, il se laisse désirer..Arrivé au pied, je croise le 1er qui en redescend. Dans la montée, nous croisons les suivants ce qui permet d'encourager les connaissances. La montée est rude (entre 25 et 40% ?), mais tout se passe bien. Des bénévoles nous attendent en haut, et nous orientent vers l'intérieur du château.

Malheureusement, je ne prend pas le temps de faire une belle photo. Je fais le tour du monument puis redescend normalement (c'est-à-dire à fond) en slalomant entre ceux qui montent, en évitant le précipice et aussi les rochers pièges.

 

descente

Je ne le réalise pas encore, mais je suis parti trop vite. La descente du château terminée, je sens une douleur de fatigue dans l'aine. On est km9, pas de bêtise, tu dois obligatoirement ralentir Cédric ! Je baisse d'un ton et laisse passer. 5km de descente à prévoir. Au croisement d'une route, je traverse tout droit et m'arrête juste avant un "précipice" de 3/4 mètres. Ouf, il faut contourner de quelques mètres et c'est plus abordable. Sur 100 mètres, on passe dans un endroit complètement sauvage, hors sentier. Ca glisse terrible, on s'accroche à tout ce qu'on trouve. La suite est plus agréable, à serpenter de gauche à droite d'un ruisseau, à l'aide de passerelles parfois. Je laisse passer des coureurs, je sens que ce n'est pas la grande forme,et je ne suis qu'au début...
Km 14, Montferrier, ravitaillement. On se fait "bipper la puce" (même pas mal), sympa car cela permet à la famille et aux amis de suivre éventuellement notre progression. 1h39, je suis pile dans mes prévisions... très optimistes. Je suis 62ème. Bon, on se calme : on boit bien, on mange, on prend le temps et on repart ensuite. On traverse le village sous les encouragements, puis attaque une montée, tranquillement en marchant (du reste, comme les autres concurrents). Arrive alors une vraie pataugeoire à gorets ! Impossible de s'échapper, contourner, il faut traverser. Et là, splash, le pied tout entier dans la boue jusqu'au dessus de la chaussette. On ne voit plus la chaussure du tout. Ça, c'est fait ! Je suis baptisé "a participé aux Citadelles!". A l'attaque de la forêt, entre le km 16 et 18, je tombe complètement en perdition. Les crampes me saisissent les 2 quadriceps. Nooooon pas maintenant !!! Il me reste plus de la moitié. Je ne peux plus courir alors que c'est plat ou ça descend. Moralement, je suis au fond du seau. Comment je vais faire, j'ai encore beaucoup de km, de la montée, une longue descente avant d'atteindre un ravitaillement pour abandonner. Plein de choses passent par la tête, et si je faisais tout le reste en marchant, ça me prendrait combien de temps? si j'abandonne, je pourrai voir l'arrivée des amis sur le 20km, etc... Bref, je marche, je trottine alors que d'autres galopent. Puis les minutes passent et cela devient moins douloureux (bizarrement vers le hameau "Silence" !). Les douleurs font le yoyo. A Coulzonne, nous empruntons le sentier Cathare qui est une belle piste plate, où l'on m'encourage à relancer doucement la machine. Ça grince, mais ça repart. Arrivée à Roquefixade sous les sympathiques encouragements de supporters et de bénévoles. Nous attaquons la montée vers le château éponyme.

Roquefixade

Roquefixade2

J'ai du mal à pousser sur les jambes. Et on n'est qu'au km24.... pitié, encore 16La-haut, la vue est ma-gni-fi-que, d'autant que le ciel s'est dégagé. On voit très largement les Pyrénées.

Roquefixade3

Ouuhhh laaaa, j'ai 10 ans de plus sur la photo....

chateau roquefixade

 

Sur les crètes, quasi-impossible de trottiner. Étrangement, la descente va assez bien se passer, bien que toute "en gestion". J'atteins le ravitaillement de Roquefort les Cascades au km29 en 3h44. Un coup de bip, et j'apprends 10mn plus tard par texto que je suis 97ème. Je refais le plein d'eau, le plein de "Tucs", de chocolat, de pain d'épices, de saucisson, hummmm.... :o)
Le 1er de la course du 73km arrive alors. Yes, c'est Maxime Cazajous, un ch'ti gars de Nay, qui est en train de surprendre les 2 favoris. Je repars en même temps, mais n'ai pas la force de suivre son rythme. Les jambes vont mieux, et me lancent moins souvent. Les 2ème (2ème de l'utmb 2011) et 3èmes (vainqueur de la diagonale des fous 2011) de la grande course nous doublent avec facilité. Courir quelques secondes à côté de ces champions arrive rarement, et c'est possible aux Citadelles ! Quelques remontées et descentes plus tard, au km34, je suis 98ème en 4h44.

raissac

Allez, plus que 6km pour réussir à rentrer dans les 100 ! Mais surtout 1km de montée sévère, puis 5km de descente technique (ce qui signifie en langage de trailer, pas très très roulant et agréable). J'ai 46mn pour les faire si je veux être en dessous de 5h30. Un beau challenge, qui s'avère envisageable car les cuisses me laissent du répit. La montée se passe pas trop mal, nous doublons d'ailleurs avec mon compagnon de route 2 coureurs.

descente

Aucune douleur dans la descente, c'est génial, je peux maintenir un petit rythme qui m'amène jusque dans le centre de Lavelanet avec un chrono final de 5h29, et 96ème sur 366. YESSSSS !!!!!

Conclusion ?
Comme je l'ai dit, à l'aide d'une bonne hydratation et alimentation, on peut aller loin. A condition de ne pas aller trop vite non plus au départ !

 

5 commentaires

Commentaire de Berty09 posté le 11-04-2012 à 19:32:14

Bravo, t'as bien géré la distance et tu finis bien sur la fin. A la prochaine et bonne récup.

Commentaire de laulau posté le 11-04-2012 à 21:13:01

On a dû se croiser quelquefois ce week-end sans se reconnaître. j'espère que tu auras récupéré pour pouvoir venir à Arette le 29 avril !
En tous cas, malgré des crampes précoces, tu as pu arriver au bout en gérant bien ta course. c'est une bonne chose pour les trails à venir !

Commentaire de ced2nay posté le 11-04-2012 à 21:47:10

Mis à part Michel que j'ai facilement reconnu (il était partout), je ne connais malheureusement pas de kikous. J'ai déjà récupéré : plus aucune douleur aux jambes! Etonnant le type? Va falloir que ça me passe un jour ce pb de crampes, et pourtant je teste des remèdes (bcp d'eau, pastilles). Je cherche la bonne carburation, mais peut-être est-ce plutôt dans l'entrainement....

Commentaire de mic31 posté le 12-04-2012 à 09:05:40

Contre les crampes il parait que les bananes sont efficaces et boire beaucoup, tous les jours.
Bravo pour ta course et ton récit sympa.
Le gars qui est partout ;-)

Commentaire de Ben64 posté le 12-04-2012 à 22:08:25

Sympa ton récit de course! Pas facile à gérer ces crampes mais tu verras, à force de courir ça passe. Et comme dit Michel, boire beaucoup d'eau ça marche!
On aura sûrement l'occasion de se recroiser dans le 64, peut-être au Barétous?
Bonne récup

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