Récit de la course : Cross Corpo Liebherr 2012, par Baobab

L'auteur : Baobab

La course : Cross Corpo Liebherr

Date : 4/2/2012

Lieu : Oberentzen (Haut-Rhin)

Affichage : 663 vues

Distance : 6.84km

Objectif : Se défoncer

3 commentaires

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Cross Liebherr (corpo) Samedi 4 février 2012

 

Je dois dire qu'en quelques années de compétitions, si j'avais bien tâté du 10km et du trail-un-peu-long, si j'avais aussi risqué les ongles de mes orteils sur marathon, la simple notion de « cross » sera finalement restée bien longtemps mystérieuse. Avant de partit pour Oberentzen, je me suis bien trouvé en peine de répondre à la question de Madame : mais un cross, c'est quoi au juste ?

J'ai tenté une définition fonctionnaliste : une compétition de morte-saison, histoire d'occuper sainement les gambettes, une autre topologique : une épreuve de course à pied sur des terrains qui ne s'y prêtent pas forcément comme ça, au premier coup d'oeil. J'ai aussi proposé, mais sans grande conviction une voie synthétique : courir à allure rapide un résumé de course nature.


Bref, le cross m'apparaissait jusqu'à samedi 5 février 2012, ni plus ni moins comme un petit animal curieux, exotique certes, mais pas beaucoup plus attirant qu'un campagnol ou un pigeon ramier nain. Un truc de spécialistes, réservé à des gens qui seraient nés dans le chaudron. Pas pour moi donc.


En me réveillant ce samedi matin là, je me pose la question : je m'y risque ? Ou pas ? Petit état des lieux : il fait très froid. Je ressens encore les conséquences d'une bonne crampe au mollet, chopée cette nuit, et qui m'a laissé un muscle nettement contracté. J'ai une tonne de boulot qui m'attend. Enfin, c'est pas la grande forme.

J'opte pour un bon auto-coup de pied bien placé, et me décide finalement à participer au cross Liebherr.


Le départ aura lieu à 15h15 au stade de foot d'Oberentzen, à 10mn au sud de Colmar.

Il fait tellement froid que j'opte pour le collant chaud, le Tshirt manches longues et la petite veste qui va bien. A ne pas oublier le bonnet et les gants : le soleil est peut être éclatant, mais il suffit de mettre le nez dehors pour s'en apercevoir, la bise est glaciale.


Grâce à un bon fléchage sur la route, et aux bénévoles qui veillent à ce que le parking improvisé ne devienne pas le souk, j'arrive sur place pour l'inscription.


Un simple certificat médical suffit (oui, l'inscription est gratuite!) pour récupérer mon dossard et 4 épingles à nourrice. Je vérifie également la carte du parcours : on commence par une petite boucle autour du stade et puis on part pour deux grandes boucles, entre sous-bois et berges de l'Ill (la rivière parallèle au Rhin de Mulhouse à Strasbourg qui aurait donné son nom à la région Alsace). Le kilométrage n'était pas indiqué sur le calendrier fédéral, et à ce que j'ai pu lire ailleurs, il serait question de 7.5km environ, ou bien 6.84km voire 7km. Au moins c'est clair : on n'est pas sur un 10 officiel avec lignes peintes à la bombe tous les 1000m. D'ailleurs l'exercice du cross n'est-il pas justement substantiellement différent des autres épreuves : ni long, ni court sur route, on dirait que ça relève de l'allure 5km ou 10km, mais que c'est la nature du terrain qui imprime nettement le rythme, comme sur du trail. Bon, c'est peut être un peu tiré par les cheveux, mais j'ai besoin d'un minimum de précisions avant de prendre le départ de mon premier cross...depuis l'école primaire.


Il reste 45mn avant le départ, c'est juste ce qu'il va me falloir pour m'habiller, et surtout pour m'échauffer. Il fait toujours très froid, le vent est pénétrant, et j'apprécie d'autant plus un soleil généreux. 30mn de course à allure lente me rassurent : mon mollet gauche se détend, je ne ressens aucune gène.


Quelques minutes avant le départ, je vais me ranger derrière la ligne de départ, volontairement au fond, par prudence autant que par calcul stratégique. Petit check-up : les lacets, le chrono, les muscles, la tête...tout est en place il ne reste plus qu'à ...BOUM


Comme d'habitude, je me fais surprendre par le starter. A ce stade ça devient grave....

 

 

 

 

 

Devant ça doit partir comme des balles, pourtant nous autres au fond marchons péniblement jusqu'à la ligne (une dizaine de secondes tout de même) avant de pouvoir trottiner. Si j'ai pour objectif de faire le parcours à allure 10km, je ne tiens pas pour autant à prendre des risques excessifs en doublant à l'arrache sur les premiers hectomètres. Je reste le plus possible sur ma trajectoire, double souplement quand je peux, patiente le reste du temps, et me laisse le temps de trouver mon rythme de croisière. La première ligne droite se court sur un chemin large, assez roulant (le plus roulant de toute la course finalement) malgré la caillasse. Les coureurs évitent soigneusement les flaques gelées, ce qui ne facilite pas la fluidité : attendons encore un peu.

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 Ta zoa trekei

 

La première boucle doit faire 1200m, et à son terme, au début de la première grande boucle (2.9km environ), je commence à trouver mon allure cible...à la louche. Je double toujours du monde, sans être doublé, ce qui me donne la nette impression d'être bien en retard. Il faudra attendre le début de la dernière boucle pour trouver un peu plus de stabilité. Ensuite et jusqu'à la fin, je doublerai beaucoup moins de coureurs, et je trouverai même quelques compagnons pour se tirer la bourre.

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Retour au début de la première grande boucle. Après une ligne droite sur le fameux sentier, nous prenons un chemin de terre. Les ornières sont gelées, aussi gare aux chevilles ! Plus loin nous entrons dans un petit bois, pas du tout paisible : se succèdent un talus à descendre, quelques troncs d'arbres à enjamber. C'est surprenant pour un novice, mais au final c'est très stimulant. Par la suite, sur la longue ligne droite de retour au stade, alors que nous longeons l'Ill et sa digue, le parcours passe tantôt sur la digue, tantôt sur les berges...autant de montées casse-pattes et de descentes vertigineuses! Je suis d'ailleurs bien à l'aise dans ces courtes montées, mais je remarque que j'ai tendance à me laisser aller une fois le niveau à nouveau à l'équilibre.

 

 

 

 

 

 

Deuxième et dernière grande boucle : mon allure est sur les rails, il va falloir sinon accélérer encore un peu (ce que je parviendrai à faire) tout au moins profiter d'une première reconnaissance pour tirer parti des quelques difficultés. Je vais donc essayer d'être plus souple dans les descentes, plus audacieux dans les montées, plus réactif sur les plats qui suivront. Et surtout, je vais tenter d'envoyer la patate sur la fin du parcours.

 

 

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Je double moins, mais lorsque ça arrive ce sont des grappes que je passe. Pour se protéger du vent, les autres coureurs se montrent plus intelligents que moi.

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La sortie du petit bois annonce le dernier chapitre. Heureusement d'ailleurs puisque je ressens une douleur assez vive sous le pied droit. Je me la traîne depuis quelques temps, et je préférerais ne pas trop forcer dessus.

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Voila la dernière descente, la plus casse gueule d'ailleurs étant donné sa trajectoire à 45 degrés dans la pente. Grâce au gel, le sol est heureusement bien stable, je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de vautrages !

 

 

 

 

 J'aurai finalement réalisé un podium sur la course : ma douce épouse, en voyant les photos m'a décerné le prix de la plus moche tenue (au scratch)

J'aperçois la ligne d'arrivée : hop, il est plus que temps d'entamer le sprint final. Je double quelques coureurs, et manque de finir dans la rubalise du sas d'arrivée. Je jette un coup d'oeil au chrono : le temps dans l'absolu n'est pas exceptionnel mais pour une sortie au seuil bien relevée, c'est acceptable.


On nous remet deux paquets de chewing gum (merci Wrigley!) deux barres (merci Décathlon!) et on nous invite à prendre une boisson chaude. Je bois un thé bien sucré, récupère deux bonbons pour mes grandes, et prend rapidement le chemin de la maison. Si l'ambiance est bien sympathique, je ne connais personne, et surtout j'avais promis aux miens de ne pas m'absenter trop longtemps.



Conclusion : une belle course, très bien organisée par l'association athlétique de l'entreprise Liebherr (engins de chantiers, démolition, exploitation minière.... ) Merci à eux pour leur efficacité.

Un grand merci aussi aux bénévoles, qui ont fait un travail remarquable, en gardant le sourire, malgré un froid polaire.

 

Merci aussi à Laura Sucker pour les photos mises gracieusement à disposition sur le site  http://www.crosscorpos68.fr/


J'ai bien sûr adoré cette première expérience du cross, autant annoncer que je reprendrai tout naturellement des départs sur ce type d'épreuve (mais où j'ai foutu le calendrier de la saison???)


Les sensations ont été très bonnes. Je crois que ma stratégie commence à payer : en relevant l'allure sur mes sorties en endurance, en travaillant chaque semaine mon allure « seuil », tout en développant ma VMA me permet de retrouver, apparemment, le chemin de la progression.

Je décide quand même de rendre un peu de repos, histoire de soigner mon pied. Il va ensuite falloir que je retrouve l'habitude de m'étirer régulièrement.


Vivement la reprise, vivement la prochaine course !


Merci cher lecteur de m'avoir lu.








3 commentaires

Commentaire de steffan posté le 07-02-2012 à 14:32:06

prochain cross corpo : samedi à SOULTZMATT :-)
mais si tu veux vraiment voir ce que ça donne je te conseille l'an prochain de faire les départementaux
bonne continuation et peut être à samedi !!!

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 07-02-2012 à 18:46:01

Ah, enfin un nouvel adepte du cross ! Dommage que tu habites aux confins, sinon, je t'inviterais à nos cross Normands. Chez nous, le corpo se nomme FSGT. T'as couru en pointes ? C'est une particularité du cross. Ici, la plupart des cross sont impraticables sans pointes. Autre particularité : nos cross se terminent toujours par un vin chaud.
Je penserai à toi quand je prendrai le départ du cross d'Alençon samedi.

Commentaire de thunder posté le 20-02-2012 à 18:05:05

NAAAANNN pas toi sur un cross, il te reste quoi à courir maintenant? Le Baobab coureur multi forme. pfff il est temps que je me remette au sport. Sinon bravo et merci pour le récit c'est sympa, c'est frais et ça me donne envie de fouiller pour trouver mes baskets.

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