Récit de la course : Trail du Bugey - 56 km 2011, par Girith

L'auteur : Girith

La course : Trail du Bugey - 56 km

Date : 18/9/2011

Lieu : Belley (Ain)

Affichage : 884 vues

Distance : 56km

Objectif : Terminer

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Le récit

(la trace garmin de ma course est présente sur mon blog où j'ai initialement publié ce récit)

Ma découverte du trail et des distances "au delà du marathon" (addm) continue (ou commence c'est selon). J'ai donc bouclé, avec ce trail, ma première distance ADDM. J'en ai gardé des images, des sensations, des expériences plein la tête ; c'est ce que je vais essayer de vous faire partager maintenant.

C'est parti, bonne lecture.

L'avant course

De ce coté, je commence à avoir une routine établie qui me convient bien.
La veille de l'épreuve, je prépare toutes mes affaires en prévoyant plusieurs possibilités en fonction des prévisions météo. J'ai un petit coté "obsessionello-méthodique" en plaçant l'ensemble du matos nécessaire au même endroit (vêtements, rechanges, alimentation, montre gps etc...), mais cela a l'avantage de diminuer fortement le risque d'oubli.

Pour ce trail, la météo annoncée était mauvaise : probablement de la pluie une bonne partie de la matinée, mais pas trop de vent, suivi d'une possibilité d'éclaircie en fin de matinée ou début d'après midi. J'ai donc choisi le "scénario" pluie probable : corsaire long, veste de coupe-vent ou veste de pluie plus imperméable mais plus lourde (je trancherais au dernier moment).

Samedi soir, tout est prêt, go gros dodo.

Dimanche matin, levé 5H, là encore ma routine est bien établie : Gatosport au petit déj' avec le non moins traditionnel café (oui je sais c'est mal, mais je n'arrive pas à me bouger sans mon café du matin). Je prépare ensuite mes pieds en appliquant deux couches de Nok : une première que je fais bien pénétrer et une deuxième, abondante, que je ne fais cette fois pas pénétrer. Cette "préparation" me suffira et je n'aurais pas les pieds abimés après ces 56km (et malgré la pluie abondante).

Trajet en voiture sans histoire et arrivé sur place... Ha, le temps est TRÈS menaçant, c'était prévu mais l'espoir fait vivre... Ha, en plus cela souffle pas mal, c'était moins prévu çà... On verra bien.

La récupération du dossard se fait sans problème, l'organisation est huilée. Reste à faire les derniers choix de matos, compte tenu du temps et surtout du vent, je pars en portant ma veste coupe vent. Je laisse les gants dans le sac avec ma réserve de barres et mon portable, tout çà dans des sacs de congélation Albal avec zip (j'avais lu ce truc sur un post et je confirme que c'est LE moyen idéal pour tout laisser au sec dans le sac). Je vérifie que le tuyau de mon camelbak ne fait pas de plis et je suis près.

Avec tout çà, il est temps d'aller écouter le court briefing ("attention à la descente qui glisse parfois par temps sec et donc qui risque de glisser beaucoup" ok...) et nous voilà sur la ligne de départ.

La course

9-8-7-6 STOOOP ha une voiture arrive c'est ballot, laissons la passer...
Reprenons, 9-7-6-5-4-3-2-1-0 !! Cloche savoyarde et..
... C'est parti ! Nous sommes lâchés pour 56km ! Et autant dire que je suis impressionné par le rythme de départ des premiers, j'apprendrais ensuite que certains cadors du trail était présent (voir les résultats de la course sur Kikourou, cliquez sur un nom pour voir son "palmarès" des résultats Kikourou).

Avant de décrire ma course, parlons du parcours.  Son kilométrage annoncé est de 56Km, pour 1500m de dénivelée positive et autant en négatif. Il fait une boucle dans le bugey. L'arrivée et le départ est donné de Belley. Vous pouvez voir en détail le parcours ci-dessous.

Il présente trois sections bien disctinctes :
  1. 0 au 16e km : un parcours légèrement vallonné (mon gps indique +320m pour -208m), très roulant, la grande majorité se courant sur des chemins d'exploitations agricoles.
  2. 16e au 33e km : gestion de la "bosse" du parcours (+800m -800m environ) caractérisée par une montée roulante avec des % de pente max peu élevés, un replat, une nouvelle montée, un chemin de crête et une descente très technique, cassante et qui sera rendue très glissante par la pluie.
  3. 33e au 56e km : un terrain vallonné (+404m et -500 environ), moins roulant que la première partie, un ensemble de sentier, chemin d'exploitation, et un peu de route.
Et bien sur, c'est la ... 3e partie qui me fait le plus "soucis". Hé oui, c'est toujours la gestion de la fatigue et mon aptitude à tenir sur une telle distance qui me questionne, plus que les difficultés éventuelles du parcours.

Retour à la course, les cadors sont lancés, pour ma part, j'essaye de me caler à mon allure cible, mais encore une fois je ne serais pas vraiment discipliné en partant un peu trop vite. J'avais compté me baser sur ma FC mais mon cardio m'a affiché des données complètement aberrantes sur 2,5km... pratique. Les 4 premiers kilomètres sont relativement plats et très roulants, et je suis parti à une allure un peu elevée pour 50km...

Petite remarque : mon GPS a été remarquable par son manque de précision, comme vous pourrez le voir ci dessous, le tracé est "coupé", il manque clairement des points de mesures, à plusieurs endroits. Du coup, j'ai seulement une distance totale de 53km alors qu'au vu de ces coupes, j'ai bien les 56km dans les jambes ;)

La première petite bosse arrive au 5e km et je la passe évidement sans problème. Les positions de chacun sont déjà bien établies et à partir de ce 5e km je doublerais deux fois et me ferait doubler deux fois en tout et pour tout !

Cette première partie de 16Km ce passe sans histoire, au détail près des conditions météo... Nous prendrons la pluie quelques minutes après le départ et elles nous accompagnera pendant 2 bonnes heures minimum (voir 3 ^^). Malgré tout, j'ai rangé très rapidement ma veste coupe vent et je ne la ressortirait pas.

Je fini cette section avec une FC moyenne de ... 165 ! Alors que je tablais sur une moyenne de 155 max voir 150.... Franchement indiscipliné sur le coup et cela va durer d'ailleurs...

J'attaque donc la 2e partie du parcours : montée vers le plateau du Bugey. Et là, j'ai du gérer un dilemme, je me rendais bien compte que ma FC était trop haute, et j'avais pensé marcher dans la montée... Le problème était que cette montée était relativement peu pentue (pourcentage moyen 11,6%) et roulante, du coup j'ai continuer à courir, gardant toujours un FC un peu trop élevée (166 FCMoyenne). J'arrive malgré tout au sommet de la bute assez tranquillement, avec l'impression de ne pas avoir trop puisé dans mes réserves.

Nous arrivons donc sur le plateau et là.... le climat nous souhaite la bienvenue ! Vent, pluie... décoiffant ! Il commence d'ailleurs à faire frisquet. Le pire c'est qu'on voit bien la crête qu'on va devoir parcourir sur notre droite, je me dis à ce moment que cela va donner coté froid ; sans parler de la descente copieusement arrosée depuis plus d'une heure...

Faisons une brève pause dans le déroulement de la course pour faire un focus sur l'organisation. Que dire... C'était tout simplement... parfait !! Le balisage était aux petits oignons, je n'ai eu absolument aucun doute nulle part. Les bénévoles tous plus agréables les uns que les autres, des ravitaillements nombreux, une petite médaille et surtout une bouteille de vin du Bugey :-) à l'arrivée. Vraiment, je vous recommande ce trail rien que pour son organisation.

Passé la chaleur humaine du ravitaillement, retour dans le vent, le froid et la pluie. La dernière montée se cours toujours au train sur un chemin d'exploitation roulant et nous arrivons sur la crête. Dommage que le temps soit si bouché, le paysage déjà beau doit être magnifique par temps dégagé ! Ce n'est pas le cas à ce moment... Les premiers de la course ont rencontré de la neige ici. Je n'ai pas eu "cette chance"... La température est selon certains coureurs descendue à 4-5°. Avec le vent, la température ressentie ne devait pas être si loin de 0°... Et je confirme qu'il faisait frais... De plus le sentier devient un peu plus chaotique et glissant : la descente s'annonce intéressante.

Coté sensation, je n'ai pas de soucis, les jambes répondent toujours bien et j'ai fait cette montée sans puiser dans mes réserves, malgré (toujours et encore) une FC trop haute. J'arrive au début de la descente (et 28/29km parcouru) après tout juste 3H de course, j'avoue que je ne fais pas trop attention au temps à ce moment de la course, on verra bien.

Ultime conseil d'un bénévole "attention c'est glissant" et j'attaque cette fameuse descente avec un pourcentage moyen de 19% environ sur 3 Km, sachant que le début de la descente est bien bien raide, très technique, très glissant avec des rochers, de la boue, des pierriers : la totale en somme. Je suis content d'avoir pris l'habitude de courir sur des chemins bien chaotiques mais je mesure encore le travail que je dois fournir pour devenir un vrai descendeur. Le point positif c'est que j'ai réussi à avoir une foulée plutôt sur l'avant, en évitant de trop talonner et ce, sans que mes mollets et mes cuisses crient leur désespoir :-)
La seule petite alerte musculaire a eu lieu à un endroit que je n'imaginais pas : l'adducteur droit, j'ai eu une légère douleur qui m'a accompagnée sur 7/8 km après la descente. Surprenant...

J'en fini donc avec la 2e partie du parcours. Reste donc la 3e et dernière partie, pour moi le juge de paix : il me reste un "gros" semi à courir, comment vais-je réussir à le gérer ? suspens... Je recommence alors à courir les trois kilomètres suivants (34e/35e/36e environ) à une FC moyenne toujours assez trop haute et je commence à me dire que cela ne tiendra probablement pas à ce rythme. Je commence à piocher un peu trop et je ne veux pas finir comme au Marathon d'Annecy ou comme à l'Incontournable...

Je prends alors une décision qui va probablement "sauver" ma fin de course.

Mais il est temps de faire une 2e pause de ce récit de la course pour parler d'alimentation et d'hydratation : l'hydratation avait été mon point noir lors de mon dernier trail et mon alimentation avait été beaucoup trop légère. J'ai donc testé pas mal de chose pendant mes entrainements et j'avais décidé de tester le protocole suivant : 1/2 barre mulebar (ou overtsim chocolat) toutes les 25/30mn avec une prise d'eau très  régulière, une gorgée à la fois. Vu le froid, évidement les contraintes d'hydration étaient moins grandes que ma course en Juillet. Cependant j'ai eu la grande satisfaction de voir que j'avais parfaitement supporté ce protocole : pas d'hypo ni de déshydratation et aucun problème de digestion. A partir de 4/5H de course, je commençais à en avoir un peu marre du gout sucré, mais quelques "Tucs" pris aux ravitos ont suffit à régler le problème. Content.

Retour sur les chemins, 35e km, la pluie s'est enfin arrêtée, le ciel a même l'air de ce dégager. La fatigue augmente et donc vient le temps de prendre une décision : j'ai choisi de passer en endurance avant d'être contraint de le faire et de risquer de vivre la fin comme un long calvaire. J'ai donc réduit mon allure et respectant (enfin !) une FC moyenne de 150/152.

Vu que ma baisse de rythme fut choisie plus que subie, j'ai du coup vraiment apprécié les 10km suivants (grosso modo jusqu'au 49e). La fatigue était bien sur toujours là mais c'est comme si elle était en arrière plan sans qu'elle me domine. J'attendais chaque montée avec une certaine impatience car cela me permettait de ... glander un peu en marchant :-)

Au point 42.2 je me suis fait une petite célébration mentale : kilométrage parcouru battu dans une course ! Et les kilomètres se sont enchainés, certes lentement, mais tranquillement sans souffrir, tout en profitant du paysage sous un ciel presque clément. Je jetais bien de temps à autre un coup d’œil sur le temps total en me demandant si je passerais ou pas sous les 6H.

Ce petit état va perdurer jusqu’au km 49 environ et le "raidillon de la mort". Imaginez : une pente d'environ 70m de D+, droit dans la pente, un sentier de sous-bois, encaissé et... couvert de boue !! Bienvenue dans la patinoire du Bugey. J'ai réussi (tout juste) à ne pas m'étaler dans la boue mais il a fallu mettre les mains, une horreur. Cette montée m'aura bien fatiguée et les dernières centaines de mètres sur plat mais toujours dans la boue auront été assez désagréables et éprouvantes.

J'ai retrouvé avec bonheur un peu de route, dernier bénévole, dernière indication donnée "Plus qu'un kilomètre", dernière descente glissante option boue, dernier virage, premier rayon de soleil (!!) et c'est l'arrivée !

15e/40
6:08:46
9,11 Km/H de moyenne

Soulagé d'en finir, content de ne pas être cassé, heureux de boucler cette première course addm. Pour l'anecdote une phrase entendue m'aura confirmée d'une manière indirecte ma meilleure gestion de la fatigue, je vous la cite "regardez, il vient de courir 56km et il a l'air tout frais". Évidement sans allez jusqu'à là, non je n'étais pas frais !!, c'est rassurant de voir que je ne faisais pas la même tête de déterré que lors de mon dernier marathon par exemple.

PS : désolé de l'absence de photos, vu le temps je n'ai pas utilisé mon iphone et pour l'instant je n'ai trouvé aucune photo. Si vous lisez ces lignes et que vous en avez, n'hésitez pas à me contacter ;)

1 commentaire

Commentaire de lulu posté le 22-09-2011 à 21:19:22

En effet un bien beau trail (que je préfère dans le sens inverse, pour la montée principale !) qui demande plus de succès !!
J'ai lu dans un magazine que le trail des 4 chateaux étaient le 1er trail longue distance dans l'Ain..c'est faux, y a Belley et il est magnifiquement organisé !!
Reprenez le sens initail (par pitié) et longue vie à vous !!

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