Récit de la course : Trail Ubaye Salomon - 23 km 2011, par Olivier73

L'auteur : Olivier73

La course : Trail Ubaye Salomon - 23 km

Date : 7/8/2011

Lieu : Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence)

Affichage : 518 vues

Distance : 23km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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C'est bon pour la peau (à ce qu'il parait) !

Déjà fait en 2009 dans sa version 19km pour le même dénivelé, le trail Ubaye Salomon m'a laissé un souvenir impérissable: inscription et participation sur un coup de tête à une course de montagne pour la première fois, plan de course inexistant, j'avance dans l'inconnu. Les difficultés que je rencontre lors de cette course, la météo très clémente, transcendent la beauté du parcours et la vue de ces montagnes que j'adore. La joie de terminer (même dans un temps et classement très médiocres), perclus de crampes en finit de poser pour moi cette course sur un piédestal. Un trail en montagne pour moi c'est possible !

 

2011, retour à Barcelonnette. Je me renseigne un peu avant: le trail est le 07 août, je suis en vacances le 05 au soir. Ma participation est jouable mais difficile: il faut que je compte sur 2 nuits de sommeil précédentes vraisemblablement médiocres et un trajet de 8h assez éprouvant. Qu'importe, pas de stress, je m'inscrirai sur place.

 

Le jeudi précédent je me connecte sur le site du trail et là c'est le choc: les inscriptions sont closes. Mon coeur s'emballe. Hip Hop, je téléphone au gentil organisateur: ils ont été débordé par le succès de la course: l'arrêté préfectoral prévoit 1000 inscrits et ils les ont. Mais, parce qu'il y a un "mais" heureusement, mais comme de nombreux inscrits commencent à déclarer forfait, le gentil organisateur m'inscrit par téléphone. Je le remercie chaleureusement et je pousse un grand ouf de soulagement.

 

Le samedi, arrivée à Barcelonnette, le temps est très médiocre: gris, et un thermomètre qui indique péniblement les 19°c, j'ose espérer qu'il fera meilleur le lendemain. En attendant je fais la queue pour retirer mon dossard. Bon, j'y passe une bonne heure, les bénévoles ne sont pas très nombreux. Pas grave, c'est les vacances, je suis un peu fourbu des 8h de route et de ma nuit de sommeil précédente, mais c'est pas grave et puis le tshirt offert est joli ce qui change des autres courses.

 

Nuit de samedi au dimanche. Ce n'est pourtant pas la première course que je fais (loin de là) et c'est tout le temps pareil: je dors mal et me réveille tôt. D'autant plus que j'ai entendu la pluie tomber toute la nuit sur les plaques de tôles qui recouvrent la maison dans laquelle nous logeons. Je me suis endormi en me disant en boucle: "pourvu que ça s'arrête, pourvu que ça s'arrête...".

 

Dimanche matin:

 

Réveil 6h30, ouverture des volets, verdict: il ne pleut plus (cool !). Mais il fait très gris (pas cool ! ) et pas chaud 15°c (pas cool du tout). J'ai préparé mes affaires la veille, mais là j'ai un gros doute: je prends la veste de pluie ou pas ? et quel temps fait il là haut ? Tant pis: short, Tshirt, casquette et cette fois ci camelbak avec 1.5l de boisson maison.

 

Arrivée à 8h10 sur la ligne de départ, les gens ont bien répondu présents, malgré les conditions atmosphériques. Le 42km est déjà parti 10 minutes plus tôt, je leur souhaite bon courage, la distance me semble infaisable mais ça me fait rêver quand même, y aurait il un prochain challenge en attente ? Pour le moment je reste concentré et surtout content d'être là. Je connais bien le parcours et je ne pars pas dans l'inconnu. Comme d'hab, je zappe l'échauffement, je sais qu'il y a 5km de faux plat montant où j'aurai largement le temps de me chauffer avant d'attaquer les choses sérieuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8h30, le départ est donné, je pars prudemment donc, dans les derniers. Je mets le diesel et je commence à doubler quelques personnes, je bois aussi régulièrement ça peut servir pour la suite. Les 5km se passent biens, comme prévu, à un petit rythme.

 

 

 

9h00, Uvernet et début du vrai dénivelé. Je le sais maintenant: rien ne sert que je cours sur la montée, je perds énormément de temps et le cardio s'emballe vite. Je marche tout de suite donc et je grimpe à un bon rythme: 5km/h. Je suis content de constater que j'ai progressé dans les montées, d'autant que le cardio ne s'emballe pas, je suis même plutôt en train de récupérer. Je double quelques personnes, mais sur cette monotrace en lacets à travers les mélèzes ce n'est pas toujours évident. Certains n'hésitent pas à bousculer dans les rares moments où la pentes ne dépasse pas les 10%.

 

 

 

 

 

 

 

9h30, il commence à bruiner ou pluvioter alors que nous continuons notre ascension à travers la forêt. Les quelques cailloux et rochers ne sont pas encore trop glissants, la température n'a pas chuté excessivement, ça me rassure quelque peu.

 

 

 

 

 

 

10h00, nous débouchons sur les alpages, là il pleut un peu plus. Nous continuons notre ascension, difficile de se repérer, la brume est assez dense et certains passages semblent irréels et finalement délicats. Il faut parfois faire attention quand même où nous mettons les pieds, surtout que la terre qui constitue la majeure partie du sentier commence à se transformer en boue, ce qui ne manque pas de faire glisser les plus lourds d'entre nous. Certains signalent que nous ne sommes qu'en montée et que la descente risque d'être périlleuse. Aïe.

 

 

 

 

 

 

 

10h30, j'ai atteint le sommet du parcours, il reste un peu de plat (si on peut appeler ça comme ça, vu que le plat n'existe pas vraiment) sans réel problème et surtout la descente. Le ton est d'ailleurs assez vite donné: ça glisse énormément. La problématique est donc la suivante: comment descendre des pentes de plus de  30% rendues glissantes par la boue ? Certains adoptent la technique peu concluante dite sur les fesses, d'autres se crispent et ne manquent pas de finir par terre aussi. J'en adopte une autre, issue de ma technique (pourrie) de ski de piste, je descends à fond, tout droit en sautillant un maximum (ça c'est pas du ski) et après j'essaie de m'arrêter (pas toujours simple). La technique met du temps à porter ses fruits mais elle marche.

 

 

11h00, je double maintenant plein de gens, je dévale plus la pente que je ne la descends. C'est très grisant, trop peut être, je tombe une première fois, je me rattrape sur le poignet. Je décide de faire un peu plus attention mais les jambes commencent à être vraiment dures, c'est très contraignant musculairement.

Je tombe une deuxième fois et cette fois ci pas de la meilleure façon: mon pied dérape et je m'affale sur les fesses, je finis de dévaler la pente dans cette position inconfortable jusqu'à ce qu'un arbre m'arrête. A moitié groggy par le choc (je me suis pris l'arbre en pleine tête), je me relève, secoue la tête (pour remettre les idées en place) et repars. Je double encore des coureurs qui me disent qu'il vaut mieux arriver entier. Certes mais ils ont finalement l'air de tomber plus que moi. L'ouvreur du 42km me passe devant, la vache il court vite aussi celui-là, mais il se vautre aussi finalement.

Je tombe une troisième fois. Pas de mal cette fois ci mais je reste 3s par terre étendu dans la boue à me demander si je vais me relever. J'ai mal partout, j'ai des crampes qui arrivent. Une bénévole me lance " courage: plus que de 2km de boue". Mon cerveau bien embrumé comprend "plus que 2km debout", ah bon ? je fais finir le reste comment ?? En rampant ???

 

11h15. Je déboule sur le bitume de Barcelonnette, il reste un kilomètre de plat. Personne devant à rattraper, personne derrière. Je ralentis donc et tellement que j'en suis à me demander si ce dernier kilomètre va finir. Ma femme m'envoie mon fils à ma rencontre, je le porte jusqu'à la ligne. Je le dépose. C'est à ce moment que toutes les sensations sont exacerbées et tourbillonnent dans la tête. La joie, l'allégresse, la tristesse, un trop plein d'endorphines qui rendent le moment tour à tour mystique, euphorique, irréel.

 

 

 

11h30. 2h57 après le départ j'en finis avec ce trail. Je n'en peux plus, mon corps est vidé, fourbu. J'ai un gros hématome dans le dos, sur les fesses et une bosse sur la pommette. Quelqu'un à une profonde entaille dans l'avant bras et commence à bien trembler, les bénévoles parlent de l'envoyer à l'hôpital. J'ai l'impression d'être sur un champ de bataille. Je suis couvert de boue de la tête au pied et je me rends compte que c'est maintenant la course la plus difficile que j'ai jamais faite. Et pourtant.... j'aurais bien fait le 42km finalement....

2 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 22-08-2011 à 09:14:05

Merci Olivier pour ton récit !
Et bravo pour ton temps de 2h57 avec de telles conditions !
Moi aussi ça me trotte de faire le long... Même si le 23 est déjà assez dur comme ça.
Grace à toi j'ai ma photo souvenir, la 014 ! C'est d'autant plus appréciable que la photographe m'avait loupé !

Commentaire de chirov posté le 22-08-2011 à 12:19:42

Super CR, bravo pour ton temps !
Je crois que ce soit sur le 23km ou le 42km, on en a tous bavé autant avec cette météo :-)

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