Récit de la course : Gran Trail Valdigne - 100 km 2011, par paspeur

L'auteur : paspeur

La course : Gran Trail Valdigne - 100 km

Date : 9/7/2011

Lieu : Morgex (AO) (Italie)

Affichage : 529 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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grand trail Valdigne 100 Km

Grand Trail VALDIGNE


C'est en Italie à MORGEX à quelques Kms de COURMAYEUR.


4 épreuves sont proposées:

20 Km 1230 D+ marche (non chronométrés)

20 Km 1230 D+ trail

les 20 km empruntent le même parcours

55 Km 3670 D+

100Km 5300 D+


L'organisation, c'est le summum, c'est la fête, pas la fête du village, non c'est la fête des coureurs. Une animation à l'italienne.

Jusqu'au dernier concurrent qui passe l'arrivée comme le premier en coupant le ruban , après avoir été porté en triomphe par les serres files les derniers mètres. Tout çà sur la place du village pleine de spectateurs, Les mammas sont là en habit du dimanche et applaudissent les podiums.



Début Mars je suis au rayon infirmerie, une sciatique me chatouille le bas du dos. La course à pied est momentanément suspendue. Cette sympathique sciatique va se transformer en cruralgie, et là, c'est allongé sur le canapé que je prépare mon 100 bornes de Valdigne.

Début mai je reprend prudemment la course et le vélo, mais les consignes sont strictes, « ne pas forcer ».

Le 05 Juin je suis inscrit sur la trans'ju trail 36 Km. Je termine mais dans la douleur, rien a voir avec l'épisode précédent, mais la faute à des chaussures inadaptées.

Tout va bien, peut de préparation et changement de chaussures.

Il me reste 3 semaines pour me préparer, je prends des risques.

Semaine 1: 80 Km

Semaine 2: 90 Km

Semaine 3: 110 Km

Physiquement je ne peut plus m'améliorer, donc repos jusqu'au 09 Juillet.

Je suis fatigué, se passera ce qui se passera?????

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08 Juillet, nous sommes Catherine et moi à Morgex. Le décor est planté, jolies montagnes tout autour,petit village traditionnel avec ces toits de lauzes.

Retrait des dossards, Catherine s'inscrit sur le 20 Km marche. Nos deux parcours ont un passage commun, si tout va bien, nous allons peut-être nous croiser.

Le soir c'est la pasta partie, je propose de ne pas nous installer en bout de table, mais en plein milieu de la salle: Imprégnation!!!

Je ne connais pas le niveau de décibel, mais c'est énorme, 300 Italiens qui parlent en même temps sous un chapiteau!?! et maintenant c'est le briefing. Nous découvrons que nos voisins de table parlent français, et nous avons la traduction en direct.



09 juillet, là çà ne rigole plus, c'est le Jour. Première tête que l'on croise, notre interprète de la veille: « bonjour » « ciao ».

08 heures, le départ, le tour du village au milieu de la foule, et des spectateurs jusqu'aux dernières maisons. Plat/descendant les premiers Km et la première montée: 1600 D+


1er contrôle Km 9 CHARNAZ position 190 temps de course:1 h20

Cette première montée n'est pas difficile, mais il fait chaud et humide jusqu'à la sortie de la forêt. Col de Beard Alt.2176, enfin de l'air, nous montons sur une arête jusqu'à la pointe FETITA Km 16 Alt. 2623.

1ère descente, dans ce domaine je suis un peut perdu, cette année je n'ai jamais trouver de bonnes sensations; on va voir. Le début est très facile donc pas de souci jusqu'à ce que ma petite voix me dise:

« J'ai mal aux pieds »

« Toi la ferme, tes chaussures sont des pantoufles avec une très bonne accroche. Tu ne peux pas avoir mal. Je ne veux pas t'entendre dire quoi que ce soit de négatif, »

Les choses sont dites.

J'ai la possibilité de regarder autour de moi, et c'est magnifique, c'est de la haute montagne comme sur les cartes postales. A gauche en bas 600m D-, on voie des maisons, c'est PLANAVAL le prochain contrôle, d'un coup, c'est la bascule 300 D- tout en lacets, je ne pause pas de question, je lâche les freins, je double, oh que c'est bon!!!


2ème contrôle Km 27 PLANAVAL position 138 temps de course:4 h 20

Nous sommes redescendu dans la forêt et toujours cette chaleur humide pour commencer cette montée au col LICONY 1000m D+. Avant d'arrivée au contrôle, je croise Catherine qui vient de faire ces 1200m D+ « salut à plus ».


3ème contrôle Km 32 LICONY Baite position 128 temps de course:5 h 14

Les choses sérieuses commencent. Un coureur m'explique le chemin: « au début tu vois çà monte droit et après il y a des virages ». En 4 Km nous devons monter 650 m. Cette montée fera du mal à beaucoup de coureurs.

ma petite voix :

« Alerte, j'ai mal au ventre »

« Ail!!! tu as mangé, tu as bu??? Pas de panique,...j'ai trouvé!! Tu respire mal, travail ta respiration, continu, ne t'affole pas »

Je me suis fait peur sur ce coup.

Arrivée au lac, c'est magnifique, ce lac bleu au milieu de ces prairies, ce n'est plus une carte postale, c'est de la peinture. En montant au col, pas loin de nous deux marmottes jouent tranquillement sans ce soucier de nous et juste au dessus sur la crête, un bouquetin se pavane en nous faisant un signe amical de la tête.


Col LICONY Km 36 Alt 2670 m

C'est la descente sur COURMAYEUR, 1450 m D-

Au départ je ne peut m’empêcher de penser à ce nouveau futur grand traileur qu'est notre Badgone national. Lui qui n'as pas pu passer là ou je l'avait emmené, pris par le vertige, mon brave Christian, là c'est autre chose; je vois ou je vais faire mes trois premiers pas, mais çà penche tellement que je ne vois pas la suite sauf le fond.

A part çà, une descente superbe. Je me fait rejoindre par un vrai descendeur, je l'entend arrivé: «  E LA BOMBA, LA BOMBA!!! ». il me double comme une bombe, j'ai le temps de le reconnaître, c'est notre voisin au camping. Je suis impressionné par l'agilité de la bomba.

Arrivée à la forêt, je rejoins deux gas, si j'ai tout compris, ils sont les serres files du 55 Km. En bas je voie des maison je lui demande si c'est COURMAYEUR ? « Oui COURMAYEUR, si tu vas vite 1 Heure. » La l'organisation a tout prévu, le chemin ressemble à mes chemins d'entrainement, même pente, des racines quelques pierres, enfin tout pareil. Je suis en confiance, je me fait plaisir. Le problème, j'ai l'habitude de descendre 20 ou 30 minutes, alors au bout d'une heure, les cuisses sont dures et douloureuses.

Traverser COURMAYEUR?

La rue piétonne, J'arrive au sommet de la rue bien remplie, il faut se faire un chemin???? à ma gauche, un gas avec un tambourin et un autre avec une trompette, j'ai compris c'est le signal: Je suis Moïse, la foule s'écarte dans un tonnerre d'applaudissements, c'est impressionnant, je descend la rue droit comme un I.

Plus loin arrive la grande route. Un carabinieri se plante devant moi et : « bla bla bli bla bli  bla bla bli bla bli» et çà dure, il me regarde la bouche ouverte et je lui dit: «  en français ? » il lève les épaules et me dit: «  à droite ».


4ème contrôle Km 45 COURMAYEUR position 104 temps de course:7 h36

Je regarde ma montre et là : surprise? J'avais prévu comme temps moyen 9 H, et je suis là en 7 H 30.

Je m'accorde un pause. De toute façon j'en ai besoin, le col LICONY à fait du mal.

J'appel Catherine, et j'envoie un message à Jacques en lui précisant que je pense être parti trop vite.


Direction col ARP 1375 D+

Début de la montée encore dans la forêt, mais là il fait encore plus lourd. Un gas T Shirt jaune me double, on essaie de discuter un peut mais il est plus rapide que moi, alors Ciao. Cette montée ne doit pas être difficile, mais il fait chaud. T Shirt jaune est devant moi je garde la distance. Je décide de monter avec le cerveau déconnecté, le seul truc que je ferai c'est de ne pas lâcher T Shirt jaune. A la sortie de la forêt, je fait le bilan, T Shirt jaune est toujours là, il a même rejoins 3 T Shirts rouges. Ils ne sont pas loin, petit à petit je les rejoins.

Devant nous on voie une rupture de pente, peut-être derrière un peut de plat?

Du plat? Pas tout à fait mais plus agréable. Nous entrons dans un vallon et malheureusement, au fond du vallon on voie le col. Au sommet d'un mur. Pour aller au pied du mur, le chemin est le long d'un torrent très rafraichissant. Il faut monter au col; je baisse la visière de la casquette et voilà le groupe de 4 explose vite, devant T Shirt jaune et un T Shirt rouge moi et puis les 2 autres. Plus haut assit sur le bord du chemin, mon interprète de la veille, on ne se dit rien, un regard sa suffit on s'est comprit. Un peut plus haut pareil assit sur le bord , La Bomba.


5ème contrôle Km 55 col ARP position 93 temps de course:10 h25

Depuis quelques temps je n'ai plus à boire, au col on propose du thé, quelle bonne idée, çà fait du bien. Me voilà dans la descente jusqu'à LA THUILE 1124 D-. 3 gas devant moi, je les suis. Et bien sur, si je ne suis pas devant rien ne va. On n'est plus sur le bon chemin. Les autres sont tout en bas à côté du torrent. Nous voilà à travers champ droit dans le pentu. Je suis en colère, énervé. Je retrouve le chemin et là ceux qui peuvent suivre suivez les autres faites comme vous pouvez. Ravitaillement à YOULAZ, qui est là? Monsieur l'interprète et La Bomba. Ce petit tour à travers champs à été bénéfique!!!. Je remplis mes réserves d'eau et je repart. La Bomba me double, comme tout à l'heure, impossible de suivre.


6ème contrôle Km 65 LA THUILE position 94 temps de course:11 h48

Dans la descente je me posais la question: Est-ce-que je suis capable de faire encore 35 Km avec 1300m D+ ?

Le doute est toujours là.

L'accueil au ravitaillement: « installez-vous, vous voulez de la soupe? avec du fromage? Vous avez besoin de quelque chose? »

Je m’installe, j'ai besoin de réfléchir. Je mange, je me calme et j’attends. Quoi? Je ne sais pas. Le téléphone! Un message: c'est Jacques. Vite je réponds: « il reste 35 Km, 1300m D+, je suis fatigué, et il pleut. »

J'ai besoin d'aide. Je joue à la roulette russe; j'appel Catherine, je lui dit que je ne suis pas bien et elle vient me chercher. Le téléphone sonne,sonne, sonne et répondeur: « je suis à la thuile j'en ai pour 6 ou 7 heures. »

Réponse de Jacques, toujours les mots justes au bon moment: « c'est une fatigue passagère allez go go go go!!! »

La décision est prise, vite il faut se sauver d'ici. La veste de pluie, la frontale en prévision, je n'aurai pas a chercher dans mon sac, vite quitter LA THUILE.

Sortie du village, le téléphone, non je ne répond pas, message. En général je n'écoute pas les messages entre les ravitaillements. Mais là je prend. C'est Catherine: « il n'y a pas de soucis gère ta course tu vas finir. Tu as le bonjour de Jérome, on se fait un resto avec Rapace, Rapacette et Tounik. »


Montée au refuge DEFFEYES 1100 D+

Le début je monte pas trop mal. L'orage gronde, il est côté nord encore assez loin, on s'attend à du gros!!! il pleut de plus en plus fort, et l'orage approche. Le chemin en pierre devient glissant. Je rejoins 4 gas, mais deux d'entre eux donnent des accélérations, je n'ai pas envie d'être seul mais c'est dure à tenir. En trail, il y a une justice, les deux accélérateurs explosent. Petit à petit le groupe complet va exploser. Un je ne sais plus si il est devant ou derrière et l'autre ( casquette jaune) alterne devant derrière suivant les arrêts de chacun. Cette montée est difficile, en escaliers sur des grosses pierres, et l'orage qui est toujours là. Je n'avance pas vite, mais les autres ne vont pas plus vite, alors c'est pas mal. L'orage s'écarte et part plein sud, je sort de la forêt, je voie des frontales devant, enfin en haut, mais le morale reviens. Je dépasse des échoués sur le bord du chemin, j'ai lâché casquette jaune et tout doucement je rejoins d'autres frontales. Arrivée au refuge DEFFEYES Km 74, des connaissances: T Shirt jaune et T Shirt rouge, ils sont assis, ils sont défait. Je prend un thé et go c'est reparti de la descente jusqu'au bout. Youpi je sens le bon coup. Cette partie de descente est très technique, de nuit, un peut de fatigue, je serre les dents, j'avance. Je rejoins une frontale, il est à côté du chemin complètement perdu. Je lui montre le chemin, et suit moi. Je rejoins une autre frontale, un français on discute çà fait du bien, il ne reste pas longtemps. Le chemin est de plus en plus praticable et je lâche un peut, attention, avec la fatigue les réflex sont moins bon donc pas mal de retenu tout de même. Tout va bien jusqu'à une balise clignotante qui signal un danger. Deux signaleurs sont là, ils me disent dans ½ heure le col. Quel col? C'est quoi cette histoire? …....... Une grosse erreur dans ma préparation, j'ai complètement zapper le dernier col. 400 D+ c'est rien quand je serai là se sera bon. Au sommet tout là haut une grosse lumière et dans la montée des frontales. Je reprend la vitesse croisière et j’attends le sommet. col CROCE km 81 une chaise, je me pause un petit instant. Là j'ai la confirmation: que de la descente. Ce col à fait du mal physiquement et moralement. Direction ARPY 7 Kms seul mais tout va bien je me surprend à chanter.


7ème contrôle Km 88 ARPY position 90 temps de course:18 h15

Je rentre dans la salle,je veux m’assoir, impossible mes cuisses ne veulent pas. Téléphone: message de Jacques: «  T arrivé » « reste 8 Km de descente ». je dit 8 Km au lieu de 12 Km, il n'y a pas que les cuisses qui ne vont plus. Je ne traine pas je vol à l'arrivée. Je double tout ce qui se présente.

La dernière descente comme il fallait s'y attendre va être pentue et en lacet. Je cours entre les lacets et à chaque virage, c'est des coups de couteaux dans les cuisses pour freiner.

MORGEX fin.

Il faut traverser le chapiteau de la pasta, il y a des spectateurs, on vous offre la bière. Juste après Catherine est là elle m'accompagne jusqu'à l'arrivée. Je réalise que la vitesse est en rapport avec l'énergie que l'on peut donné ….................

ma petite voix :

« Eh il est trois heure du matin çà va »


Pour finir, je demande à Catherine d'aller moins vite, je ne peut pas la suivre, et pourtant je suis à fond.


8ème contrôle Km 100 MORGEX position 79 temps de course:19 h20

Dernière épreuve: un verre de coca et une bière.


Merci à tous qui m'avez conseillé, qui m'avez aidé, qui m'avez accompagné sur des entrainements, grâce à vous je suis heureux, je suis très heureux, je suis plus qu'heureux, je ne sais pas ce que je suis mais c'est bon

6 commentaires

Commentaire de coach Jack posté le 12-07-2011 à 21:40:05

Respect et félicitation à toi, magnifique CR !
Heureusement que tu n'étais pas très préparé, comme quoi la fraicheur ?
Je suis un peu dans le même cas que toi, 3 mois d'arrêt suite à de sérieux problèmes de dos et reprise il y a 2 mois à peine avec la TDS fin aout. J'espère faire aussi bien que toi en Italie !
Merci Denis pour ton récit très vivant.
Jacques B (UTB 2010, tu te souviens ?)

Commentaire de millénium posté le 12-07-2011 à 21:57:49

Tout simplement genial. Merci et BRAVO !!!

Commentaire de Jerome_I posté le 12-07-2011 à 23:55:14

Bravo Paspeur. Désolé de ne pas t'avoir rencontré ce weekend mais super content de voir que tu as terminé ce trail et tout en progression. Le col croce de nuit avec l'orage c'est pas facile. Je l'avais monté dans l'autre sens en 2008 de jour sous l'orage et je serre encore les fesses! Tu as bien sur le bonjour de Jérome. Malheureusement une grosse fatigue et un mal de tète m'a obligé à rentrer à la mnaison à 21h! A un prochaine et bon repos!

Jérome

Commentaire de gilou01 posté le 13-07-2011 à 11:02:19

bravo et encore bravo t es pret pour le grd 73 l année prochaine

Commentaire de Goldenick posté le 14-07-2011 à 14:55:59

Bravo Paspeur pour ta course. J'étais hélas déjà reparti de Morgex à ton arrivée (c'est normal, je n'avais fait que le 55kms ;o))
A la prochaine fois! Et bises à Catherine

Commentaire de martinev posté le 15-07-2011 à 18:53:11

Bravo bravo et encore bravo pour cette magnifique performance realisee apres ton arret force. J'ai beaucoup ri en lisant ton recit tres vivant. Finalement tu a double le maillot jaune. Tu n'a rien lache et tu a realise ton objectif. Gros bisous a tous les 2

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