Récit de la course : Trail Verbier St-Bernard 2011, par trailer VSB

L'auteur : trailer VSB

La course : Trail Verbier St-Bernard

Date : 2/7/2011

Lieu : Verbier (Suisse)

Affichage : 729 vues

Distance : 110km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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la course vue par le directeur de course.

Salut à tous
Un petit compte rendu du directeur de course sur le Trail Verbier St Bernard vu de l'intérieur de l'organisation. Bonne lecture.

Pour une édition réussi ce fut une édition réussie! Certes mais... Cela ne s'est pas fait sans quelques poussées d'adrénaline et moments de stress. Chaque année, le premier weekend de juillet et pour moi un des plus intenses de l'année. Des nuits qui deviennent de plus en plus courtes au fur et à mesure que l'événement approche pour se réduire à 3h de sommeil la veille, et une nuit blanche durant la course. Autant dire qu'une fois les derniers concurrents arrivés, il ne faut plus me demander grand chose!
Mais revenons un peu en arrière. Que peut bien faire un directeur de course durant 31 heures? D'abord il est là à 5h du matin, pour le départ. S'assurer que le chantier traversé par la course dans le premier km est ouvert, que la police est là pour gérer la sécurité du départ et veiller à ce que les coureurs se sentent bien. Eux, ils sont là. Bien qu'un peu tendus, ils semblent content et se réjouissent sans doute que nous les libérions du sas de départ. Bien entendu ils n'écoutent rien de mes conseils d'avant course, mais je m'y attendais un peu.
Jusqu'là tout va bien. Première alerte sur le coup des 8h30, alors que je peaufine le balisage de la descente sur Lourtier. On m'annonce que quelques coureurs ont du mal à trouver le chemin vers Sembrancher. Du moment que je me rende là-bas, la responsable du poste a déjà réagit et tout est rentré dans l'ordre. Du coup je suis un peu juste pour aller donner le départ de la Fouly. Il faut pourtant que je leur fasse mon traditionnel discours sécurité. Remarque vu que personne n'écoute... mais bon pour la forme au moins! J'y arriverai juste à la minute, précision toute helvétique.
Je peux rester un moment à la Fouly, attendre la tête de course du grand parcours, m'imprégner un peu de l'ambiance. Moins stressé par la météo que l'an passé, j'ai pu beaucoup observer les coureurs mais aussi les bénévoles et le public. La différence avec une année orageuse comme en 2010 et une année où le beau est au fixe est impressionnante. Les gens sont plus calmes et plus décontractés. Tout s'en ressent. Mais je pense que le principal acteur de ce changement est surtout le coureur. En tant que coureur on ne se rend pas toujours compte d'à quel point nous pouvons devenir tendus et nerveux quand les conditions deviennent difficiles. Or cette nervosité va se répercuter sur toute la course.
Mais cette année, alors que le soleil brille, je vois surtout des sourires et des yeux qui brillent dans les ravitaillements. Certaines connaissances me remercient au passage pour le parcours. Il faut dire qu'ils en ont pour leur argent. Vues sur le massif du Mt Blanc et sur les Combin enneigés, c'est vraiment ce que nous voulions offrir à nos hôtes.
Je continue mon tour des différents sites, profite de suivre la tête de course, et contrôle au passage les sacs de tous les favoris. Bien que leur chargement semble tout petit, l'élite regorge d'idées pour y caser l'ensemble du matériel obligatoire, comme par exemple la mise sous vide des vêtements de rechange. J'ai contrôlé 15 personnes en détails parmi les premiers. Certains flirtent avec les limites du règlement, mais tous étaient en ordre. Pour d'autres, un simple coup d'œil au sac permet de se rendre compte qu'ils ont tout ce qu'il faut, et même plus.
La nuit tombe, les premiers ont atteint Verbier depuis déjà quelques heures alors que d'autres allument leurs frontales en entamant la montée sur Mille. Les postes se ferment sans incidents et les balais m'envoient leurs rapport les uns après les autres. Au PC course on a quelques coureurs signalés disparus, l'un parce qu'il a abandonné sans prévenir, l'autre parce qu'il dort un moment à la cabane de Mille. Ce dernier réapparaitra plus tard, finissant la course avec les coureurs balais, mais il finira.
C'est dans ces heures que le Trail prend toute sa dimension. Les coureurs se trouvent souvent seuls avec eux-mêmes, dans la longue montée nocturne de La Chaux. Je les surveille depuis le PC course, prend contact avec eux lorsqu'ils semblent en difficulté, les recherche quand ils ont trop de retard sur un poste. Bien qu'assis sur une chaise, j'ai parfois l'impression d'être dans la course. La nuit est longue et froide, surtout pour les bénévoles qui resteront dehors toute la nuit. En arrivant à La Chaux, le dernier concurrent aurait dit: "Ben les suisses vous êtes bons. Je suis dernier, vous êtes tous là et il y a tout ce que je veux!" En entendant cela, on peut se dire qu'on a réussi notre coup.
Le jour se lève et la place de Verbier se réveille et recommence à s'agiter. Il faut penser à organiser le trail pour les enfants, et la remise des prix. Cette année nous avons une bonne participation de jeunes traillers en herbes et c'est un des grands moments de les voire monter sur les marches des podiums avant les grands, et surtout comme les grands. Il y a les touts petits qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là-dessus, et les un peu plus grands, qui sautent sur le podium, tellement fiers d'être un champion.
Les deux derniers concurrents passent la ligne à 12h37. Ils sont après la barrière, mais je n'ai pas le coeur de les déclasser après tout ce qu'ils ont fait. Et pourquoi? Ils sont finishers comme les autres et peut-être même plus méritants que les premiers.
La course est finie, je redescend chez moi m'écrouler dans le lit et me réveiller content en ayant l'impression d'avoir été bien récompensé après une année de préparation. J'ai souvent utilisé la première personne dans ce compte rendu, mais il y en a 6 autres qui en ont fait en tout cas tout autant que moi durant ces folles journées, chacune dans leur domaine respectif. Le Trail est avant tout une histoire d'équipe, un comité hyper motivé qui dépense une énergie incroyable pour que tout se passe au mieux. Comment dire aussi merci à tous ces bénévoles qui se sont investis plus que nous l'aurions espéré. J'aimerais que cette course devienne l'événement régional auquel tous ces gens pourraient s'identifier en se disant qu'ils collaborent chaque année à son bon déroulement. On est sur cette voie et les coureurs vont nous y aider.
Merci à eux.

2 commentaires

Commentaire de millénium posté le 10-07-2011 à 13:38:35

Récit très interessant car la course est vécue d'une façon différente. MERCI et bravo

Commentaire de BENIBENI posté le 11-07-2011 à 14:33:12

Récit trés interessant ! Merci pour cet état d'esprit que l'on aimerait bien retrouvé sur d'autre epreuve...
Il est rare d'avoir l'état d'esprit d'un directeur de course et là on est servi.
A bientôt !

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