Récit de la course : La Montagn'Hard - 100 km 2011, par grfl

L'auteur : grfl

La course : La Montagn'Hard - 100 km

Date : 2/7/2011

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 750 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Le récit

Avant course

La préparation pour cette épreuve a été beaucoup plus sérieuse que pour le GR73.

C’est donc prêt physiquement et mentalement que la team RECARO aborde la course.

Nous partons vendredi après midi de Lyon pour Argentière, lieu habituel de rassemblement.

Soirée agréable rythmée par les préparatifs de la course et le spectacle donné par un invité de marque, Bicshow , figure emblématique du Trail.

 

Nous sommes au lit à 23h pour un réveil programmé à 3h. La nuit est courte.

Direction St Nicolas de Véroce, pour un départ de la course à 5h.

Nous sommes sur place ½ h avant le départ, le temps de s’alimenter un peu et finaliser nos sacs et tenues.

L’ambiance est détendue malgré le froid et le stress habituel d’avant course.

 

Objectif : finir la course en 30h en prenant du plaisir

Notre fidèle et efficace équipe d’assistance nous suivra sur le parcours : Karine, Vanessa, Loris, Lenny, Gaspard et Flore

 

St Nicolas – Les Toilles - 12,5 km  (7h06)

Après un court briefing, le départ est donné.

Je pars avec Christophe prudemment, tandis que Bart est déjà devant.

Nous traversons des petits hameaux sur un terrain vallonné.

Il fait frais, les jambes sont là et le ravitaillement arrive rapidement au bout de 2h..

Sans s’en rendre compte, nous avons déjà grimpé 1 200 m de dénivelé…plus que 7 000 !

Les Toilles – Bionnassay – 10,5 km  (9h20)

Direction le Prarion, au sommet des Houches, avec vue imprenable sur le Mont Blanc.

La montée, régulière au début, devient plus escarpée sur la fin.

Je monte à un rythme tranquille, tout en veillant à ne pas me mettre en sur régime ; la route est encore longue.

Je retrouve Christophe au sommet et profitons de ce moment. Tous les voyants sont au vert.

La descente sur Bionnassay est roulante et agréable. Nous arrivons frais, dispos et un peu euphoriques au ravitaillement à 9h20, soit 1h20 d’avance sur notre tableau de marche.

Je profite de la pause pour avaler une soupe de vermicelles et refaire le plein d’eau.

Un petit coup de fil à Marion me donne encore plus de forces et de motivation.

 

Bionnassay – Chalets de Miage – 7,5 km (11h27)

C’est reparti pour la montée du Col Tricot avec le glacier de Bionnassay qui nous surplombe.

Le paysage est grandiose et les températures sont idéales Après avoir franchi la fameuse passerelle et emprunté un long faux plat herbeux, nous arrivons au col.

Je précède Christophe de quelques mètres et plonge sur Miage, 600 m plus bas.

La descente est raide et rapide. J’essaie de m’économiser le plus possible les cuisses.

A Miage, cérémonial habituel : remise à niveau de l’eau, soupe et coca.

Il est 11h27, toujours en avance sur mon planning.

Ce qui est pris n’est plus à prendre et décide de continuer sans trop m’éterniser au ravitaillement. Tant que la forme est là il faut avancer.

 

Chalets de Miage – Les Contamines- Montjoie – 18 km (15h48)

Christophe et moi repartons ensemble pour attaquer une longue portion qui nous mènera aux Contamines. Nous savons que nous attend là bas notre équipe d’assistance mais avant c’est près de 5h d’effort sans ravitaillement.

Une brève montée nous amène au chalet du Truc avant la descente sur le parking de la Frasse.

Un coup de fil de Vanessa nous prévient qu’ils seront au parking pour nous voir passer.

Ils nous attendent avec pancartes et encouragements, ça gonfle le moral.

Après une courte pause, nous repartons en direction de la combe d’Armancette.

Il fait chaud et la fatigue commence à se faire sentir. Je monte à un rythme régulier et arrive à la combe sans avoir trop puisé dans mes réserves. J’ai apprécié cette partie sauvage et perdue.
Christophe a un peu plus de mal et je décide de ne pas l’attendre.

J’arrive au refuge de Tré la Tête en bonne condition et attaque la descente technique sur les Contamines. Je ne prends aucun risque et assure le plus possible mes pas.

Une longue portion en surplomb nous permet d’arriver aux Contamines.

C’est un peu long mais j’ai de bonnes jambes et arrive à bien relancer sur le plat.

Ma cousine Hélène et son compagnon Franck en week-end dans la région sont venus à ma rencontre.

Je suis à la mi-course, en avance de 2h30 sur mon tableau de marche, et j’ai encore de la réserve. Suis plutôt optimiste pour la suite même si tout peut changer rapidement.

J’ai cependant un peu de mal à m’alimenter.

Je décide de stopper 50 minutes. Je m’allonge dans l’herbe en profitant d’un massage réparateur de Vanessa.

Karine m’amène un plat de pâtes, Lenny se charge de remplir ma poche à eau. Tout le monde est au petit soin, ça fait du bien.

Bart quitte le ravitaillement au moment où j’arrive, il a l’air en forme lui aussi, tant mieux.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, il faut repartir et attaquer la montée du Mont Joly, environ 1 400 m de montée sans interruption

Christophe arrive au moment où je pars. Le ravitaillement va lui faire du bien

 

Les Contamines – L’Etape – 13,5 km (20h52)

La première partie de l’ascension se passe bien, c’est raide mais j’avance. Je commence à avoir de plus en plus de mal à manger et me force à avaler gels et barres.

Un peu avant la moitié de la montée, j’ai un gros coup de moins bien : plus de forces, envie de vomir, envie de pleurer et de tout arrêter.

J’appelle Marion et le fait de l’entendre me redonne des forces.

Je me concentre sur mes pas et avance sans me poser de questions.

La dernière partie est un mur que je monte avec un petit groupe. C’est dur, ça fait mal aux jambes mais on avance.

Un troupeau de chèvres nous accompagne, c’est ludique et permet d’oublier la difficulté.

J’arrive au sommet et m’assois 5 mn pour admirer le paysage et récupérer un peu.

La longue descente sur l’Etape est roulante, je cours tout le long, les sensations sont encore bonnes au niveau musculaire. Mais toujours autant de mal à m’alimenter. J’espère ne pas trop le payer par la suite

Au ravitaillement, je compte m’arrêter 20 mn mais un coup de fil de Vanessa me fait changer de programme. Elle nous attend à N.D. de la Gorge.

Je décide donc de raccourcir la pause à l’Etape. J’engloutis un plat de pâtes, ça passe un peu mieux, et repars en courant.

Je suis toujours en avance de près de 2h30.

 

L’Etape – La Balme - 9,5 km (00h13)

J’arrive rapidement à Notre Dame de la Gorge, retrouve Vanessa et m'habille plus chaudement

La nuit est tombée, il est 22h , il commence à faire froid et humide.

Je me sens bien et monte d’un bon pas sur un sentier raide qui me mène au Nant Borrand.

Je suis seul, pas une seule frontale devant ou derrière. Inconsciemment, j’avance plus vite.

Je connais le chemin pour l’avoir emprunté à l’UTMB et sais que la Balme est proche.

Mais le parcours nous fait remonter sur la droite pour arriver au dessus de la Balme.

Je n’avais pas regardé en détail le roadbook et ne m’attendait pas à ce détour.

C’est interminable, je commence à ressentir la fatigue : j’ai sommeil, j’en ai marre.

Je balance mes bâtons par terre de rage et arrive tant bien que mal au ravitaillement.

L’équipe de bénévoles est au petit soin, je m’assois et mange un nouveau plat de pâtes.

J’ai envie de dormir, deux lits de camps me font de l’œil derrière moi.

Mais je lutte et décide de repartir. Au prix d’un énorme effort, je ressors dans le froid accompagné d’un autre coureur.

 

La Balme - Le Signal – 10,5 km (4h02)

Direction les Lacs Jovet. Je dors en marchant, suivi par lautre concurrent qui a l’air aussi assoupi que moi. Il prend le relais à la moitié de la montée.

J’ai du mal à suivre et m’accroche tant bien que mal à ces pas.

Il m’attend 2 ou 3 fois et je le remercie en arrivant au Lac.

Je bois un thé chaud proposé par le poste de secours et repars en direction du col de la Fenêtre. Une petite descente nous amène au pied du col.

 Je vois les frontales au loin des autres concurrents. Comment vais-je faire pour monter tout la haut ? Je n’ai plus de forces, n’arrive plus à manger et envie de dormir c’est terrible

Je suis à nouveau seul, je monte comme un zombie et arrive tant bien que mal au col.

La proximité du ravitaillement me donne un peu de forces et je courre dès que je peux.

Mais une fois de plus, c’est interminable cette portion. Ca monte et redescend sans cesse.

J’arrive au Signal fatigué mais heureux d’être là.

Je retrouve Bart, attablé avec un autre concurrent. Il a dormi un peu et se prépare à repartir.

Je préfère me poser un peu. Je mange un plat de pâtes et décide de m’allonger ¼ h en espérant dormir. Mais impossible de trouver le sommeil malgré la fatigue.

Je me lève, reprend une soupe et enfile mon coupe vent. Je repars pour la dernière partie.

Il est 4h30 du matin. Le jour n’est pas loin et l’arrivée se rapproche.

 Je me sens un peu mieux et sais que je vais finir la course. Pas envie de lâcher maintenant

Toujours en avance sur mon plan de marche.

 

Le Signal – Arrivée – 17 km (8h49)

Montée à l’aiguille Croche, régulière au début et très raide sur la partie finale.

Je me sens bien, limite euphorique. Mais arrivé au sommet, je ressens de nouveau un gros coup de moins bien. Je pensais que le plus dur était fait et qu’il ne restait plus qu’à descendre sur l’arrivée. Mauvais calcul !

Il reste toutes les crêtes à longer, rejoindre le Mont Joly et commencer les 8 km de descente.

Je me traîne lamentablement sur les crêtes, le soleil pointe son nez petit à petit, ça aide. Le corps se réveille. Allez plus qu’une longue descente et c’est fini.

J’ai du mal à courir au début, plus envie de me faire mal.

Je me trompe de chemin et doit remonter pour prendre la bonne direction.

Enfin j’aperçois les premiers chalets de St Nicolas.

Je retrouve des ailes et rejoins la ligne en courrant. Bart et Vanessa m’attendent.

C’est toujours aussi bon de terminer une course.

 

Après course

J’ai mis 27h44 pour boucler le parcours.

 

Je termine fatigué par manque de sommeil mais pas complètement entamé sur le plan physique.

Je garde toute la journée une sensation d’écoeurement.

Je pense avoir pris trop de gel et surtout mangé trop vite aux ravitaillements, alors que j’avais le temps

 

Un seul regret : être arrivé trop tôt par rapport à mon tableau de marche : Marion m’avait fait la surprise de venir et n’a pu être là à temps.

 Un grand merci à ceux qui nous soutiennent et supportent. C’est tellement important

7 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 07-07-2011 à 21:08:28

Oh Oh Respect pour ce finish qui doit faire plus d'un envieux..Bravo pour ce beau parcours.

Commentaire de Mustang posté le 07-07-2011 à 21:08:32

beau mental pour une course hors norme!! féliciations

Commentaire de jepipote posté le 08-07-2011 à 07:25:53

félicitations, faut puiser dans des réserves qu'on soupçonne même pas avoir des fois... c'est ce que tu as fais!!

Commentaire de finfou 25 posté le 09-07-2011 à 14:41:02

je t'envie la souffrance que tu as dut encaisser,moi je me suis laisser tenter par la bifurcation du 57 a cause de douleurs aux genoux que j'aurais put surmonter en serrant un peu les dent! bravo a toi finisher!!!

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 10-07-2011 à 11:13:10

Bravo à toi finisher, et en avance sur les prévisions en plus! :-)
Tu n'as rien lâché, félicitations!

Commentaire de trinouill posté le 14-07-2011 à 22:24:59

bravo pour ta gestion du sommeil................loin d'être facile losqu'e l'on se retrouve seul en pleine nuit.
Bonne récupération et plein de bonnes choses pour la suite :-)

Commentaire de the dude posté le 29-08-2011 à 17:31:20

Bravo à toi pour être allé au bout de ce trail super costaud!
Comme souvent dans notre sport c'est le mental qui reste prépondérant et t'as su en faire preuve au bon moment!

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