Récit de la course : Trail de Faverges - 42 km 2011, par ThomasL

L'auteur : ThomasL

La course : Trail de Faverges - 42 km

Date : 18/6/2011

Lieu : Faverges (Haute-Savoie)

Affichage : 1486 vues

Distance : 42km

Objectif : Pas d'objectif

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Course en ruisseau

"Tu vas voir c'est superbe, il y a une vue magnifique sur le lac d'Annecy", me lance JC il y a quelques mois pour me convaincre que c'est LA course à faire avant la CCC. "Presque la moitié, 42km et 2700D+, exactement ce qu'il nous faut".

Vendredi 17 juin, 15h, notre voiture sort du parking de la gare d'Annecy et il commence à... pleuvoir. A minuit, il ne pleut pas, il seau d'eaute, non, en 2 mots: il trombe. Je ne sais pas si la vue va être magnifique, mais le terrain sera certainement grrrrrrras.
Samedi 18 Juin, 7h15 briefing: ''Hors de question d'essayer de faire un chrono ce matin, ca va être très glissant. Tout le monde doit avoir son matériel obligatoire, veste imperméable, sifflet, couverture de survie, réserve alimentaire et bidons. Checkez vous à l'arrivée: c'est la saison des tiques'' . Je cite l'introduction de la CCC sur ultratrailmb.com: ''Epreuve de montagne, comportant de nombreux passages en altitude (>2500m), dans des conditions climatiques pouvant être très difficiles (nuit, vent, froid, pluie ou neige), nécessitant un très bon entraînement, un matériel adapté et une réelle capacité d’autonomie personnelle.'' Ben en fait JC avait raison c'était la course idéale pour s'entraîner pour la CCC 2010. Bon il ne faisait pas nuit et l'altitude était moindre, mais pour la pluie et le brouillard on a ce qu'il faut. 

C'est marrant de voir près de la ligne de départ, le contraste des gars en débardeurs en mode pré mur du son, avec les autres dont je fais partie, en mode vaut mieux se protéger vu qu'on est parti pour 8h. Un copain débardeur, Cameron m'explique avec son accent Australien: ''Tu sais il va faire froid en haut, alors je garde le veste pour cette moment là''. Sauf qu'à l'arrivée il m'a avoué: ''on courait tout le temps, pas eu le temps de sortir le veste''. Effectivement 12è en 4h35, il n'a peut être pas eu le temps d'avoir froid..

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Donc 7h30 c'est donc le départ, ploutch ploutch ploutch etc etc direction la forêt. La boue bien sûr et les premiers essais de freinage: un bon 10m pour arriver à s'arrêter avant de s'encastrer dans le trailer précédent.  La boue fait assez vite place à l'eau sur les cailloux, et lorsque j'entend mon voisin de derrière grommeler: ah non?! mais ça abuse là!'' j'ai l'impression de remonter une rivière. Au moins on ne cherche plus à garder les pieds secs, ca ne fait pas partie du plan de la journée. Lorsque nous finissons par suivre un monotrace glissant en forêt, l'ambiance détrempée de la végétation verte émeraude, et les franchissements de torrents furibonds deviennent assez galvanisants en fait. J'en viens à fantasmer que je suis sur la Diagonale des Fous. Finalement nous arrivons au sommet de la Sambuy plus vite que je ne le pensais. Les plans d'entraînement de Anne Valero qui me coach àdistance portent leurs fruits. Bien qu'en m'entrainant principalement à Paris, le dénivelé passe bien. Le but n'est pas de me transformer en avion de chasse, mais de terminer mes courses en prenant du plaisir, ce qui est le cas.
La descente sur un chemin de 4x4 n'est pas très intéressante mais se passe sans encombre, et le ravito de la Sambuy est atteint en 3h20 de course, après 1300m de D+ et 20km. 25' avant la barrière horaire que je redoutais un peu. Ma femme Flo nous attend sur le parking. La pauvre qui venait nous soutenir et profiter de la vue, est plutôt en plein test de veste imperméable.

Nous repartons avec JC pour la 2è ascension de la course sans répit pour la pluie. Un bon moment pour écouter de la musique, M83 et Team Ghost restant mes groupes préférés dans la transe de l'endurance. Lorsque nous atteignons un alpage, j'ai d'ailleurs le droit à un mix savoyard, avec les clarines carillonnant à tout va.
 
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Lorsque nous arrivons au sommet sur l'épaule de Chaurionde, le soleil semble vouloir perser les nuages, le paysage se dégageant des volutes de brume. Espoir de courte durée... 5 minutes après en arrivant au sommet ça drache dur à nouveau. ''Je te rejoins, je mange un morceau'' me dit JC. Je bascule dans la descente, mais ne trouve pas le chemin: il n'y a qu'un ruisseau bien actif dans lequel l'eau descend à haut rythme. J'essaie d'avancer en gardant les pieds de chaque côté, erreur cela me déclenche une jolie douleur à mon genou sensible. En fait le ruisseau c'est le chemin. On se retrouve donc à cavaler avec de l'eau jusqu'à la cheville voire mollet sur certains passages. La pente devient moins raide et on se retrouve dans un monotrace en lacet assez ludique alternant pierriers et végétation. JC me dépasse à fond, je reste en tête d'un petit groupe, et on descend tel un train de montagnes russes jusque dans la forêt. Arrivée à la maison forestière 45' avant la barrière horaire, tout va bien. Sauf qu'on nous annonce que l'organisation a décidé de dévier les coureurs  sur le retour du 28km. La descente de la Sarve est devenue trop glissante après le passage des 100 premiers... Nous perdons donc 4 km de course et 300m de D+ sur les 2700 prévus. Mais vues les conditions, c'est plutôt sage... Goretex Cameron étant dans les 20 premiers a pu lui profiter de la Sarve comme en témoigne la photo ci dessous. Le passage du check point avec la palette électronique a un côté ''contrôle de la radioactivité'', pourtant cette course à la différence de la Saintélyon n'est pas sponsorisée par Areva ;)
 
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Après 10' d'étirements et restauration, je repars. Nous longeons un torrent furibard sur un chemin 4x4 sans grand intérêt. Puis la course reprend le chemin de départ dans la forêt. C'est l'occasion de tester le ski en boue: de la profonde bien noire et gluante. Vues les gamelles que se prennent les coureurs autours de moi, je lève le pied. Pour ceux qui ont le malheur de s'étaler près de la clôture électrique, ils ont droit à un coup de jus pour les remotiver.
On comprend bien pourquoi l'organisation a décidé de couper la partie de la Sarve...

Retour en ville pour le jogging dominical final, et arrivée en 6h50 après 38km et 2400m de dénivelé. Le soleil déjà est en train de faire une apparition grrrr...
 
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JC est arrivé 15' avant moi, mais à voir la photo ci dessous il a manifestement décidé de descendre le toboggan de boue sur le dos. Limite au niveau du réglement ça...
 
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Finalement ces conditions ''spéciales'' avaient un côté ludique. Quand je pense que je me faisais gronder quand j'étais môme lorsque je courrais dans les flaques ;) En tout cas super ambiance et bénévoles, et je compte bien revenir en 2012, pour avoir ma dose de km et D+ et surtout cette fameuse vue sur le Lac d'Annecy. En attendant et pour fêter notre aventure, nous avons dégusté une spécialité locale: la glace aux schtroumpfs:
 
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JC avait commencé à filmer la course avec son flip, mais l'humidité ambiante l'a bloqué au bout de 10 minutes de course. En revanche JC a fait un super film en caméra embarqué sur notre Saintélyon 2010, ou les conditions n'étaient pas mal non plus: http://www.vimeo.com/17726220

4 commentaires

Commentaire de philkikou posté le 26-06-2011 à 10:11:00

bien de prendre lesmauvaises conditions météo avec humour.... bonne gestion, bonne préparation.... CCC

Commentaire de gilou01 posté le 26-06-2011 à 14:50:00

bravo pour ta course et super recit dommage on ne c est pas croiser je te confirme la derniere montée est descente etait plus que limite l organisation a bien fait pour eviter le risque de blessure et monter chercher une victime et la redescendre cela aurait ete tres tres compliqué moi j adore la boue et la pluie donc j etais vrai heureux
bonne recup et au plisir de te croiser a cham

Commentaire de lulu posté le 27-06-2011 à 21:32:00

Bravo..moi, j'ai eu la chance de le faire sous la pluie !!!

Commentaire de BigPiou posté le 31-07-2011 à 01:13:08

Moi c'etait mon premier "vrai" trail, et je m'y suis pointé bien fatigué, avec un entrainement correct sans plus pour mon quasi-quintal de rugbyman en pre-retraite...
Jamais vu autant de boue. J'avais des crampes dans la premiere montée, et surtout dans la descente de la piste de ski. A peu pres a la meme heure que toi au ravito (arrivé a 3h20, reparti a 3h30).
Mais hop, un peu de sel, de saucisson, et une ampoule anti-crampes gentiment donnée par un compagnon d'infortune (merci !), deuxieme montée plus simple, et descente roulante malgré la boue (sauf sur le haut...). J'ai fini en 6h40, en ayant trouvé la derniere section de boue (avec option clotures electriques en travers pour reveiller les distraits, je confirme!) interminable.
Surtout, un grand merci en effet aux benevoles, postés au milieu de nulle part sous la pluie pour nous montrer les mains courantes qui assuraient les sections a moitie emportees par le deluge !
Et maintenant, Le Galibier !

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