Récit de la course : Trail des Crêtes Jour 1 2011, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Trail des Crêtes Jour 1

Date : 18/6/2011

Lieu : St Paul De Jarrat (Ariège)

Affichage : 452 vues

Distance : 16km

Objectif : Pas d'objectif

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Savoir prendre de la hauteur

    

     Disons le tout de suite, je pestais que cette course ne se fasse plus par équipes de deux. Le concept, testé l'an dernier, collait tout à fait avec l'ambiance montagne, convivialité et entraide. Ajouté à cela des conditions extrêmes pour cette première et j'avais associé à cette course une belle brochette de souvenirs. Est-ce pour autant que cette année je ne prendrais pas le départ de ce magnifique challenge? Et bien non. Le week-end était bloqué depuis quelques temps déjà avec une préparation typée montagne ce dernier mois.

 

     Au programme de cette première journée, départ de Saint Paul-de-Jarrat (500m) et montée du Mont Fourcat (2000m) avant de basculer 4km plus bas vers la station des Monts d'Olmes. Nous ne sommes qu'une quarantaine à prendre le départ, ce qui plombe un peu le moral des organisateurs mais pour nous le défi est le même alors pas question de gamberger. 

 

     Dix jours auparavant, j'avais reconnu le parcours en compagnie de Michel, le montagnard du club et Benoit qui envoie du bois. J'avais suivi le rythme et j'avais pris confiance pour la course. De plus, on s'était régalé avec un temps idéal, des sommets dégagés, des rhododendrons en fleur...Heureusement d'ailleurs car aujourd'hui, jour de course, c'est bouché!

 

     Allez, go! J'ai deux repères, Michel du club et un gendarme de haute montagne qui fini régulièrement devant moi. Je pars prudemment derrière mes deux poissons pilotes. Dans la première partie de l'ascencion, il y a quelques parties de pistes forestières bien roulantes et pas trop pentues qui me permettent de mettre un bon rythme. C'est ainsi que je dépasse Michel et garde en point de mire le gendarme accompagné d'un Réunnionais.

 

     Je rejoins le premier ravito en bonne forme. J'ai la bonne surprise d'y voir 2 gars du club m'encourager, ce qui me regonfle encore plus. Mon cardio ne dépasse guère les 170, ce qui pour moi est rare en course. J'enchaîne les portions de piste et les raidillons costauds à travers la forêt. Un bénévole me pointe à la septième place. Avant d'attaquer la portion montagne, je grignote encore une place puis je me rapproche régulièrement du Réunionais.

 

     Ca y est, nous nous approchons du Fourcat. Un peu de vent, un peu de pluie mais rien pour me décourager. Je suis encore persuader que "ça va se lever" mais il n'en sera rien. J'ai quand même prévu un peu léger pour l'occasion, heureusement que la forme est là pour me réchauffer. Le gars me surveille dans ses rétros et n' a pas l'intention de se faire passer. Dès que je remonte sur lui, il accélère et garde son avance. Je ne m'emballe pas et maintient un bon rythme, ça va payer.

 

     Effectivement, 100m avant le sommet je rejoins Luciano (mon Réunionais), quelques mots échangés et les hostilités reprennent. Je me remet à courir avant d'atteindre le sommet et Luciano se laisse enfin distancer. J'attaque la descente et me remémore très vite l'ambiance surréaliste de l'an dernier avec des bénévoles surgissant de nulle part pour nous indiquer les bonnes directions... 

 

     Pour attaquer cette descente, j'ai de bonnes sensations, Luciano aussi. Le balisage bien présent me permet d'anticiper les trajectoires mais mon Réunionais me colle aux Asics. Du coup, on fini la partie technique ensemble et on collabore même pour trouver notre chemin dans cette partie hasardeuse. Il reste 2 à 3 km tout au plus et on retombe sur une piste forrestière qui doit nous conduire à la station, fin du périple.

 

     J'ai les jambes bien mâchées mais j'ai encore assez de jus pour allonger la foulée sur cette piste. Luciano lâche enfin prise. Je suis 5ème et je file. Je reste attentif au ballisage tout de même, ce qui me permet de ne pas louper une bifurcation sur la gauche de la piste entre deux petits arbres. Je me retrouve sur une piste d'exploitation forestière très boueuse. Je doute très rapidement et cherche désespéremment de la rubalise pour m'assurer que je ne me suis pas planter??????!

 

     Je regarde derrière... personne, devant... personne. Grand moment de solitude. Continuer ou rebrousser chemin. Faut se décider. Je tourne les talons et remonte 500m de piste pour retrouver cette p... de bifurcation. Je reprends à gauche toujours pas rassuré avant de retrouver une nouvelle rubalise sur cette piste que je n'aurais jamais dû quitter. Luciano s'est fait la malle, d'autres sont peut-être passés et j'ai du monde sur les talons.

 

     Je râle mais c'est la course. Fallait bien que ça m'arrive un jour. Comme un vrai trailer je vais même pouvoir raconter que j'ai jardiné! Je finis finalement 6ème, ce qui pour moi est une grande satisfaction tout de même. Au programme maintenant, une bonne douche et un repas à partager avec tout ce beau monde. Le lendemain ce sera une autre histoire avec 33km de montagne mais sous le soleil cette fois-ci. 

 

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