Récit de la course : Saintélyon 2005, par jcdu38

L'auteur : jcdu38

La course : Saintélyon

Date : 4/12/2005

Lieu : Saint Etienne (Loire)

Affichage : 4261 vues

Distance : 68km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Ma première SaintéLyon

Samedi 19 H 30, dans le hall des expositions de St Etienne, je me demande bien pourquoi j'ai eu cette brillante idée de m'engager sur la SaintéLyon. J’attends Denis qui l’a fait l’année précédente et m’a convaincu de m’engager cette année dans cette aventure, moi qui n’ait jamais dépassé un marathon (et encore un marathon c’est plat !)

Je récupère mon dossard, ma puce et m’installe sur les tribunes à coté de Momo avec qui j’échange quelques paroles. Momo m’aidera à terminer sur les quais à terminer la SaintéLyon. Mais ni lui ni moi, ne le savons encore. Un grand merci à lui !!

Entre 20 H 30 et 21 H 00 arrivent les UFO qui viennent de faire leur première SaintéLyon. Ils sont dans un état de fraicheur incroyable et dire qu’ils vont en enchaîner une deuxième dans deux heures. Quelques échanges avec eux me rassurent sur l’état du terrain. Presque sec partout.

21 H 30, Denis arrive, on s’installe dans un coin tranquille. On partage quelques provisions ensemble et on commence à préparer la tenue de course.

Je me décide pour :

- des chaussures de course route et chemin,
- un collant chaud,
- un tee-shirt fin,
- un maillot manche longue chaud sur le tee-shirt fin
- un coupe vent léger,
- une paire de gants de laine et un bonnet en polaire (mais pas le fantastique bonnet violet fourni par l’organisation.).
- une lampe frontale Tikka+
- un camel bag avec un litre d’eau, des gels énergétiques et un sous vêtement chaud à manche longue de rechange dans le camel bag.

23 H 30, on va ensemble voir les relais se mettre en place et assister à leur départ. Quelques encouragements à des coureurs que je reconnais dans le peloton et on se met en place.

00 H 00 : Le départ. Nous voilà partis un peu rapidement à mon avis, Denis est du genre à terminer ses courses en split positif, tout le contraire de moi. Un regard sur mon cardio confirme cette impression, je suis un peu plus haut que je l’envisageais. J’ai également trop chaud et j’enlève rapidement mon coupe vent avant de commencer à transpirer vraiment. ( Je le remettrai au 34ème kilomètre) La nuit est agréable, températures douces, ciel dégagé, pas de brouillard.

Premier ravitaillement à Sorbiers atteint au bout de 43 mn, un peu de bousculade.
On attaque toujours à deux la montée vers St Christophe, spectacle magique du ballet des frontales devant et derrière moi. Dans une descente je vais perdre Denis qui reste coincé derrière un groupe. Je repars de St Christophe (km 16) à 1 H 40. Jusqu’à présent tout va bien, je suis désormais seul n’ayant pas retrouvé Denis au ravitaillement.

Moreau (km 22,5) est atteint en 2 H 24, je persiste à penser que je suis parti un peu trop rapidement mais l’allure ne me semble pas déraisonnable, je ralentis quand même un peu.

J’atteins St Catherine (km 30) en 3 H 06 et là c’est l’horreur pour accéder au ravitaillement dans cette petite salle des fêtes. Plus d’eau plate, je prends de l’eau gazeuse pour remplir mon Camel Bag (ce sera une erreur) et réussit à ressortir de la salle surchauffée au bout de 8 minutes.

Je ressens les premiers effets de la fatigue, les genoux chauffent un peu mais c’est gérable.

Je vais mettre par contre une heure pour faire les 6 kilomètres suivants(Un gros coup de barre, une portion pas très roulante et le résultat est là) et arrive à St Genoux (km 36)vers 4 H 10. Là, une toute petite tente bondée avec le ravitaillement en eau tout au fond. On met un temps fou à accéder au ravitaillement et ca rale parmi les coureurs. Je repars une dizaine de minutes plus tard après m’être restauré et remotivé. La fatigue commence à se faire vraiment sentir, les muscles chauffent et tirent. Je ne me suis pas assez entrainé pour cette épreuve et je me demande comment faire les 32 derniers kilomètres. Après une petite montée, ca commence à descendre vraiment et c’est assez roulant, ce qui me permet de me motiver. Je vais aller au moins jusque Soucieux. De toute façon, pour se faire rapatrier sur Lyon en cas d’abandon, il n'y a pas le choix.

J’atteins Soucieux (km 46) vers 5 H 18. Je suis HS, j’ai froid, j’ai mal au ventre et je me demande vraiment comment je vais pouvoir faire les 22 derniers kilomètres. La tentation d’abandonner est très forte et puis je pense à tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, au fait que j'ai toujours terminé mes courses et il n'y a pas de raison de commencer aujourd'hui. Après tout, 22 km c'est presque un semi. Ca doit se faire.
Je décide de traiter mes problèmes un par un. Tout d’abord, je règle mes douleurs au ventre puis je me souviens alors de disposer d’un maillot chaud et sec au fond du sac. J’enlève mon maillot léger et le remplace par ce maillot chaud. Ca va déjà mieux !

Reste à trouver le moyen de finir cette course. Au ravitaillement, j’essaie de manger du solide, rien ne passe ! Heureusement au fond de mes poches, il me reste 3 gels. J’en prends 2 d'un coup et je décide de repartir tout doucement. Si ca ne va pas d’ici 1 ou 2 km, je ferais demi-tour et j’abandonnerai.

Je repars tout doucement après 20 mn d’arrêt, trottinant doucement sur le plat, un peu plus vite dans les descentes et en marchant dès que le moindre faux plat fait son apparition. Les coureurs autour de moi sont aussi tous fatigués et avancent au même rythme que moi. Progressivement les gels font effet, je me remotive et commence à courir de manière plus régulière. Je ne me fais plus doubler et rattrape même des coureurs. J’ai trouvé une petite musique intérieure qui me permet de continuer en gérant la fatigue au mieux et d’aligner les kilomètres à allure régulière.

Le peloton s’est beaucoup étiré par rapport au début, je cours par moment tout seul, le coureur précédent étant à 50 ou 100 mètres devant moi. Pareil pour celui derrière moi.

J’atteins Beaunant (km 58) un poil avant 7 H 00 et pour une fois il n’y a pas foule au ravitaillement. J’avale mon dernier gel. Plus que 10 KM !! L’objectif d’atteindre Lyon me semble désormais plus que probable. Une petite voix me glisse et pourquoi pas en 8 H ??

J’attaque alors la cote de Ste Foix au pas de charge et remonte un paquet de coureur sur les 2 km de cette cote. A coté de moi, un OVNI me double en courant. Mais comment fait-il ?

La descente arrive, j’accélère, je suis toujours fatigué mais je SAIS que je vais y arriver et que ce sera au MORAL que je le ferai. Je continue à rattraper des coureurs. Les escaliers, je les descends marche par marche en courant, et j’arrive sur les quais.

Et là, je double Momo avec qui j’ai échangé quelques mots il y une dizaine d'heures de cela sur les gradins. On se motive pour terminer ensemble, on vise les 8 H 00, c’est jouable. On s’encourage en se fixant l’objectif de rejoindre puis dépasser les uns après les autres les coureurs devant nous.

J’arrive à Lyon 8 H 01 après avoir quitté Saint-Etienne. Momo finit quelques dizaines de secondes derrière moi et je retrouve Denis qui m’a accompagné sur les 16 premiers kilomètres de la course. Il l'a fait en 7 H 38 et a amélioré sa performance de l’année dernière de presque 20 minutes. Il est hyper heureux de sa performance.

La ligne d’arrivée passée, je me retourne et regarde les autres coureurs arriver, la tête encore pleine des images de cette course unique et je me fais la promesse. « A l’année prochaine ! »

2 commentaires

Commentaire de Gadou 42 posté le 19-12-2005 à 08:16:00

j'aime bien ta derniere reflexion ,parceque en effet presque tous les Cr de cette Stelyon font ref a la difficulté, voire la douleur de chacun , MAIS CE QUI RESTE POUR CHACUN CE SONT "LES IMAGES" et rien que ça! , fait qu'on a envie d'y retourner !bravo pour ta course !

Commentaire de riri51 posté le 14-05-2006 à 20:26:00

BRAVO!!!

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