Récit de la course : Trail du Camp de César - 17 km 2011, par ogo

L'auteur : ogo

La course : Trail du Camp de César - 17 km

Date : 17/4/2011

Lieu : Laudun (Gard)

Affichage : 1090 vues

Distance : 17km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Le récit

Elle est lointaine, encore diffuse, mais je la sens poindre sournoisement derrière ma rotule, cette douleur que je redoute tant. Depuis le Lyon Urban Trail, il y a quinze jours, mon genou gauche me fait souffrir à l’effort. Le repos complet observé cette semaine, n’y aura rien changé. Demain, il faudra prendre une décision. Courir ou ne pas courir les 17 km du trail du camp de César ? Par delà les vignes, la garrigue s’étend sur des collines coiffées de falaises de calcaire. Plus loin encore, dans l’horizon trouble de la fin d’après-midi, le Ventoux et son crâne chauve, médite sur la plaine, en moine solitaire. Je m’imagine un instant foulant les sentiers serpentant à travers la rocaille et la végétation basse. Oui, j’ai envie d’être de la fête mais je crains de me blesser davantage et d’hypothéquer toutes mes chances de participation aux 100 km des Coursières des Hauts du Lyonnais à la mi-mai. La nuit porte conseil. Je trancherai demain sur la ligne de départ.

 

Nous sommes six (Tophenbave, Bouzzy-Goulum, Myriam, Liline Coq et son frère Rémi) à avoir fait le chemin depuis la capitale des Gaules. Après avoir déposé nos affaires au camping le César, nous mettons cap sur Orsan, où est programmée la pasta(is)-party. Immanquablement, à l’heure de l’apéro, le petit jaune et la tapenade d’olive sont de sortie. Je retrouve Fulgurex, rencontré deux semaines plus tôt au départ du LUT. Nous discutons en sirotant une bière fraîche. Il me fait part de ses objectifs sur le 44 et me suggère de faire le 17 en marche rapide. L’idée me plaît. Je retire mon dossard. Demain, je découvrirai les merveilles de la région l’appareil photo en bandoulière. En attendant, j’avale deux assiettes de pâtes en faisant connaissance avec des randonneurs bénévoles sur la course. En dessert, on nous sert des gâteaux maison. J’en dévore trois parts, histoire de faire honneur aux cuisinières. Après la photo de groupe, nous rejoignons le camping repus et ravis d’avoir pris part à ce moment de convivialité.

 

Le soleil d’avril peine à réchauffer l’atmosphère ce matin. Une seconde couche s’impose en attendant le départ devant le gymnase de Laudun. Environ 450 coureurs sont attendus sur les deux parcours. Déjà présent en 2009, Dawa Sherpa sera incontestablement l’homme à battre sur le long. Mais y aura-t-il quelqu’un en mesure de relever le défi ?

A 8h30, le départ du 44 est donné. Les coureurs s’élancent sur une pente goudronnée à un rythme peu soutenu. Rares sont les départs si raisonnables. Le rythme changera par la suite.

 

Peu avant 9h15, nous nous regroupons derrière la ligne. Je m’installe au fond en compagnie de Myriam et de Jupette, madame Fulgurex. Dans le peloton, des légionnaires du 1er régiment étranger de génie s’échauffent en short et débardeur.

C’est parti ! J’hésite, je marche, je trottine. Mon genou me rappelle à l’ordre. Pas question d’en faire trop. Le sentier sinueux qui s’élève sous les pins n’autorise de toute façon aucun dépassement. Comme prévu, j’ai sorti l’appareil photo et me décale régulièrement sur le côté pour immortaliser les vues aériennes qui s’offrent à nous désormais. Au sommet, je tente de trottiner à nouveau sur l’herbe fraîche mais la douleur est vive. Je reprends la marche rapide en longeant la crête. D’un regard, nous embrassons tous les environs. Le soleil a repris de la vigueur et il fait chaud désormais. Je replie mes manchons.

 

Devant, subitement, tout le monde s’est arrêté. Je m’interroge un instant et découvre sous mes pieds l’obstacle qui occasionne cet embouteillage. Le parcours emprunte un goulet étroit entre deux rochers. Le fameux passage du Loup. Les coureurs doivent se faufiler un à un dans la faille. J’attends mon tour patiemment et prends soin de ne pas abîmer mon appareil photo en descendant.

 

Le peloton s’est espacé. Nous grimpons une nouvelle pente étroite et rocailleuse abrité par un dôme de végétation. Il fait bon. J’apprécie chaque pas. Au sommet, sur un espace dégagé se dressent les vestiges d’une ville antique du Ve siècle avant J-C. Le camp de César. Le site est admirablement conservé. Je m’arrête un instant pour admirer les remparts, le forum et sans doute d’anciennes habitations.

 

Je suis surpris de pouvoir à nouveau courir sur le plat qui suit. J’allonge un peu la foulée. Mon genou désormais échauffé me fait moins souffrir. Emporté par mon élan, je déroule dans la descente qui suit. Avec l’appareil photo dans la main droite, la faute n’est pas permise. Mais la vitesse me grise et malgré mon bras occupé, je trouve mes appuis sans difficulté. Je rejoins bientôt un petit groupe de coureurs et me cale sur leur allure. Je discute avec trois jeunes qui portent un t-shirt de la marine nationale. Ils étudient à Nîmes et découvrent les joies du trail. Le sentier toujours très étroit joue les montagnes russes.

 

 Au 10e kilomètres, un panneau annonce une descente dangereuse. La pente est très prononcée et cette fois, je peine à m’en sortir avec un seul bras disponible. Un faux pas, je me tords légèrement la cheville et manque de tomber un avant. Je me rétablis miraculeusement et évite de me casser le nez et l’appareil avec. En bas, nous trouvons le ravitaillement. Je discute quelques minutes avec les bénévoles et envoie pleine balle dans la descente qui suit. Plus aucune douleur au genou… enfin pour le moment. Je m’attends à payer cache mes excès de confiance une fois les muscles refroidis. Mais pour l’instant je m’amuse.

 

Les 7 derniers kilomètres nous réservent quelques surprises. Certains raidillons sont si abrupts qu’une corde a été installée pour pouvoir se hisser au sommet. Plus loin, c’est un rocher en escalier qu’il faut descendre en se maintenant à un lien. A chaque fois, j’immortalise les coureurs qui me succèdent en plein effort dans ces passages ludiques.

Puis nous rejoignons les vignes. Les chemins plus larges me permettent de doubler. Je fais le yoyo entre différents groupes de coureurs, m’arrêtant pour une photo puis cavalant pour rattraper. Une ultime descente, sous la frondaison nous apparaît l’aqueduc de Balouvière. Nous poursuivons au pied du monument dans le lit d’une rivière asséchée. La voix du speaker est proche désormais. Une échelle en alu nous permet de remonter sur la route. Je rejoins le gymnase. Le public applaudit. Il fait beau, j’ai le sourire. Je suis heureux d’être là.

 

Déjà, on publie le classement des 140 premiers. Un petit coup d’œil par curiosité. Je suis 89e en 2h05’47.Myriam ne tarde pas à faire son entrée.

 

L’après-midi va se dérouler au rythme des arrivées. Sur le long, c’est sans surprise, Dawa qui est le premier à franchir la ligne en 3h51’51. Puis un peu plus de trois minutes plus tard, c’est Serge Barthes qui le rejoint, suivi d’Alain Moussa. Je bondis de ma chaise en voyant arriver Rémi en 4e position. Il a évolué avec le groupe de tête jusqu’au 32e avant d’être ralenti par des crampes. Il est heureux d’avoir pu courir aux côtés de Dawa. Ce dernier, fidèle à sa réputation, vient d’ailleurs le féliciter avec le sourire. Rémi montera sur le podium en tant que premier senior.

Et les bonnes surprises ne sont pas finies. Aline en termine en 4h53 aux côtés de Bouzzy-Goulum. Comme son frère, elle monte sur le podium, deuxième chez les filles derrière Nathalie Henriques. En prime, elle aura droit à la bise de Dawa !

Fulgurex est 26e, immédiatement derrière. Tophenbave finit en 6h28 fatigué mais le visage illuminé par un sourire qui en dit long sur le plaisir qu’il a ressenti au cours de cette intense expérience sur les sentiers.

 

 

 

Un grand merci

-à Tophenbave pour avoir mis ce week-end sur pied.

-à Bouzzy-Goulum, Myriam, Aline et Rémi pour votre très agréable compagnie

-à Ludo, Régis et toute l’équipe organisatrice qui nous a offert une épreuve de très grande qualité

-à tous les bénévoles qui ont contribué au succès de ce week-end.

 

A la prochaine.

Plus de photos

https://picasaweb.google.com/113985568362805834580/TrailCampDeCesar2011?authkey=Gv1sRgCPnHkt_spcXgBA&feat=directlink

7 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 19-04-2011 à 21:52:00

t'as jamais pensé à faire du journalisme ?
bon, elle était facile..
Très bien cette vision "dans la course mais pas tout à fait".

j'espère que le genou a apprécié autant que tes yeux !

bon rétablissement.

Commentaire de tophenbave posté le 19-04-2011 à 21:58:00

ce week end t'a apparemment plu malgrè ta blessure et j'en suis ravi!bon retablissement,les coursieres nous tendent les bras!

Commentaire de tidgi posté le 19-04-2011 à 22:02:00

Ah ces genoux ! A qui le dis-tu ;-)

Bravo pour le reportage et soigne toi bien pour les Coursières.

Commentaire de marat 3h00 ? posté le 20-04-2011 à 12:10:00

comme d'hab', on s'y croirait ! super merci

Commentaire de totoro posté le 20-04-2011 à 12:42:00

Très joli récit ponctué de bien belles photos. Mais maintenant, faut aller soigner ce genou !

Commentaire de Jean-Phi posté le 20-04-2011 à 16:52:00

C'est bizarre, moi j'ai juste retenu dans le récit : "faire honneur aux cuisinières..." Normal ? ==>
Bon, sans blague, merci pour ton CR. Une fois de +, notre groupe était dignement représenté. Heureusement que vous ne comptez pas sur moi ! mdr

Commentaire de TomTrailRunner posté le 30-04-2011 à 14:47:00

comment ne pas avoir envie de venir découvrir ce terrain de jeux là ??? :)

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