Récit de la course : Trail du Ventoux - 46 km 2011, par nico2938

L'auteur : nico2938

La course : Trail du Ventoux - 46 km

Date : 27/3/2011

Lieu : Bedoin (Vaucluse)

Affichage : 739 vues

Distance : 46km

Objectif : Se défoncer

7 commentaires

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Trail du Ventoux 2011- 46 km

Beaucoup de cyclistes considérent le Ventoux comme une montagne à part!! Bien souvent, le Tour de France rencontre une chaleur étouffante et bien, nous, trailers de notre état, avons connu l'exact opposé. Avant de rentrer dans les détails, un petit retour en arrière s'impose.

Malgré une inscription tardive, je suis bel et bien au départ de cette course. Le plateau est très relevé. Julien Rancon, Thomas Lorblanchet, les frères Camus, Guillaume Lenormand, Alexis Traub, Martin Reyt... Au milieu de tout ce beau monde, je nourris un certain complexe. 

8h30: le départ est donné. Le rythme est relativement cool. Je reste dans la foulée de Thomas Lorblanchet pendant 2 kilomètres. Je suis le groupe de tête jusqu'au pied de la première grosse montée. Le rythme n'a rien d'exceptionnel mais je surveille les pulsations et je préfère laisser filer le groupe. Ce fut probablement une erreur car il faut bien accepter de prendre des risques pour espérer jouer les premiers rôles. Le début de la montée est vraiment sympa en alternant parties roulantes et pentes abruptes. Je me retrouve avec 2 ou 3 coureurs et on passe chacun notre tour en tête en fonction de nos qualités. Une fois n'est pas coutume, je suis plus à l'aise sur les parties roulantes qu'en bosse. Comme quoi, il n'y a guère de secret, je n'ai pas beaucoup bossé depuis la reprise en côte et c'est flagrant aujourd'hui, je suis loin de mon meilleur niveau dans ce domaine. 

La montée se poursuit puis le parcours aborde une première descente où je relance sérieusement. Après une légère côte, on débouche sur la route. Juste devant moi, j'assiste à un ravito sauvage. Jusqu'à là, je ne suis pas plus pertubé que cela. Si on n'est pas capable d'emmener un porte bidon, je crois qu'on sait tromper de sport. En revanche, s'il y a une chose que je n'accepte pas, c'est qu'on puisse jeter une bouteille en plastique au milieu de la nature. Je reste derrière ce coureur durant quelques kilomètres et à chaque passage sur la route, j'ai le droit à un ravito sauvage.Pour situer la course, je suis à 30 s du groupe de tête au 10 ème km. Le premier ravito se rapproche et la pente se fait moins sévère. Je décide de dépasser ce fameux coureur à l'assistance débordante. Un premier pardon, un second. Le coureur ne me laisse pas passer. Je fais les extérieurs et je le dépasse. J'ignore de quel coureur il s'agit mais on était très loin d'un certain fair playpour ne pas dire plus.

J'arrive au ravitaillement en 1h25, je remplis ma gourde et c'est reparti. Après une légère descente, on attaque un véritable mur. J'ai en visuel Martin Reyt. Je reviens sur lui au niveau de la bifurcation des 2 parcours. Il n'a pas l'air au mieux. Je le remotive en lui disant que rien n'est perdu et qu'il faut s'accrocher. On effectue toute la montée ensemble. On revient sur Stéphane Bégaud.

On se rapproche lentement du sommet sur un terrain technique où il n'est pas toujous aisé de courir. Je commence à être u peu juste musculauirement.Les conditons commencent à se durcir mais rien d'exceptionnel. Là, je fais commettre l'erreur ne pas enfiler mon coupe vent. Plus on se rapproche du sommet et plus les conditons sont terribles. J'enfile tant bien que mal mon coupe vent car le vent souffle très fort. Je suis frigorifié, les mains sont gelées. Je ne réussis pas à me ravitailler comme il faut.

Je suis en compagnie de Hervé Giraud Saint Sauveur et on hésite quelques instants. "Suivez les poteaux rouges jusqu'au ravitaillement" nous indique un bénévole mais on se retrouve sur une plaque de neige où il n'y a pas de traces de chaussures. On revient en arrière et on retrouve un groupe de 3 coureurs dont un local de l'épreuve. On repart dans la bonne direction (on était dans la bonne) et je me lâche dans la descente sur les pistes car je n'ai qu'une envie, c'est de sortir de cet enfer du Géant de Provence. J'arrive au Chalet Reynard où je refais le plein en eau et je prends des pâtes de fruits.

Je poursuis la descente en sentant bien que les quadriceps se contractent de façon intempestive. Dans un pierrier technique, je crampe dans les 2 quadris. Je poursuis tant bien que mal jusqu'au pied de ce pierrier. Je prends le temps de bien manger et finalement, les crampes s'en vont et je reprends sur un bon rythme. Le parcours alterne petites montées et descentes techniques. Je m'efforce à courir le plus possible. Mentalement, ce n'est pas facile car je n'ai personne en visuel. En fait, on franchit chaque combe du Ventoux avant la descente finale par la combe de Mallaval. Cette succession de montagnes russes conduit à une dernière piste en légère montée où on m'avait prévenu qu'il fallait courir coute que coute. Alors, je me fais violence pour ne pas marcher et je rattrape un coureur qui semble au bout du rouleau.

J'aborde, enfin, la descente finale. Elle est technique et surtout, le passage de l'ensemble du peloton la rend particulièrement glissante. Je m'efforce à rester lucide pour ne pas commettre d'erreur. Je reviens sur Grégory Vollet et inconsciemment, je me relâche un peu. Il n'en faut pas plus pour que j'aille embrasser les cailloux du Ventoux. Je me relève sans bobo et je repars avec un peu moins d'enthousiasme. J'en termine avec la descente et je poursuis sur un bon rythme jusqu'à l'arrivée. Enfin, je retrouve la dernière petite côte où je me décide à ne pas marcher même s'il n'y a plus rien à aller chercher. Une dernière descente maitrisée et je passe la ligne d'arrivée en 4h38' et des brouettes.

Je finis en 13 ème position. C'est plutôt un bon résultat dans le contexte de cette course. Autant par le niveau que par mon manque de préparation. Il s'agit d'un superbe parcous même si je n'ai rien vu du sommet.

Je tiens aussi à saluer l'organisation pour sa décision qui était de loin la meilleure. Il aurait été inconscient d'envoyer tout le monde au sommet. Il n'y a d'ailleurs aucun regret à avoir pour ceux qui n'ont pas pu courir le 46 km. Là haut, on était plus proche de la survie que du plaisir.

 

Bonne récup à tous les participants.

 

 

7 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 29-03-2011 à 21:57:00

jolie course, arrosée et venteuse d'après les photos et vidéos. Tu as été trop magnanime avec le jeteur de bouteille dans la nature. Je vois ça à mon niveau je le pourris grave de chez grave.

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 29-03-2011 à 22:22:00

Une leçon d'humilité supplémentaire à méditer...
Merci pour ce récit, Nico, et bravo pour cette 13ème place !
Tu sais à combien il est arrivé le pourrisseur de sentiers? Comme ça on aura son nom et Akuna pourra lui envoyer ses hommages , hmmm? lol

Commentaire de HERVE GAP posté le 30-03-2011 à 07:22:00

Salut Nico,
Beau récit..bien dommage que le froid ne m'ait pas permis de poursuivre avec toi, on seraît peu être rentré dans les 10 car j'étais assez frais (dans les deux sens du terme) au sommet et je revenais assez fort.

Pour le parasite de course il faufrait le retrouver, va voir les photos sur altecsport(Steph a pris tous les coureurs), tu vas certainement le reconnaître!).De plus j'imagine qu'il n'avait pas son matos obligatoire, en général c'est dans la lignée du comportement!
A suivre,
Bonne récup à toi

Commentaire de raspoutine 05 posté le 30-03-2011 à 18:53:00

Superbe perf' !
Il fallait du courage pour aller là haut et de l'expérience pour bien s'en sortir de ces foutues conditions de course.
Encore bravo et merci pour le récit.
Quant au gugus... C'est quand même devenu rare d'être nul à ce point... Et puis... Son ravito n'a pas pu passer le sommet, sûr ! Avec un tel concentré de bêtise, il ne peut que s'être égaré dans le brouillard.... Ouarf !
Bien sportivement
Raspa

Commentaire de mic31 posté le 31-03-2011 à 16:19:00

Il y a une jolie photo de ravitaillement en vol sur Facebook :
http://www.facebook.com/photo.php?fbid=204705426220770&set=a.203860309638615.51679.100000439434982&theater

Commentaire de Petit Nuage posté le 01-04-2011 à 13:53:00

Belle course Nico, avec un beau plateau.
Tu vas bientôt jouer les 10, te fais pas de souci.
A bientôt sur les chemins

Commentaire de Jean-Phi posté le 02-04-2011 à 20:12:00

Super course et chouette récit. Bravo à toi, dans ces conditions, ce n'était pas le plus simple. Tu as assuré !
Dommage qu'il y ait encore des imbéciles qui se croient tout permis. Ca serait pas mal qu'on le retrouve et qu'il soit exclu à terme des compéts.
Pour l'exemple...
Bonne récup !

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