Récit de la course : La Transmartinique 2010, par yougs38

L'auteur : yougs38

La course : La Transmartinique

Date : 10/12/2010

Lieu : Grand Rivière (Martinique)

Affichage : 1351 vues

Distance : 130km

Objectif : Terminer

2 commentaires

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Le récit

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Ce trail me trottait dans la tête depuis un an.

Une semaine après le tour de la Grande Casse qui m’a bien épuisé, je renais et commence à poser quelques jalons. Ma germaine cousine vivant sur place, je lui demande si elle a une chambre de libre pour moi pour que quelques jours… euh pour quelques semaines.

Pour situer mon niveau, je suis un coureur, ou plutôt un randonneur lambda qui ne conçoit pas de partir sans son appareil photo, plutôt diesel sans turbo mais qui aime l’effort. Par contre, je n’ai jamais été au delà de 72 bornes (4 saintéLyon, 2 TGV et 1 TGC). Et un mental robuste.

Oui, oui, oui, banco, je commence par lire le règlement et rassemble les pièces nécessaires. Ouah, je suis vieux alors je dois passer un électro cardiogramme… ca fait un peu flipper dès fois que…Electro Ok, chèque de 150 euros, billets d’avion avec mes miles… ca fait râler quand même 250 euros de taxes d’aéroport alors que le billet Corsair est de 550 euros ? Le billet de train Lyon Paris et une voiture de Loc pour les 2 semaines et demi.

Je lis les récits des kikoureurs avant pour m’imprégner de l’ambiance, achète les 3 cartes IGN de la Martinique ainsi qu’un bouquin de randonnée du coin.

Je pars le 29 novembre pour un retour le 15 décembre sachant que la course débute le vendredi 10 décembre à 6h00. Je m’entends dire « tu aurais du  prendre les jours d’après », l’avenir me dira, surtout mes pieds que j’ai eu raison, bien raison !

 

Bon, pour le trail proprement dit, on peut directement aller plus loin !

Les lignes suivantes, ce n’est que du blabla perso pour ne pas oublier que c’était bon, beau et pour me préparer mentalement aux températures locales.


 

Arrivé à Fort de France le Lundi 30 nov. en fin d’après midi alors que la France grelotte et croule sous la neige, la température est bonne mais pas insupportable. Je prends possession de mon bungalow, c’est le club Med ici !


J’avais prévu 1 randonnée tous les 2 jours après une journée d’acclimatation.

Mais le lendemain, j’ai des fourmis dans les jambes, alors je pars reconnaître la montagne du Vauclin au départ du Cap Est sans mes bâtons. Je passe les détails du parcours en dehors de la montée et descente du Vauclin si ce n’est que j’apprends ce qu’est une drache locale. J’avais prévu le coup donc, j’étais pourvu de 3 petits sacs étanches, un pour l’ipod, un autre pour l’appareil photo et un plus grand pour cartes et vêtements de rechange. Par contre dès le retour du soleil avec les gros nuages au dessus, j’ai découvert ce qu’était une chaleur moite voir suffocante.

J’arrive donc vers Grand Boucan pour tâter du « chemin de croix » : petite montée très nerveuse mais sur un sol herbeux et très glissant et une descente dantesque durant laquelle, je me vautre 4 fois !, pente raide, racine, devers… la totale…


et dire qu’il faudra passer par là après 80 km ! et en pleine nuit pour moi. Je poursuis par la route en ayant vidé mes 3 litres, j’en suis quitte pour acheter un coca bienvenu à Ravine plate avant de rejoindre mon domicile au Cap Est. Premières conclusions : en plus de mon camelback de 2 litres, je prendrai une bouteille de 1 litre pour m’asperger le visage et mes bâtons je prendrai !

 

 

Après un jour de repos, de plage, je pars très tôt le mercredi 2 décembre pour reconnaître l’ascension de la montagne pelée depuis Grand Rivière avec dans l’idée de revenir  par le Prêcheur et la côte Nord Ouest.


En fait je suis parti un poil trop tard, la route est longue (en temps) et je me suis arrêté trop souvent faire des photos. Je ne pars pas de grand rivière mais du panneau de l’ONF un km avant. Le parcours est déjà balisé jusqu’à la sortie de la jungle donc c’est plutôt cool, la pente est faible et régulière mais c’est déjà bien boueux. La suite jusqu’à Morne Macouba est une superbe succession de crêtes herbeuses et de hautes marches dont certaines disparues depuis le dernier cyclone Dean. Au sommet de Morne Macouba, la température me va bien !, le temps de faire quelques photos de la superbe flore locale, je dois mettre mon goretex.

Après la courte descente au deuxième refuge, je fais le tour de la Caldera par l’ouest pour rejoindre le chemin qui descend au Prêcheur. De là, dre dans le pentu pour atteindre le troisième refuge puis le Chinois un peu plus haut. Ca se déchire côté Ouest juste le temps de prendre 2 3 photos. Les rochers couverts d’humidité sont glissants et le pépin arrive : la rencontre de mon pouce gauche avec un rocher, la main droite tenait mon lumix ! Luxation du pouce qui part à 90 ° dans le sens opposé. Je n’ai pas osé regarder au début, et puis finalement, je l’ai remis en place facilement sans douleur.

Descente ensuite face Est au pied de Morne la Croix


Puis retour au deuxième refuge et descente par le même trajet que l’aller.

Les conclusions du jour : Ca glisse énormément, je le savais déjà, il peut faire frais mais la goretex ne sera pas nécessaire, je trainerai moins le jour J, il fait bon au dessus de 900m et en dessous, il fait vraiment chaud.

Pour les randonneurs, j’ai rentré le topo sous http://www.bivouak.net/topos/course.php?id_sortie=8659&id_sport=2

 

Repos le jour suivant, visite des salines et d’une plage  du Cul de Sac Petite Grenade, je pars vendredi 4 décembre aux aurores sur la route de la trace pour le Piton Boucher et Morne Piquet vu sur le bouquin de JL Vuillet « 37 balades et randonnées en Martinique »  chez www.orphie .net au départ de Plateau Boucher (650m).

Dès le départ, un panneau de l’ONF incite à une très grande prudence, il est  même alarmiste.


 

Je croise 2 chasseuses d’oiseaux qui ont étendu de larges filets pour capturer des oiseaux ??.

Je suis en short, tee shirt et baskets (à tort). Elles me préviennent des dangers de la canne qui coupe, des serpents possibles en bas et de la difficulté, voir l’impossibilité de monter. Ce n’est pas sans une certaine appréhension que je commence la montée très très raide dans une jungle humide avec des passages ou les 2 mains sont nécessaires pour attraper les rares racines qui font office de prises. Je ne me suis jamais senti aussi seul en montagne si l’on peut appeler un piton une montagne. Vers le sommet du piton Boucher (1068m), quelques poteaux métalliques gravés de signes incompréhensibles semblent indiquer que je suis sur la bonne voie, aucune signalisation entretemps et le chemin est souvent caché sous 40 cm de végétation. Du sommet je longe les crêtes en alternant montées et descentes jusqu’à un de ces poteaux cités plus haut qui indique le piton de l’Alma. D’après le topo, je le laisse et file plein Ouest vers le Morne Piquet (1159m) qui n’est plus bien loin. Entretemps, je casse un bâton qui se coince dans un trou ; zut et flûte et m… Au sommet, la végétation m’a bien griffé les tibias et j’espère ne pas avoir à faire le chemin en sens inverse.


Sur le guide, j’avais vu un topo qui arrivait côté Ouest ; je prends donc le sentier bien plus visible qui descend vers Morne Modeste et hormis un passage sur une crête équipé d’une corde fixe et une pente toujours très soutenue, je l’ai trouvé plus facile. Quoiqu’il en soit, à déconseiller à vos enfants, votre belle mère et à tous ceux qui n’ont pas le pied alpin ou du cru. Au pied de ce Morne, la suite est très belle pour rejoindre le point de départ en passant par la route forestière de Grand Fond et la cascade de Saut gendarme.

Les conclusions du jour : Ca glisse énormément, je me répète, ca monte raide, ça descend raide et puis il faudra que je me trouve un bâton. Les pieds sont souvent trempés mais ça ne m’interpelle pas plus que çà !

Pour les randonneurs, j’ai rentré le topo sous

http://www.bivouak.net/topos/course.php?id_sortie=8672&id_sport=2

 

Samedi 5 et Dimanche 6, j’en profite pour faire 3 plongées du côté du diamant chez www.acquasu.com avec Jerome que j’avais contacté avant le départ. Superbes plongées et je reviens avec quelques belles photos car il est plongeur et aussi photographe.


Les jours suivants, quelques petits footing pépère et recherche infructueuse d’un bâton de rechange ; rupture de stock chez Intersports du Lamentin… les boules

 

Le Mercredi 8 décembre, réunion d’information, retrait des dossards au Lamentin et présentation de l’équipe Manikou et de sa charte.

La présentation du parcours est claire, un peu rapide en vidéo ;-),

Et puis  Présentation de Charles et Marc de l’association « respectons la terre » (http://www.charleshedrich.com/index.php?option=com_content&task=view&id=104&Itemid=58) ainsi que Claude Remy et leur équipe de « oasis pour la sclérose en plaques » ( http://www.oasispourlasep.com/liens-oasis.asp ).
A la suite de quoi, un pot de bienvenue et le retrait des dossards. Sur ce point, je trouve qu’ils peuvent progresser ; pourquoi ne pas distribuer les dossards dès l’accueil pour fluidifier?

 

Ben voilà, nous sommes la veille du départ Jeudi 9 décembre, je tente de me coucher à 18h pour un réveil à minuit… en partie réussi.

Départ vers 0h30 pour laisser la voiture à Sainte-Anne , dur de partir dans le sens opposé !

Le car part à 01h30, passe au Lamentin pour rallier Grand Rivière vers 04h du mat. çà, c’est le côté le plus dur car finalement, la nuit « d’avant » est déjà tronquée. Le plus reposant aurait été de passer la nuit à Grand Rivière, départ de la course, au nord de l’ile..

Petit déjeuner, habillage, vérification du sac : des barres, des gels, des babybel j’ai besoin de salé, 2 litres d’eau, l’appareil photo, le road book, l’ipod, une signature auprès de

l’organisation. Je pars léger: short et trails, la température est au sommet environ 14°, et c’est le point le plus frais du parcours.

 

 

Le jour arrive, Je prends quelques photos des stars,


 je ne les reverrai plus. Les feux de Bengale s’allument, la musique bat son plein, séquence émotion. Me voilà partit pour une distance inconnue !

Bien entendu, je pars tranquille, mon objectif est d’arriver. Je connais l’ascension : une partie dans les canes à sucre, ensuite dans la jungle de laquelle on sort vers 1000m,

      

 

 

 

 

 

 ses difficultés, un terrain très glissant, et de grosses marches vers 1200m et j’arrive au sommet de Macoumba (1300m) 2h30 plus tard dans le brouillard et le vent avec une température qui incite à ne pas trainer.


Le passage de l’Aileron se fait dans le brouillard… dommage. Forte descente vers le premier refuge parfois très glissante, parfois raide avec des marches qu’il est préférable d’éviter sur les côtés. C’est la première fois que je double quelques concurrents, c’est un terrain qui me convient bien, enfin un peu mieux !

On rejoint le premier ravitaillement en eau peu après le premier refuge. De là on quitte la route vers 768m peu après 12 bornes pour commencer à visiter les bananeraies du coin. La chaleur commence à se faire sentir. Seul sur cette partie et ne voyant pas toujours les rubalises, je me fais indiquer le chemin par les locaux toujours charmants. Le ravitaillement du Domaine de la Vallée au 16ème km est vite atteint, enfin tout est  relatif au bout de 3h20. Premier buffet, ce sera soupe pâté banane coca et rechargement en eau. Le moral est au beau fixe, le physique aussi. Je repars au bout d’un quart d’heure avec un autre concurrent avec qui on échange 2 3 mots et au premier carrefour, bingo, nous partons du mauvais côté. Heureusement le suivant nous interpelle ! S’en suit un passage sur la route pour rejoindre Morne Rouge.On retrouve les chemins pour rallier Mackintosh  par La Savane Périnelle,


 Prochain point d ‘eau au km 20,6 et l’altitude 317m ; ça commence à chauffer.

Là, les vraies difficultés arrivent : la montée de la Crête d’Or pour rejoindre La Crête du Cournan plante bien le décor !, la montée est très raide, surtout boueuse et grasse à souhait.

J’imagine déjà les descentes !. Je range l’appareil photo dans un sac étanche et me concentre sur le parcours. La Crête du Cournan est assez agréable jusqu’au Morne la Piquonne 623m que j’atteins au bout de 5h20, nous sommes au 25,4 ème km.

De là, on met les crampons, ceinture et bretelles pour plonger vers Sainte Cécile et puis si on tombe, on glisse, et ben c’est pas grave. Un premier gué à franchir, ca va, même pas mouillé ! ca sera le seul.

J’arrive à Sainte Cécile 202m au bout de 6h il me semble, et toujours cette ambiance intime et sympa, je suis mouillé partout mais toujours bien ; heureusement, parce que ce n’est pas fini, je mange un peu et repars vite. On va dire que jusqu’ici, c’était l’amuse gueule.

L’étape suivante : et bien encore un morne, une des ces petites montagnes arrondies comme ils disent dans le dico, ça promet, ce sera le Morne La Caillerie 582m. Lorsque l’on a l’impression d’être à un sommet et bien ça redescend un peu et ça grimpe encore !. Un peu plus haut donc, à 592, on attaque une descente comment dire ; nerveuse, très nerveuse  pour rejoindre  la Trace des Jésuite. Nous sommes à un point bas vers 300m et forcément, il y a de l’eau, et de l’eau à traverser, je suppose que mes pieds commencent à être blancs et bien fripés.

Si la descente était nerveuse, que dire de la montée suivante ?, pour moi, c’est la partie la plus dure, heureusement entrecoupée du ravito du kilomètre 34. Il paraît que ca peut être pire au niveau des conditions, va falloir que je revienne alors.. nan je déconne. Je m’arrête 20 minutes et repars au bout de 8h20 de course.

Le Morne du Lorrain 781m est la prochaine petite bosse, la dernière avant le Lamentin en principe, terrain égal à lui même, mais le sommet n’est qu’un leurre !, la descente suivante jusqu’à 732m est le prélude à une autre « petite » montée  pour atteindre la côte 771.

Ouf, on va pouvoir enfin descendre !

Il y a bien quelques petites grimpettes de temps en temps mais c’est agréable, nous traversons la Forêt de Morne des Olives puis empruntons la route forestière de Fond Fougères. La température monte de nouveau et j’atteins Le Ravitaillement du Domaine de Rivière Blanche au  44,5ème km et m’arrête 15 mn. Que fait l’organisation ?, j’ai attendu une soupe chaude au moins 5 minutes, c’est un scandale, je vais perdre une place au classement, c’est ballot.

Concernant, le kilométrage, je suis en phase depuis le début avec ce qui est indiqué.

 

 

Je suis parti depuis 11h ! et je file vers le Lamentin à grandes enjambées. Blague mise à part, ca va bien, le moral est bon, pas de douleur.

Le passage de 9 gués d’une vingtaine de mètres chacun avec de l’eau au dessus des chevilles laissera des traces sous les pieds par la suite mais je ne le sais toujours pas. La nuit tombe très vite ici, je commence à avoir du mal à distinguer les rubalises,  il est presque 18 heures.

Je mets les lunettes de vue ;-), installe la frontale et c’est parti pour le début d’une longue mais belle nuit. Pas toujours évidant de les voir et il me semble quand même que la signalisation est assez irrégulière. Ce sera vrai pour la suite du parcours… des sections très bien signalées et d’autres beaucoup moins. La règle n°1 du balisage du Manikou futé n’est pas toujours respectée !. Du coup, vers l’Habitation Soudon, je me retrouve à courir  en voyant une frontale qui arrive dans le sens opposé !.

Nous corrigeons le tir  et traversons Bananeraies et Cannes pendant un long moment, les yeux s’habituent, les rubalises et flèches roses nous guident en direction du Lamentin. Mais la douche se mérite.  Encore un Morne, petit celui là, le « Doré » puis on longe une route par des successions de montées et de descentes, il faut même passer sous des arbres, pauvre chéri !

 A ce moment, je commence à éprouver lassitude et fatigue d’autant plus que les indications kilométriques dérapent un peu.

Un petit pont au dessus de la Nationale, des bénévoles qui nous préparent le passage et hop… quand on arrive en ville !.La ville elle, s’agite, le stade est plein de basketeurs en de Footballeurs en herbe. Le Palais des sports est en vue, tout le monde il est gentil, applaudi, ca fait du bien… enfin moi, j’aime bien.

93ème, j’ai presque 59km au compteur au bout de 13H10, altitude 2 m !

Prise en charge totale, on commence par les vérifications d’usage : 37,3°, tension bonne, je retrouve mon sac dans le sas des arrivées, c’est vraiment classe, et me voilà parti pour une bonne douche, il y en avait besoin, je me change et profite de tout, massage des pieds merci les podologues, massage des membres inférieurs, thanks to les kiné, un poulet boucané, merci les militaires. Je prends bien mon temps, discute un peu avec Stéphanie une Belge qui bosse dans une ONG à Haïti  avec qui j’ai fait quelques km et qui me déposait  dans chaque montée !

 …..

Avant de repartir, on repasse par la case « médecin », on ne touche pas 20000 , et pire encore, j’ai changé de chaussettes mais je n’ai pas prévu d’autres chaussures, le boulet !!

Il fait nuit je repars 1h30 plus tard avec Anthony, c’est plus cool à 2 mais au premier rond point, on part du mauvais côté… la moindre inattention est fatale… sauf que là nous étions en ville et qu’un local, je crois qu’il s’agit de Jean José nous à convaincu de revenir !

Course, enfin marche rapide à trois dans la plaine avant que ça ne se corse, un petit passage boueux dans le noir complet près de Château Aubery et puis  des petites montées locales dre dans le pentu et sur le béton avant d’atteindre Morne Pavillon 345m. Pendant toute la montée, j’imaginais l’ambiance dans les maisons avec musique les cantiques de Noël  et punch !
Fatigué mais pas épuisé, dans la descente qui suit, je sens les premiers signes des pieds qui ne sont pas au mieux..En fin de descente nous rejoignons Etienne et Laila si je m’en réfère aux classements intermédiaires. L’arrivée au Francois que je connais un peu est longue, le chemin le long du canal n’en fini pas et je pense déjà qu’il faudra revenir de l’autre côté. Mais bon, ce sera un peu plus tard.

Nous arrivons tous les 3 au François à 00:25 après 18h25 de course, 85ème on aura loupé le départ du défi bleu, mais peut être évité la cohue. Je quitte mes pompes immédiatement, c’est pas terrible, mange un bout et annonce à mes partenaires que je vais essayer de dormir. Eux pensent poursuivre. Je prévois 2 h d’arrêt, un sac poubelle en guise de couverture et je m’endors très vite. Je me lève une heure plus tard bien en forme et découvre qu’Antonny a fait de même, nous ferons donc le Vauclin tous les 2.

Et rebananes et recannes !, nous cherchons un peu le chemin dans la très belle Habitation Clément et son gazon bien net . Plus loin, le Morne Valentin se profile, son accès défendu par une route bien raide inutile de préciser. Un peu plus loin, 2 personnes dorment sous un abri de bus, 2 autres ont les pieds bien entamés. Je me dis que je serai peu être le prochain en mauvaise posture.
Au morne Valentin 270m , section que je pensais avoir reconnue, j’ai la désagréable surprise de voir qu’il faut redescendre vers Perriolat  200m (certainement pour prendre de l’élan) avant de rallier le ravitaillement n°8 de Grand Boucan 354m et km 82 (88 pour moi) , 22 h de course . A ce moment de la nuit, les bénévoles doivent se sentir aussi seuls que nous ! Merci encore à eux

Nous faisons le plein  d’eau et repartons. Au bout de quelques mètres, Anthony se sent plus léger… il y oublié la flotte ! Quelques marches et huit croix plus loin, nous voilà au sommet, autant la montée ma semblé courte, autant la descente sera longue. Au passage de la corde, je me vautre lamentablement, mais j’étais prévenu.

La fatigue aidant et le mal de pieds de plus en plus présent, les quelques détours pour rejoindre le stade de Vauclin me font devenir légèrement grognon, juste un peu !

A ce stade, 90 ème km  ! Mon objectif initial atteint en 24h30 et ce sous les acclamations des bénévoles comme toujours, ils n’ont rien d’autres à faire non mais ;-). Je n’ai qu’une hâte, voir les dégâts.

C’est la « cata » sous les 2 pieds. Je décide de prendre une douche  des fois qu’un podologue soit disponible. Hélas, faudra aller un peu plus vite la prochaine fois. Madame « Pauline » et tous les autres  sont de plus en plus gentils, je dois faire peine à voir à marcher comme un pingouin. Le SAMU est dans les parages, et on me propose de purger le liquide de chauffe  avec de l’éosine. Pourquoi pas, je n’ai jamais goûter … Et put…, c’est pas cool. Quelques pansements sous les 2 pieds, je repars vers 7h45 clopin-clopant boosté par Eric après avoir demandé l’avis du public et d’un ami. Pour l’anecdote, j’ai rangé le gilet chasuble et ma frontale dans le sac qui part pour Saint Anne.

L’ami en question kikou mon frangin et puis jcdu38 vont rameuter leurs carnets d’adresses respectifs pour me soutenir jusqu’à l’arrivée. Des sms pendant 40 bornes, finalement c’était bien agréable même si j’ai reçu des « 100 bornes, bravo t’es passé à 3 chiffres » alors que je venais juste de quitter le Vauclin ou « plus que 10 bornes » passant juste le panneau des 110. Que fait la DDE ? C’est pas drôle du tout !

Il ne me reste que 40 km de plat, de plage et de sable en pleine journée !

A partir de là, les kms indiqués sont ceux de l’organisation ; )

En guise de plat, c’est une succession de montée et de descente et pour mes pinglons le plus dur seront les descentes. Avant d’attaquer les plages, nous ferons  une petit tour près des éoliennes puis Macabou jusqu’au 10 ème ravitaillement   . Je suis à la plage vers 09h30 (102ème km à mon compteur qui va s’arrêter là) et pour toute la journée, ca va bronzer grave !

Toujours aussi sympa, ce ravito et je me fais violence pour ne pas demander un p’tit coup de rouge qui traine sur la table, des fois qu’on me teste !

C’était superbe quand même, Grande Anse Macabou et Anse Grosse Roche dans le sable,


Puis la Pointe Marée et le ravito  du 103ème plutôt sympa !!

A peine assis, je remarque sur la table une fiole qui n’est ni du coca, ni de  l’eau, et je demande à gouter. Me voilà devant un Saint Véran bien frais que je déguste avec modération bien entendu ; je sais, ce n’est pas bien mais je ne joue pas dans la cour des pros et puis les croquettes, les bananes et le coca, ça fait 30 heures que ça dure alors zut et flute.

 

Le Cul de Sac Ferré et une palanquée d’anses toutes aussi belles et sauvages les unes que les autres, on quitte les plages au 110 ème  pour le 12ème ravitaillement, « chez jojo »  au 112 ème kilomètre, Portion en bitume qui brule bien les pieds suivi par un chemin non carrossable pas facile du tout .
On retourne un peu dans la pampa sur un sentier étroit avant de redescendre vers l’Anse Trabaud et le 13ème ravitaillement un peu avant le 120 ème kilomètre.

Ensuite, la Savane des pétrifications, il doit être15 ou 16h localement et je conseille vivement un tel horaire, les couleurs sont magnifiques !


Pointe d’Enfer, Anse Braham, Ecluse, on arrive  à la grande Anse des Salines au ravito 14 (km 123,5).


Je commence à trainer, le coucher de soleil ne vas pas tarder, Petites Anse des Salines avec vue sur le Morne Larcher et le Rocher du Diamant ; clic clac er  reclic reclac Anse Meunier, et clic et clac Lumix.


Mais, c’est qu’après la Pointe Dunkerque, je commence à ne plus voir grand chose… qu’à cela ne tienne, je sors la frontale…. Et M…, la S… , elle est déjà à Saint Anne elle.

Comme,  ça doit faire presque 10h que je marche pour faire 35 kilomètres, j’ai quand même des ressources et oublie l’état des pieds un moment, vla que je me mets à courir. Je distingue un peu les rubalises et pense pouvoir finir.
Et puis … , plus de rubalises, les boules il doit me manquer 2 3 kilomètres pour finir, c’est vraiment ballot.

Je demande l’avis du public, euh non de kikou.. C’est sûr, il ne pourra pas m’aider mais bon, juste pour le moral.

Je reviens sur mes pas et fini par en trouver une ! de rubalise.
Quelques centaines de mètres plus loin, je tombe sur une route… Un véhicule de l’organisation me suit pour m’éclairer histoire d’arriver à Saint Anne. A Saint-Anne , je pense arriver dans le stade comble mais on me signale que je fais erreur, l’arrivée est au Camping à gauche du stade.

 

Je franchis l’arche, ému quand même d’avoir réalisé tout le parcours et finalement pas trop entamé, euh mes pieds ne sont pas d’accord. Je recois avec une certaine fierté quand même mon Tee shirt de finisher, une médaille, tout çà dans la langue de Shakespeare et dans le temps de 36h48 et 79 ème.

Un bon repas, quelques échanges avec les gens présents, j’ai un peu de route à faire, alors, je ne traine pas trop, je récupère mon sac et file en l’état.

 

Je n’ai pas pu me rendre à la remise des prix, applaudir les meilleurs, remercier les bénévoles et l’organisation, saluer Stephan et Marc.

Voilà je le fais ici. C’était géant, j'ai adoré

 

Je n’ai pas pu marcher pendant 3 jours !


et puis merci à Pascale et Pierrito qui m’ont accueilli 3 semaines,

Kikou et Jcdu38 à l’initiative de tous les sms reçus

Anne pour la logistique matérielle !

Et une pensée pour mon grand père, préfet de la Martinique entre 1954 et 1958

 

Yougs dossard 81

2 commentaires

Commentaire de blancblancblanc posté le 09-01-2011 à 16:21:00

Je te l'ai déjà dit de vive voix mais je te le redis encore et encore :

Bravo Hugues pour cette superbe course.

Et désolé pour les SMS d'encouragement qui ont pu arriver avant que tu passes les points de contrôle. Le suivi temps réel WEB n'était pas toujours en phase avec ta progression réelle sur le terrain. :)

Bonne chance pour le 18 pour décrocher un ticket pour une autre petite rando de 2 jours non stop.

--
JC

Commentaire de madinina972 posté le 10-01-2011 à 00:56:00

Super. Merci pour ton récit. Etant dans l'organisation, cela nous fait beaucoup de bien de lire comment tu as vécu cette aventure. Tes observations nous aideront également à améliorer certaines choses. Merci pour la confiance faite à notre jeune association pour cette première édition de la Transmartinique. Amicalement L'équipe du Club Manikou.

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