Récit de la course : Saintélyon 2010, par ArnoS

L'auteur : ArnoS

La course : Saintélyon

Date : 5/12/2010

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1440 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Le récit

Bonjour à tous,

Après un Jogg'iles chaotique, petite douleur derrière le genou lors de l'entraînement du mercredi que j'ai écourté. Une tentative de sortie le samedi, soit 7 jours avant la course, et la douleur est revenue après seulement 20 minutes. Sortie écourtée et repos jusqu'au jour de la course.

Nous voilà le samedi 4 décembre. Spectacle de Noël pour les enfants l'après-midi, de retour à la maison vers 17h30, plat de pâte + le reste dans un Tupperware. Préparation de 2 gourdes de boisson énergétique. La tenue envisagée est déjà dans le sac pré-préparé.

Rendez-vous pris avec JMF, un collègue de boulot, à 19h00 à Gerland pour prendre la navette qui nous emmène à St Etienne. Du monde, mais les navettes sont nombreuses. Après achat du ticket à 10€, nous voilà parti pour St Etienne. Arrivée au Parc Expo un peu avant 20h00, on rentre par la hall A et là, une queue immense, du genre parc d'attraction avec de multiples boucles, pour le retrait des dossards. Bizarre, c'est la troisième fois que je fais cette course et j'ai jamais vu cela. JMF pour qui c'est la 7ème, confirme. On se dit pas de bol et on va attendre que cela se calme en se reposant 2 petites heures. Pour l'instant pas d'urgence, on est 4 heures avant le départ. On se rend à la Hall B où il n'y encore quasiment personne. On s'installe par terre, sur la couverture de survie, mp3 avec OL-Montpellier en live, grignotage de pâtes, et petit roupillon. 21h45, JMF part en éclaireur pour voir si la queue du retrait des dossards s'est raccourcie. Il revient en m'annonçant que c'est pareil. On se décide donc à s'habiller pour la course et à aller faire la queue pour partir directement au départ dès le dossard récupéré. J'ai prévu une tenue grand nord canadien, peut-être un peu trop nordique. En bas : un collant long + un collant court dessus + Chaussettes de ski Socks + Salomon Speed Cross 2 + mini-guêtre Raidlight. En Haut : sous-pull Odlo +  Maillot Décathlon surperchaud + coupe vent Gore + sous-gant et gants + bonnet Gore. J'ai deux lampes : une principale Sun Frendo avec pile au Lithium (plus léger et qui tient mieux par temps froid) + une de rechange Petzl Tikka + MP3 + Garmin 310 XT avec parcours officiel 2010 pré-rentré. J'ai un porte gourde double Salomon avec une gourde remplie de boisson énergétique et une deuxième vide avec seulement la poudre.
Il fait chaud équipé comme cela dans la Hall pour faire la queue. On poireaute environ 1 heure et à peine la moitié de la queue de fait. En fait, les équipes qui partent à 2h00 du matin sont également présentes. Tout d'un coup, une voix forte annonce "priorité aux individuels" et un mouvement de foule erratique se produit. On suit plus ou moins, et finalement un coupe file se crée plus ou moins officiellement. On arrive finalement à la zone de retrait des dossards qui a été cette année centralisée : un premier sas pour vérifier son certificat médical et son identité, un deuxième pour retirer le dossard et puce, un troisième pour retirer le cadeau - un buff bleu, et un quatrième pour vérifier la puce. 23h15, on a le dossard !!! Je croise également Serge L., qui semble être dans le même cas que nous, à la bourre. En fait, les années précédentes, il y avait des files multiples en fonction de son n° de dossard ce qui induisait au plus 15 minutes de queue.
Je croise également Pierre L., notre V4 fétiche, accompagné d'Albert, comme chaque année.

Maintenant, il faut poser les sacs dans les bus. Pour cela, il faut retourner à la Hall B chercher une étiquette pour son sac, bien la fixer à son sac. Puis faire la queue devant le bus qui correspond à son n° de dossard. Là, à nouveau, un manque de logique, chacun monte son sac dans le bus et l'amène au chauffeur qui fait du tetris géant pour remplir jusqu'au plafond son bus ... puis redescend par la même entrée, donc croise tous ceux qui montent en essayant de gagner la sortie rangée par rangée ... Néanmoins, après toutes ces péripéties, on se dirige enfin vers le départ. Pour une fois, je suis pas trop loin de la ligne de départ, il est 23h35 environ. 
Les minutes passent vite, la tradition veut que tous les coureurs juste un peu avant le départ allument leurs frontales pour la photo et les médias présents en hurlant toutes leur joie profonde et sincère...

Minuit, le départ est donné. 

On se lance dans les rues de St Etienne, la température est pas si froide que cela. Je pars sur un rythme un peu en dessous de 11 km/h pour ne pas rester dans la masse tout en ne me grillant pas. De plus, étant bien placé au départ, toute la masse est derrière donc je n'ai pas d'effort supplémentaire à faire comme les années précédentes pour m'extirper du gros du peloton. On croise des marcheurs, il faut être attentif, ils créent des ralentissement ponctuels qui peuvent surprendre dans un rétrécissement. Comme d'habitude depuis 3 ans que je participe à cette course, la politique 0 gobelet jetable fait que l'on a droit au bruit très particulier du gobelet rigide qui balance et tape conte les sacs à dos des coureurs ainsi que celui des gobelets qui se détachent et tombent par terre. 

Après quelques kilomètre, on attaque les premières montées, je cours toujours sur mon petit rythme de croisière, il y a du monde autour de moi. Les sensations sont moyennes, pas de douleur mais je suis (trop) à l'écoute du moindre de signe. Après 6 km environ, on attaque les premiers chemins enneigés. La neige est damée par endroit mais souple et froide à d'autres. On court sur 2 rangée, il est très difficile de doubler sans faire un effort important dans ces passages enneigées. Il y a plusieurs coureurs qui s'arrêtent au début de chaque passage enneigé pour mettre des YakTrax (ou assimilés), genre de chaînes pour chaussure. 
Après une dizaine de kilomètre, je commence à sentir une légère douleur à l’aine gauche. Cela ne m'empêche pas de courir mais cela ne présage rien de bon. Arrivée au premier ravito, 16ème km, c'est un peu la bousculade, je "refill" ma gourde pas encore vide et je garde l'autre vide. Je trouve un verre vide qui traîne et je demande un thé à la menthe. Je repars rapidement et bois le thé dans la montée qui suit en marchant. En haut, c'est reparti, on retrouve rapidement la neige. Après 20km, j'ai une douleur vive à l'aine. Je m'arrête et marche 30 secondes puis repars doucement. Cela semble passer et je continue à courir jusqu'au ravito du 22ème km ou je ne m'arrête pas. La montée qui suit, je la fais en marchant. On arrive au point le plus haut de la course. Avec la neige, les appuis glissent, je cours doucement mais je suis gêné par cette douleur, je ne m'autorise aucun écart, mon seul objectif est de ne pas m'arrêter. Descente sur Sainte Catherine se fait tout doux, comme tout le monde. Arrivée au ravito, km 27, je refais le plein de ma gourde et mange un peu. Je repars doucement sachant qu'il y a une longue montée à suivre. Puis je recours doucement. Les conditions difficiles fond que peu de coureurs me doublent dans les parties techniques, par contre, dès que cela devient roulant, neige damée ou route, je me fais doubler en nombre, mais je ne peux rien n'y faire, je ne peux pas accélérer. Je commence en plus à avoir des problèmes gastriques, je pense que je suis trop habillé et mon ventre chauffe de trop. 

Km 35, ravito qui se situe un peu avant un long passage sur route. Je vide ma gourde pour la remplir d'un mélange de Coca et eau. Je remplis l'autre d'eau pour en faire une boisson énergétique. Leitmotiv, faire le plein, je ne sais pas pour combien de temps j'en ai jusqu'au prochain ravito et vu mon état, mieux vaut prévoir  large. Il y a 3 toilettes (type sanisette mais en plastique) à la sortie du ravito, je m'arrête pour faire la queue mais l'odeur est si pestilentielle que cela me donne envie de vomir et je préfère repartir plutôt que de rentrer la dedans. 
Je repars tout doux, en serrant les dents, j'ai pas la grande forme et il reste encore 32 km environ.
Sur la partie route, je cours régulièrement et cela va un peu mieux. Par contre, dès la route monte, je sens bien que je suis un peu vidé, pas d'énergie. Je gère.

Km 45, ravito de Sourcieu, j'ai de plus en plus mal au ventre et à l’aine. J'arrive pas à manger, je prends quelques bouts de fromage (le sucré ne passe pas), mais j'arrive pas à les manger. Je vide mon Coca pour y mettre de l'eau pure, il n'y plus que cela qui passe et je repars. On continue à descendre, les premières équipes me doublent à partir de là. Impressionnant la différence de vitesse et l'aisance sur ce terrain glissant. De mon côté, mon mal de ventre devient quasi insoutenable, il faut que je m'arrête, un sentier qui donne sur un champ caché de la vue par une rangée d'arbre, je fais mes besoins (liquides) et j'utilise la neige comme PQ. Ca réveille !!
Cela va mieux au niveau du ventre, pas à l'aine, je repars. On arrive sur un passage en descente avec plusieurs plaques de glace, ça bouchonne, ça descend sur les fesses, des marcheurs sont pétrifiés ....
Après 20 minutes de courses, mon mal de ventre reprend, je pense que vu mon état gastrique, je pourrai m'arrêter tous les 20 minutes. Je serre les fesses. On descend derrière Brignais puis une remontée raide et glissante suivi d'un faux plat montant où j'ai du mal à courir en continue. J'alterne course et marche en fonction du relief. On redescend progressivement sur Beaunant. Avant, ce passage se faisait sur route. En 2010, il nous ont pondu un passage inédit avec une grosse partie sur sentier, des petites artères verglacées, puis une descente avec de hautes marches glissantes et neigeuses. Vraiment pénible les chocs à chaque marche. Arrivée en bas, km 56, ravito de Beaunant, j'en peux plus. J'erre dans le ravito mais je ne sais pas quoi manger ni boire, rien ne passe. Je repars en me disant que de toute façon je vais marcher dans la longue montée qui suit et puis il ne reste plus que 10 km. En haut, j'alterne course et marche en essayant de m'accrocher aux différents groupes qui me rattrapent. Puis on bascule sur Lyon, descente assez raide mais j'arrive étonnamment à courir. En fait, je n'ai pas les quadri explosés vu que je n'ai fait que trottiner depuis le début. Par contre, lorsque je retrouve le plat, j'ai du mal à courir régulièrement. Après cette longue route, on descend sur la Saône que l'on traverse puis direction plein sud en longeant la Saône pour arriver sur le nouveau quartier Confluence avec ces immeubles contemporains décalés. 
Arrivé au bout du bout, un vent de face assez fort finit par m'achever. Lorsque finalement la Saône rejoint le Rhône, on remonte le long du Rhône sur les berges, on remonte quelques marches d'escaliers pour passer sur le pont qui enjambe le Rhône et nous revoilà sur la fin traditionnelle. On rentre dans le parc de Gerland, plus que 800m, la dernière ligne droite de 400m qui remonte sur la Hall des Sports, le finish et voilà, c'est fini.
 
Quelle histoire !!! pour finir en 8h58:30, mon pire temps. Mon seul plaisir est d'avoir trouver la force morale de finir cette course. J'avais la hantise de mon abandon à la CCC (que je regrette toujours) qui planait au-dessus de ma tête.
Au final, à part les 10 premiers km, je n'ai cessé de ralentir. Dans le graphe ci-dessous on voit mon allure moyenne qui ne fait qu’augmenter à part quelques soubresauts (d'orgueil?).
A l'arrivée, je retrouve mon sac sans trop de difficulté malgré le classement "en tas" des organisateurs. Heureusement que l'étiquette a tenue ... Il y a une foule de sortie concert, j'ai du mal à sortir de la zone d'arrivée avec mon sac, de nombreux coureurs étant sortie sans prendre leur sac, il se voit interdit l'accès par la sécurité et les noms d'oiseaux fusent. Je m'assois contre un mur dans un couloir un peu à l'abri du flux des gens, je me change et pars tout de suite, une seule envie, aller aux toilettes et dormir. Je ne suis pas allé voir s'il y avait un repas d'après course ou autres festivités.

Finalement, JMF aura abandonné au 35ème. Le premier abandon en 7 participations.

Un bravo également à ArthurBaldur, Fulgurex et Tidgi et leurs compères pour leur LyonSaintéLyon, vue les conditions, il fallait le faire et dans des temps tout à fait honorables !!!! Respect.

A+
Arno

7 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 15-12-2010 à 00:48:00

youhou ça était un peu galère pour toi!!!Le Smecta permet de soulager, à toi d'essayer!! bonne suite!!

Commentaire de ArnoS posté le 15-12-2010 à 11:30:00

Effectivement, il vaut mieux toujours avoir un peu de Smecta sur soi.
A+
Arnaud

Commentaire de tidgi posté le 15-12-2010 à 20:58:00

J'ai eu quelques "soucis" similaires (mais je n'avais pas de Smecta), et quand il reste 32 km...
Bravo pour avoir tenu !

A bientôt sur les chemins...

Commentaire de JLW posté le 15-12-2010 à 21:45:00

Moins de 9 h c'est très correct vu les conditions météo, non ?

Commentaire de Pat'jambes posté le 15-12-2010 à 23:21:00

Chapeau d'être allé jusqu'au bout!
Finisher quoi qu'il arrive :-)

Commentaire de yves_cool_runner posté le 16-12-2010 à 17:09:00

Visiblement, tu as eu un gros de mou sur la deuxième partie : j'étais pratiquement 1/4 d'heure derrière toi à Saint Genoux et je termine à peu près avec 20' de mieux. Une meilleure gestion et de meilleures conditions doivent t'amener sans problème sous les 8h00. De toute façon, c'était quand même galère cette année, donc bravo à un finisher de plus !

Commentaire de yves_cool_runner posté le 16-12-2010 à 17:09:00

... Pour moi, le Smecta à 1h00 du départ a bien fonctionné aussi !!!

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