Récit de la course : Marathon de Provence Luberon 2010, par Aleitheia

L'auteur : Aleitheia

La course : Marathon de Provence Luberon

Date : 3/10/2010

Lieu : Pertuis (Vaucluse)

Affichage : 1368 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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semi-marathon du Luberon 2010

SEMI-MARATHON DU LUBERON, 03 OCTOBRE 2010

 

J'ai retrouvé un compte-rendu que je n'avais pas posté à l'époque ; après les difficultés que j'ai eues sur le trail de noël à Ollioules je ne suis pas mécontente de le ressortir... pour une autre vision de la course à pied. Si vous voulez lire le récit d'une perf passez votre chemin!


     Dimanche 3 octobre 2010... Semi du Luberon, rendez-vous sympa entre Pertuis (84) et la Tour d'Aigues. Au menu aujourd'hui, 3 épreuves : 10 km, semi et marathon. Environ 4000 coureurs au total pour un événement qui se veut surtout festif avec pas mal de coureurs déguisés. Les ravitaillements sont placés tous les 3km à peu près, plus ou moins classiques : eau, sirop, sucre, fruits mais aussi saucisson, olives, rosé, daube provençale... Très sympa mais selon les estomacs ça peut avoir plus ou moins de mal à passer pendant la course...
     Je me suis engagée sur le semi il y a quelques mois, et je me demande si 1 semaine après le trail de Porquerolles ce n'est pas un peu exagéré... Tout le monde n'est pas capable d'enchaîner les épreuves, même si elles ne font qu'une vingtaine de km ; cela dit j'ai lu des récits de kikous que ça n'a pas l'air de gêner!!

     En me dirigeant à pied vers le stade où a lieu le départ, je croise les coureurs du marathon partis à 9h, les épreuves font une boucle en ville avant de repasser devant le stade. J'ai ensuite l'occasion d'admirer le départ du 10 km à 9h30, celui du semi est à 10h.
Cette fois pas de bêtise - enfin j'espère : je prends 20 minutes d'échauffement, j'ai mangé un peu mieux que d'habitude 3h avant et malgré les ravitos rapprochés je prends ma ceinture avec 2 bidons : eau et isostar... On n'est jamais trop prudent! Malgré tout ça j'appréhende la course étant donné le fiasco du trail de Porquerolles il y a une semaine à cause de problèmes digestifs.

 

     Après rassemblement des coureurs à 5 minutes du départ - 1200 participants au semi - et un petit air de la fanfare municipale, le top est donné. On fait le tour du stade puis la même boucle en ville que les départs précédents avant de revenir devant le stade et de continuer. Pas de problème d'allure aujourd'hui, j'ai délaissé le cardio pour le gps histoire d'avoir une bonne analyse après la course. Règle du jour : tranquille!! (oui je sais comme d'hab!).


     Les cinq premiers kilomètres se font à l'allure souhaitée, pour une fois j'arrive même à éviter de partir trop vite! Je suis sur une base de 2h15, ce qui me semble correct, je ne tiens pas spécialement à griller la machine aujourd'hui, j'ai encore le trail de la semaine dernière dans les jambes. Je me retrouve entourée par Zorro, Mario et Luigi et une légion romaine. Certains se jettent sur le rosé aux ravitos, mais c'est un peu tôt pour moi! (2 coureurs notamment on l'air d'avoir une bonne descente et commenceront à courir bizarrement à mi-course au 4e ravitaillement!). Festif je vous dis!

 

     Le sixième kilomètre signe l'entrée dans mes désormais classiques spasmes abdominaux. Bof, comme d'hab, je commence à avoir l'habitude ; j'enclenche le frein (oui c'est possible d'aller encore moins vite que ce que je suis partie!), avec un peu de chance ça passe dans 2 km... En fait ce sont surtout les autres coureurs qui passent devant moi!

 


     Je me retrouve vers l'arrière de la course, un peu dégoûtée. Je sais que si je veux finir convenablement cette course je ne peux pas accélérer pour l'instant, il faut que j'attende que ça se tasse. Mais j'ai l'impression que je n'ai plus envie de courir, mes parents sont à l'étang de la Bonde que l'on doit contourner au km14, je me dis que je vais jusque là et que j'arrête. Du coin de l'œil j'observe les coureurs à côté de moi, quelques uns n'ont pas l'air frais! J'aperçois notamment un gars en T-shirt rouge « finisher marathon » qui a l'air d'en baver. Etonnant pour quelqu'un qui a parcouru déjà le double de la distance d'aujourd'hui...
     Ca commence à aller un peu mieux au 13e kilomètre mais mon envie de courir n'est pas revenue, je pense que je vais laisser tomber ici... J'ai toujours en ligne de mire le type en rouge, on se dépasse régulièrement depuis un moment. Alors qu'on aborde le tour du lac je le vois qui commence à marcher... Ah non, ça c'est trop bête.
 - Ne t'arrête pas, il y a un ravito de l'autre côté de l'étang!
     De quoi j'ai l'air moi avec mes conseils et dans l'état où je suis? Mais ça a l'air de marcher, il se remet à courir, on reste au coude à coude et on poursuit. J'aperçois mes parents qui me prennent en photo... Je n'ose pas imaginer la tête que je fais! Je n'ose pas leur dire que je veux arrêter surtout que... ben oui, ça commence vraiment à aller mieux! Km 14 en 1h40 je crois (ma montre s'est arrêtée).Et si je mettais un petit coup de turbo pour passer sous les 2h20? 

 

Une petite pause au ravito, le fameux finisher marathon n'a pas l'air au mieux, il se vide plusieurs gobelets sur la tête. Il a l'air d'hésiter à repartir...
- On repart ensemble?
     Je parle vraiment sans réfléchir parfois, j'étais pas censée arrêter moi? Mais arrêter au km14 sur un semi ça ne me plaît pas du tout! Il a l'air d'accord, on repart côte à côte en trottinant. La discussion vient tout naturellement, il m'apprend que c'est son premier semi et qu'il ne l'a pas vraiment préparé ; le T-shirt n'est pas à lui... Ah OK, je comprends mieux! J'enclenche le mode « débitage de paroles rassurantes », du style « c'est le deuxième tiers de la course le plus difficile, en plus là il ne reste que de la descente! ». Mouais, je ne sais pas s'il va me croire... J'hésite toujours à accélérer mais finalement je ne suis pas sûre que ça serve à grand chose alors je laisse tomber.

     J'entends que mon acolyte souffle, on a encore ralenti, on doit courir maximum à 8 km/h mais on court! Une pause à chaque ravito où on perd au moins 2 minutes tous les 2,5 kilomètres, on repart toujours ensemble. Mon estomac a cessé de râler, j'ai plutôt l'impression de retrouver de l'énergie à chaque foulée, j'aurais même envie d'accélérer... Mais je me souviens des moments en course où j'ai pu en baver, je n'étais pas mécontente d'avoir quelqu'un à côté de moi pour m'encourager, alors je reste à trottiner. Le pauvre, je dois le saouler à lui parler comme ça... J'apprends qu'il vient du Nord et qu'il s'est lancé là-dessus suite à un défi en famille... Etonnant les raisons pour lesquelles on peut se mettre à courir!
     Km16, j'ai l'impression qu'on est pas loin de la fin du parcours, pas lui apparemment. Ca donne quelque chose comme :
 - Je sais pas ce que je fais là, je crois que ça serait mieux d'arrêter...
 - Mais non, tu vas voir tu seras vraiment content de l'avoir fait! Allez on continue!
     Combien de fois ce genre de pensée m'a traversé la tête pendant une course? Je me souviens encore de mon premier semi (enfin Marseille-Cassis), ça avait été vraiment dur pour moi alors si je peux lui faire passer un peu de temps... On passe sur des chemins de terre au milieu de champs quelques personnes sont sorties de chez elle pour nous offrir du raisin, sympa! On se retrouve mélangés aux coureurs du marathon pour qui la fin de parcours rejoint la nôtre, quelques relayeurs passent en trombe... Ce parcours est très sympa, le temps est parfait, finalement je suis ravie d'être ici!

 

     L'arrivée n'est pas très loin, une petite montée en arrivant au 19e kilomètre et après on plonge sur la Tour d'Aigues. Dernier ravito, on passe tranquille et on arrive sur la route bitumée. Je connais le coin, plus que de la descente et un petit tour dans les rues du village avant d'arriver sur la place finale. Mon compagnon ne répond plus que par monosyllabes, et si je fermais ma grande g..... moi?
     On est au 20e, on entend la musique de l'arrivée et le speaker, quelqu'un vient à notre rencontre, le père de mon camarade je crois. Peut-être ont-ils envie de finir la course en famille? Je prends quelques mètres d'avance jusqu'à l'entrée du village, je profite de l'ambiance et des encouragements des spectateurs sur les côtés, vraiment très sympa ce rendez-vous.
     Un bref coup d'œil en arrière pour voir que mon compagnon de route s'est arrêté... Ca c'est vraiment dommage... Son père me pointe du doigt, il se remet à courir... Eh bien voilà! J'embraye sur la petite remontée des rues du village, je me mets à sautiller quelques secondes suite à une magnifique crampe bilatérale et foudroyante dans les mollets (à mon avis ça valait le coup d'œil!) à 200m de l'arrivée...

 

 

     On passe la ligne ensemble, 2h50! J'ai brusquement un doute, incertaine que mon compagnon ait apprécié que je l'accompagne de la sorte et que je le saoule avec mes bavardages, peut-être qu'il aurait préféré s'arrêter à l'étang de la Bonde, un peu déçu certes mais certainement beaucoup moins cuit... Quant à moi avec mon regain d'énergie j'aurais pu accélérer, tenter de limiter les dégâts, arriver bien avant.
     Et puis non. J'ai rarement vu un sourire pareil chez quelqu'un et le simple « merci » qu'il me donne me conforte dans mon idée : j'ai fait le bon choix. Il n'y a rien de plus à dire, pour la plupart des coureurs certainement finir un semi en 2h50 est une rigolade. Mais pas pour tout le monde. Rester simple finisher, que ce soir sur un ultra ou un 10km, est finalement déjà un exploit, on a tous commencé un jour, certains plus facilement que d'autres. Je n'ai pas atteint mes objectifs, mais j'ai passé un très bon moment, et je me souviens aussi pourquoi j'aime courir, pour ce simple plaisir d'avoir relevé un défi, et de l'avoir gagné.
A chacun sa victoire...

 

Leçons personnelles à tirer de tout ça :

 

  • ça ne vaut pas toujours la peine de courir pour une perf
  • vive la solidarité entre coureurs
  • c'est vraiment dommage de penser arrêter une course parce qu'on est pas "au mieux", surtout que malgré l'inconfort digestif en milieu de course je pouvais quand même courir, nette amélioration à ce sujet!
  • Je reviendrai avec plaisir sur ce parcours, peut-être en tentant VRAIMENT une perf pour moi cette fois 

 

8 commentaires

Commentaire de Françoise 84 posté le 13-12-2010 à 15:36:00

Bien sympa ton récit!! Et ça me rappelle de beaux souvenirs: ce semi était ma 2nde véritable course avec dossard... Depuis, on est revenu plein de fois sur ce format puis sur le marathon, toujours un régal! Normalement, on devrait y aller en 2011, tu m'accompagnes sur le 42?

Commentaire de Aleitheia posté le 13-12-2010 à 16:06:00

Merci Françoise, pour mon premier marathon ça pourrait être un parcours très sympa... Alors pourquoi pas? Pas sûre de te suivre quand même!!

Commentaire de Berty09 posté le 13-12-2010 à 22:33:00

Vraiment rafraichissant ton récit. A force de penser à ses performances, on oublie parfois ses voisins. C'était pas ton cas. Bravo et bonne continuation.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 14-12-2010 à 07:52:00

Super ton récit Marion, tu as tout dit et surtout tout compris, le bonheur avant tout, WHAT ELSE?

Commentaire de RogerRunner13 posté le 14-12-2010 à 13:01:00

Une course ce n'est qu'une histoire et pouvoir partager de bons moments avec d'autres concurrents est un privilège que ne pourra peut-être pas comprendre une tout bon du classement et ton état esprit est ce qui me fait aimer la course à pied.

Commentaire de chanthy posté le 14-12-2010 à 17:49:00

merci pour le récit.
c'est super de pouvoir partager des choses.
à bientôt.

Commentaire de Bruno CATANIA posté le 14-12-2010 à 22:22:00

Dès fois (souvent:) ) inutile de se prendre la tête avec le chrono, le bonheur n'est pas au bout du chemin, le bonheur c'est le chemin...merci pour le CR sympathique et à te recroiser...
Bruno

Commentaire de Bruno CATANIA posté le 14-12-2010 à 22:25:00

Dès fois (souvent:) ) inutile de se prendre la tête avec le chrono, le bonheur n'est pas au bout du chemin, le bonheur c'est le chemin...merci pour le CR sympathique et à te recroiser...
Bruno

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