Récit de la course : Saintélyon 2008, par Klem

L'auteur : Klem

La course : Saintélyon

Date : 7/12/2008

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1284 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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De l'argent comme prévu

De l'argent comme prévu

 

MATERIEL


la frontale MYO XP BELT  avec piles longue durée neuves + piles de secours

l'avantage de cette frontale réside dans le fait que les piles sont déportées au niveau de la ceinture comme cela pas de poids sur la tête , cela évite d'avoir mal à la nuque comme certains le concèderont à l'arrivée


Trois couches : la première un tee shirt nike gardant la chaleur , ça serre pas mal

deuxième couche thee shirt kalenji assez épais

troisième couche polaire kalenji

un buff

des gants en laine

un collant simple

des chaussures trail Trabucco avec des chausssettes trail

un bonnet Odlo rouge

Un porte bidon 600 ml avec de l'eau ( que je recharge à chaque ravito)

un petit sac rouge raidlight ( avec 8 gels + cacahuettes salées pour faire passer ce sacré goût du sucré)


AVANT LE DEPART


Nous voilà arrivés à Lyon avec Maurice et Jean deux copains, aux environ de 19 heures, nous filons diner, un plat de pâtes bien sur. Jean nous demande quel vin allons nous boire , du rouge lui avons répondu , bien sur. Cela n ‘est pas bien sérieux , mais nous ne sommes pas des professionnels.

Je suis pourtant venu courir la Saintélylon en moins de 7 h 20 , pour décrocher la sainté d’argent, je me dis au diable tout cela , il faut savoir se faire plaisir, et un bon canon en compagnie de copains vaut bien tous les entrainements du monde me suis je dis, pour le moral !!!

Dans le bus qui nous mène à Saint Etienne, les coureurs sont assez bavards, mon voisin un jeune homme d’une trentaine d’années me fait la conversation, et me donne quelques indications quand je le questionne au sujet de ce qu’il faut emporter avec soi ( couverture de survie, téléphone, kway, etc etc…) .Il m’a indiqué que compte tenu de la météo , il fallait partir avec le strict minimum, un bidon d’eau pas plus, voilà de bonnes paroles , car porter sur son dos deux kilos voire plus comme certains , cela devient de la torture, car des cotes il va y en avoir.

Nous sommes à Saint Etienne à présent dans le parc expo, nous essayons de nous allonger et dormir, je ne trouve pas le sommeil.

Une heure avant le départ, nous nous habillons, c’est long car il faut penser à tout, 23 h 45 nous nous dirigeons vers le départ, il y règne une ambiance assez bon enfant, il fait froid 3 à 4 ° C , nous sommes au milieu de la foule notre position est vers les 2500 à 3000 sur 4500 . Autant dire que le départ est loin de nous.

Quelques minutes avant le départ, je n'entends plus rien, signe d'intériorisation et de concentration.

Courir 68 km non stop, la nuit en décembre par le froid qu'il fait, faut en tenir un grain; mais j'aime ça; les défis.


LA COURSE


Il est Minuit le coup de pistolet retentit , nous voyons au loin les premiers s’élancer comme s’il s’agissait de courir un 1000 m.

Nous avons mis au moins 5 minutes pour franchir la ligne de départ.

Très rapidement je dis à Maurice et Jean je pars car j’aime courir et j’aime me mesurer aux autres , et surtout donner le meilleur de moi même.

Nous courons environ dix km sur le goudron, en ville , j’économise ma frontale, on y voit assez je double beaucoup de gens, première montée, pas de problème.

Etant parti mal placé il faut que je double beaucoup de personnes.


Arrivé à Saint Christo en Jarez en 1 h 40 mn 48 sec rang 1117 sur 3243, 123 sur 441 en VH2


premier ravitaillement, il y a beaucoup de monde mais ça va. Je bois de l’eau , puis du café pour me réchauffer et mange la moitié d’une banane sans me presser, et je repars.

La campagne est assez boueuse, il faut éviter les flaques d’eau et doubler toujours et toujours ces concurrents.

La pénibilité et la perte de temps provient du fait que je dois me déporter dans les champs courir dans la gadoue pour doubler les coureurs !


J’arrive à Sainte Catherine    en 2 h 58 mn 51 sec rang        858 sur 3243               88 sur 441 en VH2


là aussi je bois du café chaud cela fait plaisir de se réchauffer, les bénévoles sont dévoués polis, présents.

Dans la campagne toujours cette odeur de vache caractéristique, nous sommes dans la France profonde à deux pas de la deuxième ville de France me dis-je.

Je vois un panneau Lyon 40 km, je crie fort dans la nuit :

« encore le marathon à courir les gars »

apparemment ils sont concentrés et ne veulent pas bien me causer ?????

Nous passons devant une boite de nuit aux environs de 3 h 30 je crois, des filles et des garçons sont dehors en train de fumer des cigarettes, ils nous haranguent ( plutôt sympathiquement d’ailleurs).

Nous arrivons à présent sur un point haut , là je me retourne et je vois bien 2km de coureurs à pied, les frontales allumées, cela ressemble à un long serpent luminuex. Je m'arrête pour admirer ce spectacle pendant quelques secondes. Je suis terrifié quant à l'idée que tout ce monde me rattrappe et me dépasse. Je repars et ne me pose plus de questions, d'ailleurs je ne me retournerais plus.

Les passages en sous bois sont jolis même si on ne voit pas entièrement le paysage. Ma frontale est puissante j’y vois bien. Sur un faux plat légèrement montant une fille aux très longues jambes me double, je sens tout de même qu’elle n’assure pas ses appuis franchement. Et hop elle s’étale de tout son long , je la relève et lui conseille de ne pas allonger de la sorte, elle ne me doublera plus.

Ce qui gène beaucoup lors de la STL c’est les relais toujours entrain de nous crier , GAUCHE , oui il veulent nous doubler à gauche, chaque fois nous devons nous décaler.


Arrive Soucieu en Jarest à 4 h 52mn 28sec rang 696 sur 3243 67 sur 441 en VH2

Je double toujours et toujours que du plaisir , je me sens bien au milieu de ce peleton étiré à présent. Parfois 8 à 10 concurrents me doublent d’un coup, le moral accuse temporairement le coup, je me ressaisis et continue encore d’en doubler pas mal.

Lors d’un ravitaillement dans une ferme avec de la paille par terre, je m'assieds pour récupérer, deux minutes.

Je discute avec un gars sympa, nous repartons ensemble environ cinq minutes.

Une douce ivresse me fait presque vaciller dans cette nuit de décembre dans les monts du Lyonnais, quel bonheur me dis-je c'est incroyable d'être aussi heureux.

Je demande à mon compagnon d'un instant quel temps va-t-il faire;  il me répond 7 heures, je lui dis de partir car là je sens que je n’y arriverai pas ( la sagesse me commande d’atteindre mon objectif moins de 7 h 20 en terminant en courant).


Nous voici dans cette longue côte interminable de 1 km de long, nous marchons tous.

A présent il nous reste moins de 10 km pour terminer, nous sommes dans les faubourgs de Lyon. Avec un coureur nous filons vers l’arrivée à une moyenne d’environ 10 km/h nous doublons un concurrent qui semble marcher sur des œufs il n'en peut plus le pauvre nous l’encourageons.

Me voici dans Lyon , il est 6h50 , un ivrogne à la démarche chaloupeuse ennuie tous les coureurs, il se fait rabrouer par un passant.

Trois km avant de terminer je suis fatigué je ralenti mon allure, j’en peux plus, les concurrents m’encouragent, cela est très sympa de leur part. Un concurrent est resté avec moi, on dira après cela que la course à pied est un sport individuel ; puis il s’en va au bout de deux km. Dernier km , j’ai le plaisir de contempler les décorations lumineuses de la ville du bleu du rouge avec ce jour naissant.  Oui c'est la fête des lumières ce week end là.

Dernier 400 m beaucoup de spectateurs sont là et nous encouragent très chaleureusement c’est super.

Je suis surpris par l'intensité de leur regard et des encouragements vraiment appuyés.

Je n'ai pas envie de franchir la ligne d'arrivée, je voudrais que ces instants durent durent durent...

Je pénètre dans Gerland , tapis rouge , je regarde le chrono 7 h 15 mn 18 sec c’est super , contrat accompli J 'AI LA SAINTE D'ARGENT............. SUPER !  .

je suis       573 ième sur 3243 classés     et           54 ième sur 441 en VH2

 

Entre le premier pointage après une heure 40 minutes de course et l'arrivée j'aurai doublé 547 concurrents

en 5h30 soit 100 concurrents à l'heure, cela vous donne de l'assurance de partir à son rythme.

Je retire mon sac et me dirige vers la douche, je discute avec quelques finishers puisqu'il faut les appeler ainsi.

Arrivé dans les 600 premiers, je remarque qu'il n'y a pas beaucoup de monde, on ne se gène pas, des gars vont jusqu'à me laisser prendre ma douche en me cédant leur place, c'est super sympa de leur part ( peut être le privilège de l'âge).

Maurice et Jean arriveront en 9H30 environ

 

APRES COURSE


Repas à Gerland on n'est pas nombreux ça va; puis re repas au mac do du coin vers midi avec Maurice et Jean avec une bonne bière cette fois ci; nous rentrons en voiture conduits par l'amie de Jean, inutile de vous dire que nous ronflions tous les trois sur le chemin du retour.

Je reviendrai si dieu me prête vie.

4 commentaires

Commentaire de Baobab posté le 09-12-2010 à 20:51:00

Bravo, quelle belle course! Merci aussi pour ce récit dans lequel on sent bien ta motivation pour réussir au mieux ton objectif, mais aussi une certaine évidence, sinon facilité. C'était ma 4ème édition cette année là, et j'avais abandonné à soucieu, alors autant te dire que ta perf m'impressionne!
J'espère bien que Dieu te prêtera vie encore longtemps...entre autre il y a une barre à 7h15 à tomber! Bonne continuation.

Commentaire de francois 91410 posté le 09-12-2010 à 21:40:00

Une performance plus qu'honorable en effet !

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 10-12-2010 à 14:15:00

Comment tu fais pour te souvenir 2 ans après ?

En tout cas, bravo pour les 7h15 !
Extra-terrestre !

Commentaire de tidgi posté le 13-12-2010 à 18:48:00

Bravo pour ta performance, une course bien gérée.

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