Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail 2010, par la panthère

L'auteur : la panthère

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail

Date : 28/8/2010

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 1642 vues

Distance : 80km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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un bijou de trail dans un écrin minéral....

 

 Tiens, j'ai mis le parcours de l'ultra...........nous on coupait vers Barèges, après le pic du midi..

La montagne et moi, une histoire d'amour qui dure depuis très très longtemps....Alors, faut pas grand chose pour me décider à m'inscrire, un mot de l'ourson, un autre du raton laveur, une nuit de pleine lune au fond des bois, passée à chercher des balises sournoises avec une boussole folle......(raid normand 2010)


Et voilà, inscriptions de l'été faites, au menu: le défi de l'Oisans fin juillet, comme entraînement, un peu de rando sur le site du GRP en août, (plutôt un peu beaucoup de rando)..... puis le gros morceau, jamais fait autant en kilomètres et en dénivelé en une fois..... J'adore les défis.....
Entraînement de style: cross, fractionné, 10 kms, semi marathon, en alternance avec des petits trails de 25/32 kms, du vélo: objectif: arriver fraiche début juillet.

Voilà venu l'été et ma transhumance vers les massifs montagneux : 2 grimpettes en Haute Savoie, puis le défi de l'Oisans, un régal avec une forme crescendo.......je me sens des ailes, et un bonheur toujours renouvelé de courir sur les sentiers de crête, d'arriver au sommet et de dominer la vallée du regard, de découvrir l'autre versant de l'autre côté du col.....

En route pour les Pyrénées; au menu: des reconnaissances sur le début du parcours, et des randos près de st Lary, avec un accompagnateur au savoureux accent de là-bas, randos qui tournent à la sortie rando trail, à bonne allure, du fait de la présence de traileurs inscrits sur le GRP (y'en a partout, la question fuse à chaque fois qu'on en croise dans la montagne : « tu fais lequel ? »),

La pression monte, le stress aussi....

Enfin nous y voilà, je descends  dans la vallée, hébergée par l'ourson et l'oursonne, il y a aussi l'agneau, un amoureux des Pyrénées....et Laurent, un copain de Caen, qui cette année a fait son premier trail et son premier marathon, il a de l'avenir!....

Retrouvailles avec plein de kikous, on discute, on lézarde au soleil, on goûte la bière......

Ambiance studieuse au briefing de l'ultra,

 

 

 puis retour chez les oursons, pour faire et refaire les sacs,
Samedi matin, 5 heures du mat.....sur la ligne de départ, jamais vu un peloton aussi stressé avant le départ, je sens le stress qui monte, j'ai des fourmis dans les jambes, je me sens une vraie faim de montagnes de panthère,  mais prudence, on peut rencontrer le mur du trail, se blesser, mais, gggggggggggrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr j'ai la niaque!

L'dingo entreprend de régler mes bâtons, jusqu'à la dernière minute, mais faut y aller !

 

Décidée à assurer de l'avance sur la première barrière horaire, je pars avec Laurent, un peu plus vite que l'ourson et le raton, dans la première montée, promis, je prendrai de leurs nouvelles au pic, et les attendrai s'ils ne sont pas loin, j'ai envie de tester une allure pour boucler en 20 heures,


col du Portet : 7h30, allure raisonnable, je m'interdis d'être essoufflée dans les côtes....1427m avalés en 2h30 .Tout va bien.


Merlans: 7h41, la descente a bien dégourdi les jambes, au ravito, une pause minimale, "Laurent, je repars doucement, tu me rattrapes!...."

On fera la même chose jusqu'à Tournaboup, là je l'enverrai prendre le large.....il vaut quand même 3h15 sur un premier marathon....La merveille des lacs dans le jour naissant, le lever magique du soleil, après la brume de la montée, la mer de nuages plus bas, c'est beau!.... 


 Les cailloux, les sentiers escarpés, la grimpette du col de Bastanet

 la descente acrobatique, que du bonheur.... Ça ressemble un peu question terrain et profil aux étapes du défi de l'Oisans, comme si on faisait deux étapes en une fois.....

 


Artigues:  11h08, barrière horaire: 13h, c'est tout bon, je croise Ouster, il arrive au ravito quand j'en pars, et attaque la longue, très longue montée du col de Sencours, je fais l'accordéon avec l'dingo et Laurent, Flo et Françis 31.

Il fait chaud, ça monte longtemps, longtemps, ça ne parle plus beaucoup dans la longue file de coureurs,

 On passe du soleil au brouillard bien glacé, 1200m jusqu'à Secours.Je teste pour la première fois un gel "coup de fouet", apparemment ça booste, et voilà le ravitaillement au col de Sencours, dans la cabane en pierre; Le ravito est somptueux, miam, la soupe aux pates.... Je ne m'attarde pas.....Un peu d'eau froide pour refroidir la soupe, et hop, c'est reparti!

"je prends un peu d'avance, Laurent....."

On repassera à ce ravitaillement en descendant du pic.


Encore 600m + pour atteindre le sommet du pic du midi, un moment très sympa, on se croise, en s'encourageant, une vue sublime de là-haut, encore un océan de nuages.....L'ascension débute par un chemin large, qui se change peu à peu en un sentier bien raide plein de gros blocs caillouteux.

Les randonneurs encouragent très gentiment les coureurs, tandis que les lamas broutent les rares touffes d'herbe....

 

je pointe en haut du pic du midi à 14h30,

 

et descends à fond de caisse, là, c'est moi qui encourage ceux qui montent, pas d'ourson    (il a joué le St Bernard sur ce trail...je l'apprendrai plus tard....), mais je recroise Ouster, qui entame la montée,

 

 une petite soupe au ravito, une tranche de pain avec du gruyère à manger en marchant, et hop!


déjà plus de la moitié d'avalée, il reste un petit marathon, le plus gros du dénivelé positif est bouclé, reste la longue montée du col de Barèges, et la petite butte du col de Portet, un « rapaillon », comme ils disent là-bas....et pas encore de lassitude, au contraire, j'ai envie de galoper, et de rugir ma joie d'être là-haut. Je suis euphorique ,l'ivresse des cîmes............

YYYYeeeesssssssssss, je vais le boucler!

Prudence et concentration, quand même,  jusqu'à Tournaboup, ça "roule" si bien,  que je me permets un beau roulé boulé, spécialité de panthère.....même pas mal!

L'appareil photo restera dans le sac après le pic du midi....faudra que j'y retourne...


Tournaboup: 16h11, barrière horaire à 20h, même en marchant, ça le fait maintenant, première halte pour changer de socquettes et remettre une couche de pommade anti frottement sur les pieds et les socquettes...

.
Bon, là, Laurent, tu fais ta course, tu peux y aller maintenant, hop! devant!..
je passe la barrière des 52 kms jamais franchie avant en une seule fois en montagne, savoure, savoure, la panthère, que du bonheur....
et puis il y a 35 sms dans ton téléphone, et puis ta fille et petite fille qui suivent le live, et plein de copains copines aussi, savoure, savoure, pense à tous ceux qui voudraient bien faire ça et ne peuvent pas, aux copains privés de course à l'UTMB, galope, galope, tant que tu peux..... (enfin, galope, façon de parler, marche vite plutôt....)


Je  suis Laurent à distance, doublant des coureurs dans le dédale de l'ascension du col de Barèges, je retrouve Agnès, une coureuse de côte d'or, avec qui je papote un moment, on fera l'accordéon jusqu'à l'arrivée, arrêt ravito d'eau à Aigues cluses, fin de la grimpette, un petit coup de mou mais vraiment léger, et la bascule au col...

Les mêmes cailloux sur l'autre versant, je fais route  avec Agnès et Richard, un coureur de Tarbes à l'accent savoureux, on se décide à doubler un groupe de coureurs en file indienne, en faisant les cabris sur les rochers, et nous volià partis en chasse, à la chasse aux "clients à doubler", ça motive, et ça fait avancer.....plus on ira vite, moins de chemin on aura à faire dans le noir.......il y aura un vol plané sur un terrain moussu, une traversée de ruisseau ou rivière, des cailloux, des racines....... ils n'ont pas dû rigoler sur l'ultra, faudra que j'essaye un jour, une nuit dans la montagne....


La nuit tombe juste avant d'arriver à Merlans!  20h28, j'ai l'impression que c'est une grande fête au resto, musique, lumière, sauve qui peut !

Ils annoncent un brouillard très dense un peu plus loin, et ne laissent repartir qu'à trois coureurs au moins....

 Le goretex, la frontale, et je repars derrière 3 coureurs, j'ai l'impression de rentrer à la maison,, revoilà le col de Portet, ça se corse avec le brouillard très dense, les frontales anti brouillard, une idée?

Mince, plus de balise, on patauge dans de la bouse de vache, près d'un enclos......on cherche plus bas, "non, y'a rien, ça descend sec, un ravin?", retour en arrière, à la recherche d'une balise, "bon, on va dans quel sens? "
Un sentier retrouvé, monotrace, des pierres glissantes, un champ fleuri , tiens des vaches......impassiblement, elles broutent.....ça dort jamais les vaches?

En bas du champ, un attroupement, des barbelés à franchir, ni une ni deux je saute et file ventre à terre, suivie d'Agnès, j'ai bien entendu :"Monique, c'est Jean François"
tiens, Jean François.........c'est sûrement un vacancier du centre de vacances, venu donner un coup de main aux bénévoles, je lance un "salut !"

Plus très lucide, c'était l'Agneau, mais je ne connaissais que son peudo....Il a tenu la barrière pour tout un groupe de coureurs......lui qui termine son ultra ! Tiens, encore merci , une photo avec ton pote l'ourson...

 


Descente à fond de train avec Agnès, on se retrouve seules devant au bout d'un moment, on traverse Soullans, un peu de route, les lumières de la vallée clignotent plus bas, on est en dessous du nuage, il fait presque chaud,

 Je suis sur un petit nuage, la descente est longue mais facile, et le voilà enfin, le dernier kilomètre, sur la petite route qui mène à Vielle Aure, trois coureurs me doublent à bonne allure, mais je préfère rester seule pour terminer, pour savourer pleinement les derniers 100 mètres, le mur du trail ce sera pour un autre jour,.......


J'entends les onze coups au clocher de l'église, les clarines de vaches agitées par des supporters, et voilà l'arrivée: 23h05, je boucle en 18h04, ravie ! j'ai soifffff....vite deux bières !....(ils en avaient mis au frais...)

Un parcours magnifique, à faire et refaire !...
deuxième moitié plus rapide que la première, mais moins de dénivelé, et plus de confiance..

Une organisation impeccable, des bénévoles au top, des ravitaillements copieux et variés....

l'ultra, oserai-je? 

suite en 2011

3 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 11-10-2010 à 12:31:00

Également content d'avoir tracé un bout à tes côtés et surtout un grand bravo pour ton chrono (même si l'essentiel n'était pas là) qui force le respect, surtout après ta "petite balade" dans le massif de l'Oisans.

Commentaire de Land Kikour posté le 11-10-2010 à 17:38:00

Bravo et merci Monique pour cette "balade" Pyrénéenne que l'on peut vivre fidèlement grâce à ton très chouette récit et ses photos qui donnent vraiment envies d'y aller !!!

Commentaire de LutetienND posté le 12-10-2010 à 00:57:00

Chaque CR est différent, mais il y a toujours des sensations à partager... et à revivre quand on relis tout ça.

Si j'ai bien compté dans ton CR, il y a eu -au moins- 2 cabrioles sur ton parcours, mais ça ne t'a pas arrêtée.

A+, qui sait en 2011

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