Récit de la course : Trail Cenis Tour - 66 km 2010, par Duvi

L'auteur : Duvi

La course : Trail Cenis Tour - 66 km

Date : 1/8/2010

Lieu : Lanslebourg Val-Cenis (Savoie)

Affichage : 1528 vues

Distance : 66km

Objectif : Pas d'objectif

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Trail Cenis Tour 2010

Dimanche 1 août, me voici à nouveau sur une ligne de départ pour aller m'éclater les mollets au lieu d'aller sagement fêter notre fête nationale (je suis le seul représentant suisse de la course ... faudrait faire un classement par pays, du coup je serais sûr de monter sur la 1ère marche). Comme quoi, l'appel du dénivelé et des km est plus fort que mon patriotisme, mais no worries, je chérit tous les jours ma nation natale.

Brif bref, comme d'hab, je me pointe la veille dans le village le plus proche (Lanslevillard, cette fois). Je débarque au village à 18h, après une journée tranquille. J’avais décidé de ne rien faire le samedi ...  c-à-d une journée de perdue alors qu'il fait super beau ... ça ne me ressemble pas vraiment tout ça ... j'vais aller voir un toubib quand je reviens, je dois couver qqch. J'arrive donc à l'hôtel, et que vois-je à côté du desk, un prospectus vantant les vias ferrata du coin. Oups, caramba, je n’ai pas pensé à prendre mon matos de via, quel nul ! Bon pas grave, j'ai décidé de rien faire, je vais donc aller me poser sur une terrasse avec un bon bouquin. Je ressort de l'hôtel, et paf je tombe nez à nez avec l'office du tourisme ! Caramba, je vais quand même aller leur demander où se trouve la via la plus proche. C'est à 5min d'ici me dit la gentille demoiselle de l'accueil, accès directe depuis le parking ! Bon, allez, la piqure à fait son effet, je fonce chez les "Techniciens du sport" louer le matos, et départ. La via est effectivement toute proche, par contre l'approche est mal indiquée. Je ne sais pas s'il faut aller à droite ou à gauche, et je tourne en rond un moment alors que la via est 100m devant moi ! C’est une habitude de la région je suppose, car demain, je me poserais souvent la question sur l’itinéraire à suivre. Je fini quand même par trouver le début (j'ai failli sortir le GPS), et j'attaque. C'était une via rapide d'accès et rapide à faire ! 25 min plus tard (sur 1h30 annoncé) me revoici au parking. Une affaire rondement menée qui me permet d'avoir la conscience tranquille et d'annuler le RDV du lundi matin chez le médecin.

3h45, diane debout (je l'aime bien ce début de paragraphe que l'on retrouve à peu près dans tous mes récits). Je m'habille, mange, bois et départ pour l'église où un car viens nous prendre pour nous amener au départ, au pied du barrage du lac de Mont-Cenis. Nous arrivons dans un haut lieu du désastre architecturale des années 60. Deux grands bâtiments plus ou moins désaffectés, car plus personne ne veut aller là bas. Nous montons en haut de l'un des 2 (le plus en ruine), où une grande pièce (devant servir de discothèque de temps en temps) nous permettra de rester au chaud jusqu'au départ.

Il est 6h, nous sommes 66 coureur(es) pour 66km, même pas fait exprès, c'est peut-être un relais de 1km par personne ? Pan, et c'est parti. D'entrée je me fais allumer par les 3/4 des coureurs car le chemin monte en pente douce, et je n'aime pas courir quand ça monte. Je me fait quand même un peu prendre au jeu, mais j'évite d'aller trop vite et je me fais vite submerger. 20 min plus tard, il n’y a déjà presque plus personne qui court. Je suis déjà en attaque "marche rapide" et j'avale du dénivelé important d'entrée (~1000m). Au milieu de la montée, je commence à grignoter les coureurs et une jolie coureuse, qui finira 1ère féminine, bravo Mme ! Il n’y en a pas assez (des nanas donc) dans les trails, snif …. le trail pour draguer, c’est pas top ! Le paysage est idyllique, on passe sur un terrain laminé par un ancien glacier qui a fait place maintenant à de beaux torrents et quelques petits lacs ou gouilles. J'entame la descente sur une large piste fort agréable et les kms fusent. Puis de la piste on alterne avec de jolies sentes qui coupent les lacets de la piste que l'on reprend par moment ou que l'on ne fait que de traverser. Déjà se pose quelques problèmes de balisage, pas toujours facile de savoir s'il faut prendre un sentier ou rester sur la piste. Je dépasse encore quelques coureurs et j'arrive à l'ancien fort de "Varicelle" (il a du donner des boutons à un personnage important) qui surplombe le barrage du lac de Mont-Cenis. Un barrage de type "poids", style digue en cailloux et légèrement courbé, permet de passer sur l'autre rive du lac.

Encore 1 km et c'est le ravito CP1. Une petite tente se dresse au loin, ça ressemble à un poste de contrôle, et ça ne devrait pas être le poste de ravitaillement car celui-ci est théoriquement plus loin, au fort de Ronce (qui s'y frotte s'y pique !). Eh bin non, c'est bien le ravito, car celui-ci ne pouvait être monté au fort en raison d'une piste carrossable difficilement praticable. Pas de problèmes quand à l'emplacement, par contre au niveau du contenu, c'est carrément la panique ! Soit je suis dernier et tous les concurrents ont déjà tout dévoré, soit ils se sont fait attaquer par une troupe sub-saharienne qui les ont dévalisé, soit c'est la récession (punaise, la "crise" à même rattrapé le trail). Au menu 2 ou 3 bananes (ouf), des chips (super) et un cake au beurre (géniale). A boire, ce sera de l'eau messieurs ! Je remplis la poche à eau en même temps que je demande mon classement. Je pense être dans les 30e environ, car je me suis fait beaucoup dépasser au début et je n'ai redoublé qu'une quinzaine de coureurs environ. On me dit que je suis 9e ..... QUOI !!! C'est incroyable je lui rétorque. Mmmm, intéressant, je n'ai jamais fini une course dans les 10 premiers (bon, faut relativiser car nous ne sommes que 66), mais quand même. Du coup je m'active d'autant plus qu'il y a 3 traileurs (1 du coin et 2 italiens) qui me rejoignent. Aie, je me situe entre la 9e et la 12e place. A partir de ce moment, je vais me la jouer "à la gagne". Chose que je n'ai jamais fait jusqu'à présent. Faut dire que jusque ici, mon objectif était simplement de finir sans être trop détruit à la fin .... et me faire un 66km en mode "compétition", c'est un cran au-dessus.

Nous repartons tous les 4 du stand, en direction du fort de Ronce où nous accueillent quelques vaches qui nous barrent le passage. Une fois passé, nous suivons une piste qui redescend sur le lac mais qu'il faut laisser assez rapidement pour couper au travers d'un pâturage. Heureusement que mon compagnon de route, Laurent (dossard No 3), qui est du coin, est déjà passé par là l'année passée et a vu qu'il fallait bifurquer. Mais il est où le balisage ??????? Ouaip, je me dis qu'il risque d'y avoir pas mal de traileurs qui suivront la piste pour aller se rafraîchir dans le lac.
On attaque la montée du col du Lou, perché 3000m au dessus du niveau de la mer ! Un joli pierrier que je fait en compagnie de Laurent qui me parle de l'histoire des forts militaires du XIXe siècle et qui ont été construits pour défendre le duché de Savoie. Les 2 italiens s’attendent mutuellement, du coup ils sont vite largués. On passe également un coureur qui est cuit (normal, c'est son premier trail, donc manque d'expérience manifeste .... ) et on débouche au col où un bénévole nous distribue des Haribos (sympa, mais si c'est pour donner de l'énergie ..... ). J'adore ces pierriers, à la montée comme à la descente ... et là, à la descente je m'éclate. Laurent, que je n'aurai pas réussi à dépasser à la montée (ce qui est rare, car c'est mon point fort), me prend encore un peu d'avance car je fais une pause pipi. Par contre je me lâche complètement dans le pierrier et à chaque pas, j'ai l'impression que la montagne descend avec moi. Je m'enfonce comme dans la neige et je m'amuse comme un petit fou. Du coup je dépasse Laurent et prend un peu de distance ....mais pas longtemps. Il a du croire qu'il m'avait semé, et du coup reprend du poil de la bête. Donc peu de temps après, je réentends des cliquetis de bâtons derrière moi, caramba c'est pas gagné. Finalement nous restons ensemble encore un bout de temps (3h en tout, un record absolu), ce qui s'avère fort utile pour s'aider à trouver le balisage qui nous mène au 2e ravito CP2, situé à deux pas du lac, au col du Mont Cenis. Effectivement, les rubalises doivent être aussi cher que le chocolat et le pain d'épice, car il est presque inexistant. En cas de brouillard, le Trail Cenis Tour aurait fait la Une des journaux avec comme titre "Des traileurs se perdent dans le froid de la Maurienne". Ouaip, on n’est pas trop de deux pour dénicher les marques, une vraie course d'orientation. Finalement on ne se perd pas et on débarque au CP2. Là un traileur est HS, une place de gagnée ! Nous voici respectivement à la 7e et 8e place. Le ravito est mieux achalandé, il y a des morceaux de saucissons suintant sous le soleil ardent et des Tucs en plus des traditionnels chips, ouaouuuuuuuu, je m'en relèverais la nuit !!! Bon cette fois, il y a du coca, c'est déjà ça.

Et c'est reparti mon kiki, le soleil commence à bien taper et la montée me fait bien dégouliner de sueur ! D’ailleurs, je suis pris d’une douleur surprenante dans les yeux, la sueur à fait son apparition au sein de mes pupilles, ce qui m’empêche quelques secondes de pouvoir voir où je vais. La sueur est suave ! C'est à ce moment là que j'arrive enfin à prendre de la distance sur mon binôme, YES ! Il faut dire que ça monte et qu'il fait chaud, 2 situations où je me sens bien à l'aise. La montée débouche assez vite au fort de la Turra et je me dis que ce ne doit pas être la fin car je doute d'avoir grimpé 600m D+. Effectivement je laisse le sentier pour une large piste carrossable qui me conduira au pas de la Bescia. Piste un peu monotone, surtout que c'est déjà la 2e qu'on se tape dans cette course ... et ce n'est pas la dernière ! Heureusement l'approche avant le "pas" se fait à nouveau par un joli sentier, sur lequel je passe 2 traileurs .... eh eh me voici à la 5e place ! Non d'une pipe, si j'ai 2 gaillards qui lâchent devant moi, je pourrais me retrouver sur un podium .... inimaginable. Du coup, cela me donne du poil de la bête, surtout qu'il reste encore ... 27 km et une grosse montée. Il peut encore se passer bien des choses, à mon avantage comme à mon désavantage. Je déferle en bas du col par une jolie sente bien raide et sinueuse. Je passe auprès d'un photographe professionnel, et j'en profite pour lui demander depuis combien de temps est passé mon prédécesseur. Aie, mauvaise nouvelle, il me dit au moins 15min, une sacré avance, bougre ! Je termine la descente et me fait aiguiller par une bénévole sur le prochain col. Là, je rejoins les coureurs des autres parcours, du coup, plus possible de savoir si je vais rattraper la tête de la course. Bon, je comprends que les coureurs du 66km n'ont pas la même numérotation que les autres courses. C'est sympa, on se félicite mutuellement entre traileurs lorsqu'on se croise, je sympathise avec 1 ou 2 italiens (il y a en beaucoup). Mais la montée s'avère très longue, car c'est un faut plat sur une 3e piste très "boring" et interminable. Piste qu'on ne lâchera plus jusqu'à l'arrivée. Le dénivelé n'avance plus et le coup de pompe lui avance à grand pas. C'est avec le morale dans les chaussettes que je passe le col de Sollière. Il faut dire que je suis bien fatigué car je me donne beaucoup plus qu'en temps normal.... je ne veux pas me faire bouffer une place.

Le col passé, j'aperçois au loin le ravito CP3, au bout d'une interminable piste sur un versant de la montagne. C'est un peu lassant, mais au moins les km défilent et la descente n'est pas traumatisante. CP3, last round, une sympathique demoiselle et un sympathique monsieur sont à mes soins. Je leurs demande s'il n'ont pas du pain et du chocolat .... j'ai tout d'abord une réponse négative, puis mon accent suisse à du faire son effet car la Mlle va me chercher le chocolat du patron (sans lui demander), qu'elle me donne avec plaisir ... avec toutefois la promesse que je lui en enverrai du vrai (c-à-d du suisse). Merci en tout cas au monsieur qui a du se sacrifier malgré lui. La Mlle me réconforte sur la distance restante et me dit qu'il ne reste plus que 9km. Zarbi, le topo en indique au moins 16km.... mmmh, par expérience je vais faire confiance au topo plutôt qu’à la jeune fille ..... et j'ai bien fait.

Départ pour la looooooooooooooooooooooongue descente sur Lanslebourg. Une interminaaaaaaaaable piste carrossable qui descend en serpentant entre les pistes de ski, remontes pentes et qui s'évanoui dans la forêt. Bref, c'est long, mais facile car il suffit de courir sans trop faire travailler les cuisses. Du coup les km défilent et la vitesse doit être dans les 12km/h, c'est pô mal après tout ce temps. Peu avant Lanslebourg, un bénévole m'indique qu'il reste 2km (en fait, il en reste au moins le double). C'est fini ??? Noooooon ! Non, car à la sortie de la forêt, la piste débouche sur une route, faut-il aller à droite ou à gauche ? Pas le moindre balisage, je fouille, monte à droite, finalement je descend au pif à gauche (ouf, le bon choix). Les oreilles de l'organisateur doivent siffler en ce moment. C'est un peu fâché que j'entame la mortelle étape qui va encore m'amener à Lanslevillard. Je longe le torrent et les bas quartiers de Lanslebourg avec un vent de face tonitruent. Au col du Lou à 3000m pas une brise, 1700m plus bas dans la vallée c'est la tempête ! Allez comprendre quelque chose. A l'entrée de Lanslevillard, un bénévole m'indique le chemin à suivre, mais surtout m'induis en erreur et je doute sur l'itinéraire  .... à 500m de l'arrivée. Bref, un peu chaotique que tout ça. Mais je m'en sort, et je reconnais les derniers mètres qui me conduisent à l'église où se trouve l'arrivée toute proche. Très content de mon classement, j'avais déjà préparé dans la tête un petit discours pensant être interviewé par le speaker. En fait je passerai la ligne d'arrivée, dans le plus grand anonymat car le speaker est en train d'animer le podium des autres distances. Brif bref, ce n'est pas en faisant du trail que l'on devient riche et célèbre. L'accueil est fort sympathique et on est bien pris en charge avec une bonne petite tartiflette pour me requinquer. Pas le temps de me mettre à table que Laurent passe la ligne d'arrivée à la 6e place, seulement 8min après moi. Tonnerre, il n'était pas loin.
Je suis hyper content de mon classement,  5e en 8h49. Bel perf mon cher ami.
Selon mon expérience, on a du faire bien plus de D+ qu’annoncé, je soupçonne bien un 3600m D+ au moins et les GPS ont aussi donné leurs verdicts en indiquant une course plus longue que 66km !
Une course très belle, dans un décors enchanteur, mais avec trop de pistes 4x4, un balisage et des ravitos (contenu) à revoir.

Cédric Delavy

Aucun commentaire

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran