Récit de la course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise 2010, par manu3842

L'auteur : manu3842

La course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise

Date : 4/7/2010

Lieu : Pralognan La Vanoise (Savoie)

Affichage : 893 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Course au dessus des montagnes ...

Le TGV : je connaissais déjà pour avoir participé à l'édition 2008 qui malheureusement à cause des forts orages avait vu la course emprunter le parcours de repli de 48 km ...

2010 : objectif majeur de l'été l'Ultra Trail des Pyrénées donc en préparation je suis à la recherche d'un trail de 70 km pour une durée de course autour de 12 heures et qui correspond à un Week-end choc !!!

Inscription avec Yohan du club participant à l'ultra des Pyrénées et Xavier autre viennois embarqué sur l'UTMB ...

L'avant course : après une grosse défaillance au Pilatrail, due en grande partie à la chaleur et à une mauvaise hydratation et des crampes comme je n'en avais jamais eu, j'ai coupé la course à pied pendant 3 semaines. Au programme 2 semaines de vacances en Corse et le mythique GR20 partie Nord. Je reprendla course une semaine avant le TGV + 2 autres sorties dans la semaine qui se passent très bien avec de l'envie ...

Objectif : prendre du plaisir, finir dans de bonnes conditions sans me mettre dans le rouge, ne pas se tromper d'objectif donc pas de chrono en tête : c'est la course qui décidera.

Arrivée avec Yohan et sa petite famille à Pralo le vendredi soir, nous mettons à profit la journée de samedi pour faire une petite rando le matin avant de nous immerger dans la course avec le retrait des dossards . Nous retrouvons Xavier avec son boss et une amie venus en découdre eux aussi (nous nous étions vu à Tullins). Je retrouve aussi Gilles et Cathy avec qui je traîne mes guêtres dans les monts du Lyonnais.

Xavier est à la recherche d'un bar pour voir le quart de finale de l'Espagne .

Pour nous c'est repas au camping puis préparation du sac et couchage rapide pour une nuit courte.

Lever à 3h15, p'tit déj très copieux au camping avant de nous rendre au départ de la course. Il fait beau ce qui est une bonne nouvelle ... après l'orage de vendredi et la pluie de samedi ... mais la pluie est annoncée pour le milieu d'après midi donc si on ne veut pas se mouiller !!! Hésitation sur le vêtement à mettre dans le sac : Gore-Tex ou veste 3en1 utilisée à l'UTMB, finalement ce sera Gore-Tex plus légère.

Pas de pression particulière avant le départ mais nous décidons de partir ensemble avec Xavier : je le préviens je gère mon début de course ... Il a fait le TGV en 2009 mais a eu du mal à finir. Il m'annonce qu'on peut viser 10h30 !!!! Je lui répète que le chrono n'a pas d'importance pour moi, on verra au fur et à mesure, ne sachant pas très bien où j'en suis même si je pense retirer des effets bénéfiques du GR20 (1 semaine aux alentours de 2000 m)

5h00 : le départ est donné, nous sommes bien calé dans le milieu du peloton pour attaquer de suite la montée au Col de la Vanoise. Ca bouchonne ce qui n'est pas pour me déplaire car ça nous freine. Nous profitons quand même des moindres espaces libres pour doubler quelques concurrents ou des très légers faux plats montants pour courir un peu. Je reçois alors un message d'encouragement de P. Delachenal (directeur de course) qui me lance un "Manu je sens que tu montes en puissance" au bout de seulement 3 km ... Nous avons couru plusieurs fois ensemble sur Vienne et notamment une traversée OFF du Pilat en 2009. On ne va quand même pas s'énerver pour autant ... Nouscontinuons notre progression régulière avec Xavier et reprenons Yohan juste devant nous qui prend notre foulée jusqu'au Col. Le spectacle est grandiose avec la traversée du lac des Vaches au moment où le soleilfait son apparition ... Quelles couleurs !!!

Arrivée au refuge tous les 3 au bout de  1h20 environ : Xavier nous annonce que nous sommes dans les temps. Nous prenons le temps de nous ravitailler dans ce décor féérique. Nous repartons pour le second tronçon : Yohan préférant gérer sa course seul nous laisse partir, Xavier a la pêche et mène un bon train, je ne le suis pas forcément, j'ai décidé de me mettre en mode course ultra c'est à dire je trouve ma vitesse que j'utilise chaque fois que je cours (parties planes, descentes, légers faux plats montants). Du coup nous faisons l'accordéon avec Xavieren fonction du peloton de coureurs mais globalement nous gardons une bonne vitesse sur ce tracé en balcon qui domine la vallée de Termignon. Les langues glaciaires nous toisent de toute leur hauteur : c'est que du bonheur. Franchissement de névé, de pierrier, de rivières qui me semblent bien dérisoires après ce que nous avons connu sur le GR20. Ce n'est vraiment pas un problème pour moi surtout avec un sac à dos aussi léger. Je sens que les sensations du jour sont très bonnes. Mais bon la course ne fait que commencer, il ne faut pas s'enflammer.

Nous revenons sur les 2 premières féminines : c'est un signe qu'on est bien car en général elles sont très bien classées sur des trails de ce type.

Le refuge de l'Arpont est en vue que nous atteignons après 3h10 de course. Ravitaillement conséquent : il faut reprendre des forces. Nous sommes sur une allure de 7 km/h depuis le début. Je suggère à Xavier de continuer sur ce rythme le plus longtemps possible sans chercher à accélérer .

Nous repartons sur une belle descente avec chemin en balcon : au gré des dépassements Xavier creuse le trou, peu importe je me retrouve avec un bisonton. Nous échangeons sur la Diagonale des Fous puis sur l'UTMB qu'il va faire. Je lui donne quelques conseils qui me semblent importants "Il faut arriver super bien à Courmayeur sans avoir taper dedans" "Biens'arrêter aux ravitaillements et prendre son temps". Au bout d'un moment les 2 féminines nous ont rejoint : aurions nous faibli ? Je ne vois plus Xavier devant. Je souhaite bonne route à mon compagnon et reprend ma foulée pour au final rattrappaer Xavier dans une partie ascendante. En général je suis devant lui dès que ça monte, par contre il envoie sur les parties plus roulantes et surtout les descentes. Il me fait signe de passer et de continuer seul car il a un léger coup de moins bien. Je n'en vois pas l'intérêt et je reste avec lui, imprimant un tempo régulier comme il devra le faire à l'UTMB. Je lui rappelle quelques grands principes pour l'Ultra : conserver une allure régulière, courir en souplesse, profiter de l'instant ... Et finalement on n'est pas bien dans la Vanoise ??

Le refuge de Plan Sec est en vue au bout de 5h00 de course et toujours nos 7km/h. On nous annonce dans les 40 ... Xavier est euphorique ("Ce serait bien de conserver cette place"). Pour moi jelui dis que surtout il faut qu'on conserve notre allure le plus longtemps possible, on est sur un rythme où on rattrappe du monde parti trop vite, si on continue on devrait récupérer encore quelques concurrents

Après un bon ravito on voit le trajet qui nous attend : descente en direction du barrage, remontée au col Barbier (petite appréhension sur cette montée qui serait difficile) puis descente difficile au pied du refuge de l'Orgère ... On ne va pas s'enflammer ...

On se sent de plus en plus seul avec Xavier mais de temps en temps nous retrouvons un coureur ... et tout le temps nous croisons ou doublons des randonneurs auxquels nous adressons quelques encouragements, remerciements ou explications sur la course : ils nous prennent pour des extra-terrestres parfois ... Mais ceci a l'avantage de nous projeter toujours plus loin sur la course sans avoir l'impression d'avoir déjà fait tout ce parcours.  L'ascension du col peut commencer : Xavier me répète à nouveau que je peux continuer sans lui ... Pas question car l'arrivée est encore loin ... La course commence maintenant ...

L'ascension se passe plutôt très bien puis c'est le passage au milieu des troupeaux (avec une attention à porter aux Patous ) puis passage devant de magnifiques maisons (ou bergeries) en pierre. Les paysages sont vraiment de toute beauté. Si le parcours nous en met plein les jambes les paysages nous en font voir plein les yeux. Tous les sens sont en éveil : on en oublierait presque la course ... que du bonheur ...

Où en suis-je ? Ah oui nous arrivons au début de la descente pas si technique que ça  même si un manque d'attention de ma part a failli m'envoyer en contrebas : j'ai vraiment frôler la catastrophe. Il faut redoubler de vigilance car la fatigue arrive.

En bas de la descente, un bon raidillon pour le bonheur des mollets ... aïe, aïe, aïe ... puis nous débouchons dans la prairie au pied du refuge.

Le refuge de  l'Orgère est atteint après 7h10 de course à la vitesse constante de 7 km/h. Les bénévoles sont à nos petits soins entre conseils avisés, remplissage des camelbacks ... quelle organisation et on sent que ces personnes connaissent la course et la montagne. Après une dizaine de minutes d'arrêt nous repartons pour la quête de notre Graal : la montée au Col de Chavières (Xavier m'en parle depuis le début de la course). Il a prévu 2h00 pour gravir les 1000 m de D+. Ca me semble bien ... Nous attaquons cette montée piano au milieu des alpages, dans une pente très raide avec la chaleur en prime ... Toutes les conditions sont réunies pour durcir la course.

Pour moi les sensations sont toujours très bonnes et à la faveur d'un dépassement d'un concurrent je creuse un léger écart avec Xavier. Du coup poursuivant mon ascension sur ce même rythme, je le distance, lui préférant gérer sa montée (mauvais souvenir de 2009) et m'ayant redit de faire l'ascension à mon rythme au tout début. Je pense au pronostic de Xavier (10h30) : je pense à ce moment que c'est jouable, je vais tenter le coup, eu moins pour lui, pour ne pas avoir fait tout ça ensemble pour rien ... au cas où il aurait une grosse défaillance. J'aperçois devant moi des concurrenst puis les fameux névés sous le col : ce n'est pas un problème, les jambes sont bonnes et en 1h25 j'atteins le sommet. Pas de temps à perdre car la température a nettement chuté dans l'ascension. Je me lance dans la descente en garnde partie sur la neige. Je me dis que Xavier peut me rattrapper dans la descente grace à ses qualités de descendeur. J'ai cru l'apercevoir une des rares fois où je me suis retourné dans la montée (je ne me retourne jamais sur une course car seul ce qui est devant m'intéresse). Pas de risque dnas les névés : 2 coureurs me doublent. Je sens quand même un léger coup de moins bien mais le dernier ravito est bientôt là.

Arrivée au refuge de Peclet Polset après 9h00 de course à la vitesse de 7km/h !!!  Accueil triomphale avec tous les applaudissements et des bénévoles très dévoués. Je suis tellement bien ici que je resterai bien un moement de plus mais il faut y aller après une bonne soupe et un gros ravitaillement car maintenant il va falloir courir. Les prévisions météo ne sont pas bonnes pour ceux qui vont arriver au col plus tard. Personne devant moi et personne derrière : je repars en saluant toute l'assemblée pour une longue descente roulante. Je prend une vitesse de croisière qui me permet de rattrapper encore 5 concurrents avant Pralo. J'encourage chacun d'eux à prendre la foulée ... nous faisons un bon bout de chemin avec un coureur mais les petites bosses ont raison de lui et il me laisse partir. Puis c'est le camping : je croise une dame avec  le T-shirt du marathon d'Annecy 2010 (un petit mot car je l'ai fait aussi : on se reverra dans les rues de Pralo peu après l'arrivée pour échanger nos impressions sur le marathon et sur la course du jour : sympa ...). Plus qu'un km et c'est la chute dans un chemin presque plat : manque d'attention encore une fois.

Un concurrent m'attend pour finir ensemble (il a chuté dès le début et a couru avec  de grosses douleurs aux côtes, mais il finit alors bravo à lui : il avait terminé 4ème en 2009 !!!).

Nous terminons ensemble en 10h16 : avec un petit mot sympa de P. Delachenal qui me reconnait ... Xavier arrive 5 minutes plus tard comme une balle et fou de joie pour être passé sous les 10h30. Il avait raison le bougre : c'était réalisable. Yohan terminera un peu plus loin en 11h45 mais dans un bon état de fraîcheur.

Gilles arrivera en un peu moins de 12h00 lui aussi : quel V2.

 

Bilan : de superbes sensations (merci la Corse et le GR20), la coupure ça a du bon, prévoir quelques rando avant les Pyrénées, mais surtout de la fraîcheur. La tactique de course est la bonne : il faut trouver sa vitesse du jour et la tenir le plus longtemps possible dans les parties où on peut courir.

Bonne gestion des ravitos : je me suis bien alimenté sur les ravitos ainsi qu'entre les ravitos (une barre au bout de 1h00), pas de problème de déshydratation.

Pas de blessure et une bonne récup même si le lundi matin au boulot à 6h00, j'étais complètement défait (pas d'énergie). J'avais quand même retrouvé la pêche pôur fêter l'anniversaire de Floriane38 dont j'attend toujours le premier CR d'une de ses courses : alors pour bientôt (Courir pour des pommes, la SaintéLyon en solo ...)

Un peu de vélo, 10 jours de récup avant de rattaquer la course.

Courir dans des paysages grandioses me fait avancer deux fois plus vite : le bonheur est au bout du chemin, de tous les chemins ...

Un grand merci à l'organisation et aux bénévoles qui sont formidables par leur dévouement, leur amabilité ... On n'a qu'une envie : revenir.  Et aussi aux randonneurs avec qui nous avons partagé le sentier et cette belle  journée... et aussi aux marmottes, bouquetins, vaches et moutons qui ont partagé leur espace de liberté !!!!!!!!!!!!!!!

 

A bientôt pour de nouvelles aventures .........

 

 

5 commentaires

Commentaire de xavierfont posté le 16-07-2010 à 09:06:00

Très beau CR Manu plein de modestie!!!

Xavier sc12/14

Commentaire de picos de europa posté le 16-07-2010 à 09:29:00

J'ai trouvé ton récit très sympa, la course semble facile à te lire, c'est plein de lucidité et d'humanité. Vraiment bravo pour cette course super bien gérée et du coup un temps à l'arrivée très enviable.Bon GRP

Commentaire de fulgurex posté le 16-07-2010 à 13:56:00

Félicitations! l'Ultra Trail des Pyrénées s'annonce bien.
Et quelle maitrise de ta Vitesse Grande Endurance (voir post): 7 km/h d'un bout à l'autre! Impressionnant.

Commentaire de laulau posté le 16-07-2010 à 14:40:00

Bravo manu pour ta course et ce temps,cette super gestion de course et du rythme, on sent l'expérience...et l'amour de la montagne.
Bien beau récit

Commentaire de helmut posté le 20-07-2010 à 09:21:00

Magnifique, je suis encore dedans quand je lis ton CR. Pour moi 15 h 02 avec le mauvais temps à Chaviére, mais que de bonheur d'avoir terminé ce gros dossier. J' étais aussi sur Annecy Marathon cette année. Félicitations pour ton temps, j'é spère pouvoir mettre - de 13 h un jour.... Olivier

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