Récit de la course : Merrell Oxygen Challenge - 70 km 2010, par TOM TOM

L'auteur : TOM TOM

La course : Merrell Oxygen Challenge - 70 km

Date : 15/5/2010

Lieu : Le Lioran (Cantal)

Affichage : 1658 vues

Distance : 70km

Objectif : Se défoncer

2 commentaires

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Le récit

  

 

 

                        Les courbatures sont bien parties, le beau temps est revenu et les températures sont estivales, même dans le nord. Je peux donc me mettre à la rédaction du CR de l'Oxygen Challenge, trail qui me faisait envie depuis les articles parus l'an passé. 

            La première question était de savoir si je m'inscris aux séries ou juste au trail... Les copains Z-trailerz étant en grande partie sur les 100km de Chavagnes, le risque de se retrouver seul pendant 4 jours dans le Cantal était grand. Partir en famille était également possible, mais les animations pour des petits bouts de 1 et 3 ans sont tout de même réduites au Lioran surtout avec la météo qu'il va faire. De plus 70km serait déjà mon record de distance et  mes trois entraînements par semaine pour 30 à 60km ne m'incitent pas à tenter la passe de trois pourtant très tentante. Une autre année avec  des Z...

                        Arrivée le vendredi midi pour voir l'arrivée VTT de Ben et Nico qui en terminent avec leur 53km. Ils sont couverts de boue... La température est de 3-4°, et la neige est tombée à peine plus haut que la station. L'organisation a donc décidé d'effectuer le parcours de repli. C'est toujours frustrant de se dire qu'on ne va pas faire la « grande » course, mais cela semble raisonnable. De plus, s'il n'emprunte plus les crêtes du Plomb du Cantal, du Puy Chavaroche ou autre Puy Mary, le parcours est quand même annoncé à 69km pour 3100m de D+. Ca reste donc un trail qui devrait tenir toutes ses promesses.

                        La ceinture double porte-bidons offerte avec le dossard est très sympa, plus que le banal T-shirt en coton, Camelbak plus fort que Merrel...

 

            Le lendemain : réveil à 3h40, petit déj, musique,déguisement en tenue de combat et à 4h40 je descends de ma tour d'ivoire pour me rendre au départ. Le froid est prenant. On a vraiment la sensation qu'il fait en dessous de zéro. Je me place pas loin de la première ligne et sert d'éclairagiste à un photographe qui prend Vincent Delebarre. Je lui propose de le suivre pour l'éclairer en cas d'autres photos ;)

(Traditionnelle pose du départ, l'air pas trop réveillé...)

 

De nombreux champions sont présents.  La bagarre va être rude devant !!

5h00, Carole Montillet donne le départ. Ca part effectivement assez vite et je laisse passer beaucoup de monde. Je manque de confiance et n'ose pas partir vite. Je veux gérer ma course pour arriver dans un bon état général. La distance me fait peur. Le serpentin des frontales est magnifique, tout comme les quelques névés qu'on devine dans le noir. La première montée n'est pas longue et c'est une descente assez technique de nuit qui démarre. L'appareil photo me presse la vessie et la vitesse est assez réduite, je veux éviter l'entorse si proche du départ.

                                                                       (Après le premier ravitaillement)

 

Vers 6h00, soit environ 7,5km parcourus, le jour se lève doucement et laisse apparaître les monts du Cantal dans la brume. J'en profite pour retirer une épaisseur et prendre quelques photos. On croise les premières cascades qui agrémenteront le parcours.

                                                           (La fameuse porte du Lion)

 

Le parcours est tantôt roulant sur la route, inévitable sur le parcours de repli, tantôt plus technique et humide... L'allure n'est pas folle, même si je commence à dépasser quelques concurrents. Nous traversons Thiézac où nous amorçons la montée vers la cascade du Faillitoux. J'y avais déjà fait une randonnée il y a quelques années, sous la pluie aussi...

            J'arrive au premier point de contrôle (environ 17km) en 2h02, soit environ à la 90e place (selon les résultats à l'arrivée). Les bénévoles nous accueillent chaleureusement, comme tout au long du parcours. MERCI à eux car le week-end a du être long et froid... Avec les conditions météo les points d'eau ont été remplacés par des ravitos solides. Il y a même des gels et de  la soupe qu'on peut prendre dans les éco gobelets repliables offerts. Sauf que la bombonne de gaz est gelée !!!

 

                                   (Cascade du Faillitoux en point de mire)

 

Je repars pour une vingtaine de kilomètres magnifiques. Le chemin est alors très boueux, heureusement le passage sous la splendide cascade, bien que très glissant, nous lave les chaussures.

                                   (Passage « humide » devant la cascade du Faillitoux)

 

Je commence à dépasser pas mal de monde, même s'ils reviennent lorsque je prends les nombreuses photos. Les sensations sont toujours bonnes.

 

 

Nous quittons le parcours commun avec le 45km et continuons la montée vers le « courpou sauvage »

(On continue quand même ?)

 

Le signaleur nous indique qu'il faut faire attention aux pierres glissantes un peu plus haut. Je ne sais pas combien de temps il est resté là, mais une nouvelle fois chapeau à tous les bénévoles sans qui ces courses ne seraient pas possible pour notre simple plaisir. Le chemin sur la crête est magnifique et on regrette qu'il soit dans les nuages. La neige est présente et on imagine les conditions 2 ou 300m pus haut sur les crêtes que nous aurions dû emprunter...

Descente vers le col d'Aisses, direction le col de Berganty puis vers Saint Cirgues-de-Jordane. L'arrêt pour s'alléger me fait du bien, mais je relaisse passer les concurrents doublés dans la dernière montée.

            (Vue sur le chemin parcouru par les crêtes après le col d'Aisses)

                       

(C'est gentil d'avoir mis un petit pont pour ne pas se mouiller les pieds !!)

                                   (Accueil souriant au ravitaillement de St-Cirgues)

 

Le ravitaillement de St Cirgues marque le passage de la mi-course, à peu prêt. C'est aussi un point chaussette. L'idée est sympa, mais courir avec ces chaussettes doit être synonyme de cloques assurées !!

Je passe à ce 2e pointage en 4h57, à la 65e place environ.

Nous entrons alors sur le sentier des gorges de la Jordanne, encore un passage magnifique

                                                           (Les gorges de la Jordanne)

                                                           (Les fameuses vaches Salers)

 

Les 15 kilomètres suivants seront plus monotones. Ce n'est pas que les sentiers alternants montées et descentes avec toujours les passages de gués, ne soient pas sympathiques, mais ils ont la fâcheuse tendance à se ressembler, surtout lors des passages sur la route. Les vues sur les crêtes nous font regretter de rester au fond de la vallée...

Je passe le pointage et le ravitaillement de Saint Julien de Jordanne à la 44e place en 6h21. Il n'y aura plus beaucoup de changement sur ce point. Thomas Lorblanchet a fini depuis 10 minutes !!!! Il vaut miex ne pas y penser...

                        (Quelques vues sympathiques tout de même dans la vallée de la Jordanne)

 

Puis sans avoir rien vu venir : le coup de pompe !! Pour les marathoniens on parle du mur du 30 ou 35e km, pour mon oxygen challenge  c'est le mur du 53!!! Bien sûr il arrive dans une montée sèche vers le grand tournant. Je pense pourtant m'être bien alimenté, les sensations étaient bonnes. Toujours est-il que je n'ai plus de jus et de grosses gouttes de sueur perlent du front. Je ralentis donc, prends un nouveau gel, bois. Le spectateur présent m'annonce le ravitaillement à 200m. Je me méfie de ces annonces de distance et essaye de gérer cette hypo au mieux. Heureusement il n'y avait pas beaucoup plus qu'annoncé.

Au ravitaillement du grand tournant je prends mon temps et les trailers dépassés me rejoignent. Les ravitaillement sont bien fournis en salé et sucré. Les Tucs, morceau de Cantal, saucisson, pain, pâtes de fruits, bananes, tout y passe... Je repars après 8h00 de « course »  du dernier pointage.

            Le téléphone sonne une fois, puis une deuxième fois. Je m'arrête pour changer de maillot car je suis gelé, ma suée ayant trempé la sous couche. J'en profite pour sortir le téléphone du sac. C'est ma chérie qui arrive enfin à me joindre et à prendre de mes nouvelles. Le coup de pompe est passé, je peux lui dire. Je pense qu'il reste environ 12km, soit moins de 2h00 au pire. Oscar crie « allez papa, allez papa », ça motive. En un peu meilleure condition que tout à l‘heure je reprends le chemin devant un paysage qui redevient somptueux.

(En montant vers le col de Rombière)

 De fait, je m'arrête de nouveau très souvent pour prendre des photos. Le vent est glacial et je ressors mon coupe vent. Sur les crêtes il doit en être de même, et plusieurs heures dans ces conditions aurait été dangereux pour nous le gros du peloton. La décision du repli était donc définitivement la meilleure.

Je discute avec un concurrent qui fait les séries et gère cette fin de parcours. Chapeau à tous ceux qui ont enchaîné ces trois jours.

                                   (Le fameux Puy Griou au pied duquel nous allons passer)

(Ca sourit moins  que tout à l'heure...)

 

Au col nous rejoignons la course du 45km. L'arrivée est proche : une descente, une « petite » montée...

                                                            (Le col de Rombière)

 

Nous passons sur des névés très glissants. J'en profite pour me prendre une gamelle sur le derrière. Heureusement que c'est sur de la neige.

 

                 

 

 

Le descente est technique et j'admire un concurrent qui me double à fond les ballons. Pourtant je ne suis pas mécontent de ma descente.

                                    (L'arrivée est au pied des montagnes en face)

Lorsque la pente est moins raide, je relance encore et reviens sur le descendeur fou. Un spectateur nous annonce 1km. Quelques minutes après nous passons le panneau.... : Arrivée 1km !!! Il s'agit de la dernière montée avant de basculer sur l'arrivée. J'alterne marche et course, ce que j'aurais peut être du faire plus souvent avant.

 

Voici enfin la station, le bruit du speaker, ça sent les écuries... Je filme cette arrivée, du moins je le pensais, je me suis trompé de bouton...

Je franchis donc la ligne en bon état général en 9h11 et des brouettes et à la 40e place. Mon GPS affiche 66km et 3300m de D+.  Ben et Nico viennent de terminer leur épreuve de VTT. On a donc le temps de boire une (ou deux) bières avant leur départ.

                 

(Podium du 66km féminin)

                                                           (Podium masculin)

 

            (Le plomb du Cantal et le village de l'oxygen challenge sous un des rares rayons de soleil)

 

Le bilan est globalement positif. J'ai pris un énorme plaisir à faire ce trail.

Bien sur je suis frustré d'avoir fait le parcours de repli et de ne pas avoir pu contempler  le Cantal du haut, mais je me répète, c'était la décision la plus sage. Le parcours était donc moins technique mais ne le sachant pas je me suis freiné au début. J'ai donc l'impression que j'aurais pu faire beaucoup mieux. Cependant j'ai quand même eu un sacré coup de pompe, même si j'ai pu le gérer...

D'un autre côté j'étais aussi venu pour faire un peu de tourisme et j'ai pris pas mal de temps à prendre des photos ou petits films.

L'organisation est parfaite et la présence des trois disciplines, les différents parcours proposés pour tous les niveaux rendent cette épreuve très conviviale. Enfin, merci à tous les bénévoles présents tout au long du week-end. Je reviendrai certainement pour faire le grand parcours, et/ou les séries...

 

2 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 01-06-2010 à 09:05:00

Bravo pour cette belle place au scratch, et merci pour les photos !

Commentaire de bluesboy posté le 01-06-2010 à 10:50:00

Bravo pour cette course finalement trés bien gérée ,j'ai vu un reportage sur Sport + qui montrait bien les conditions climatiques qui n'étaient pas des plus favorables

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