Récit de la course : 6666 Occitane 2010, par Arno_SMAG

L'auteur : Arno_SMAG

La course : 6666 Occitane

Date : 23/4/2010

Lieu : Vailhan (Hérault)

Affichage : 1478 vues

Distance : 118km

Objectif : Objectif majeur

8 commentaires

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Ballade en Occitanie

La 6666 occitane est un trail longue distance organisé pour la première fois dans le massif de Caroux (prononcé Carouxe) par Antoine Guillon et Pascal Llagone.
Au programme 115 km et 6500 m de dénivelé dans un univers assez minéral.
L’inscription est décidée fin 2009 avec deux potes : Jeff et Guitoune. Un truc un peu fou car il faudrait pouvoir faire 3 gros mois d’entraînement de janvier à fin mars, la course étant le 23 avril.

 

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La préparation (hivernale ...) :

Il a fallu être motivé … Beaucoup de mauvais temps, de la neige, du froid – je crois que je n’ai jamais autant couru dans la neige. Heureusement, que les compagnons d’entraînement étaient là pour trouver la motivation pour les sorties du midi ou du week-end (la palme reviendra au rassemblement grenoblois du Team Raidlight avec 1 mètre de neige fraîche par endroit !)

Le premier rayon de soleil fut le Trail des Calanques, avec le Team RL, sous le soleil et avec de très bonnes sensations dans la garrigue marseillaise et une superbe paëlla prise en terrasse après la course. La seconde éclaircie sera le Trail aux étoiles au Vigan, que du bonheur pendant 65 km avec une jolie fin de course. Pas évident quand les sensations à l’entraînement sont difficiles à cause des conditions météo … Ensuite je me suis accordé quelques jours de repos et puis j’ai pu enchaîner deux grosses semaines au niveau kilométrique fin mars juste avant de se ressourcer et de partir 5 jours en raid de ski de rando pour le week-end de pâques. 15 jours avant la course, je me rend dans le pays de Cyril C. au pied du Ventoux pour un rassemblement Team. Les sensations ne sont vraiment pas terribles mais je commence à être habitué, ça fait déjà quelques courses que c’est comme ça. La séance d’ostéo du mardi d’avant course me fera, d’ailleurs, un bien énorme : j’avais encore l’astragale de la cheville gauche bloqué et le dos en compote.

Bref, on se retrouve tous les trois chez Guitoune jeudi soir autour d’une (petite, course le lendemain oblige …) bière puis d’un bon plat de pâtes.
Après un voyage en voiture sans embûche, nous arrivons à Roquebrun et nous nous posons au bord de l’Orb. Les préparatifs sont vite faits, bien faits et nous rejoindrons le bus qui nous emmènera à Vailhan, lieu du départ.

17h30 : Vailhan, il pleut des cordes, nous récupérons dossard and co au pas de course avant de rejoindre la salle polyvalente pour être au sec. On est enfin dans l’ambiance !! On patientera jusqu’à 20h30 après un très bon repas préparé par le traiteur du coin.

La tactique est simple : surtout ne pas partir vite, ne pas partir vite et encore ne pas partir vite. Et après passer la nuit tranquillement avec Jeff jusqu’à mi-parcours à Colombières et après on avisera …

 

 

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La course :

21h00 : départ du bazar ! Ça part vite, j’ai l’impression d’être au départ d’un trail court. Et bien pour la peine, on marchera dans la première bosse avec Jeff. Le départ est roulant, ceci explique cela … Puis ça alterne de manière assez variée des pistes, des chemins, des slaloms géants en sous-bois à mi-chemin avec la CO. Bref on s’amuse bien ! Les descentes sont de type sanglier, et là je me dis bien que le Guitoune il va envoyer du gros sur la tête de course.
Après 1h30 de course, Jeff et moi prenons notre rythme de croisière, nous commençons à remonter quelques coureurs et nous arrivons assez vite à Faugères (2h17 de course), 1er ravitaillement après une vingtaine de kilomètres. L’ambiance est géniale dans la salle avec un groupe de jeunes musiciens qui jouent des morceaux qui envoient bien ! On repart du ravito ensemble pour la plus longue section de la course sans ravitaillement, c’est-à-dire 25 km. Autant dire que nous avons fait le plein d’eau.

Après un gros coup derrière les oreilles : une (très grosse) envie de dormir vers 1h00 du matin, je trouve cette portion assez agréable, ça alterne toujours entre des pistes roulantes et des singles plutôt techniques. C’est varié et du coup, ça passe vite. Dans la montée vers la Coquillade, je me sens de mieux en mieux et j’ai envie de relancer. Dans la descente je reprends Emilie Leconte (1ère femme au GRR 2009) qui est en panne d’eau depuis un bon moment, Jeff et moi lui en proposons alors. Le début de la descente est marrant, c’est super raide, plein de cailloux, ca glisse et la fin un peu moins cool, on rejoint une petite route qui doit descendre à 12 ou 15 % par endroit – ça tape dans les cuissots !! Finalement Lamalou pointe le bout de son nez. Il faut traverser la ville endormie pour rejoindre les thermes où se tient le second ravito (5h41 de course, km 46). L’ambiance est beaucoup plus calme qu’à Faugères, mais il fait une chaleur à crever dans la salle. Peu de temps après, Jeff arrive et on repart ensemble.

 

Je suis toujours bien et on attaque la suite tambour battant en entrant dans le massif du Caroux ! Les choses sérieuses commencent donc ici. Je ne vois pas passer les 600 mètres de dénivelé qui mènent à Modale, et j’attaque la descente tranquillement pour préserver les jambes. Je reprends encore quelques coureurs et j’arrive à la mi-course à Colombières relativement frais (8h06 de course, km 55). L’arrêt au stand sera finalement un peu trop long 20 minutes environ, je n’ai pas étais super efficace, on fera mieux la prochaine fois.
Je repars du ravito tout seul pour affronter la montée au Caroux, presque 900 m de dénivelé. Le début est bien difficile, je suis obligé de me ré alimenter en gel énergétique et fruits secs peu de temps après avoir quitté Colombières. La suite se passe beaucoup mieux et la fin de la montée sur le Caroux est superbe, le lever du soleil coïncide avec l’arrivée sur le plateau – on peut enfin ranger la frontale ! Je relance pas trop mal sur le plateau et j’attaque prudemment la descente, le fameux sentier des gardes. Je reviens sur pas mal de concurrents ce qui est plutôt rassurant car je n’ai pas l’impression de forcer en descente. Je double Pascal Blanc qui descend comme il peut avec un genou totalement bloqué. Sur le bas du sentier des gardes, il y a Christophe Bassons qui nous encourage chaleureusement, c’est bien sympa. Je rejoins ensuite Emilie (qui fait des arrêts express aux ravitos) juste avant la passerelle des soupirs. Une petite route nous mène à Mons, 4ème ravitaillement (74ème km, 10h55 de course).

Je fais un stop rapide à ce ravitaillement car je me sens plutôt bien. Je repars en compagnie de Yannick et nous faisons ensemble la première partie de la montée de Montahut. La fin est raide et je fais une première erreur en relançant sûrement un peu trop sur le haut. La descente est « mauvaise » sur le haut, presque du hors sentier sur une trace bien raide. La suite est plus calme mais il y a beaucoup de branches qui empêchent de bien se relâcher – il faut rester vigilant. Je rejoins Olargues en relative bonne forme (5ème ravito, 14h10 de course, km 89).

 

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Crédit photo Domi81 - passage au Montahut. 

Je fais une petite pause, je dois être dans les 15 à ce moment là. Je repars avec le premier duo et malgré des adducteurs de plus en plus tendus je peux relancer sans trop de dommages sur les longues pistes en faux plat moment. Ensuite, ça devient un peu plus raide et seconde erreur je fais un effort un trop violent à ce moment là de la course pour essayer de revenir sur un solo. Résultat je suis obligé de faire une pause juste sous le sommet et je repars avec le copain duo qui me pose bien comme il faut dans la descente suivante. Par manque de lucidité je loupe un balisage dans les vignes et je perds une dizaine de minutes … Bref j’arrive, j’arrive à Vieussan un peu usé (6ème et dernier ravito km 103, 16h39 de course). Une chaise m’attend à côté de la table de ravito et Antoine m’explique la fin du parcours qui s’annonce difficile à gérer, il y a beaucoup de relances dans les 10 derniers kilomètres.

Je repars du ravito avec Gidéon, nous attaquons la dernière grosse montée sur un rythme sympathique et à mi-pente je suis de plus en plus fatigué et je fais une pause. Dommage, physiquement j’aurais pu rester avec Gidéon, mais mentalement je n’y suis plus. La faute sûrement aux deux erreurs citées précédemment … Yannick me rejoint peu de temps avant le sommet. La suite est très dure, nous souffrons beaucoup sur les nombreuses relances en montée, cette partie est interminable et nous sommes soulagés quand nous voyons enfin le joli village de Roquebrun. Le dernière descente est bien sympathique sur une joli single. Nous franchissons la ligne d’arrivée en 13ème position et en 20h02 accueillis par Antoine et son équipe. Guitoune m’accueille aussi, il est en pleine forme, prêt à repartir, il a terminé 2ème après avoir mené le vie dure à Oscar Perez Lopez pendant les 80 premiers kilomètres. Jeff arrive en 23h00, après avoir eu quelques soucis intestinaux sur les 30 derniers kilomètres.

La fin de journée fut courte, le repas d’après course délicieux, la douche réparatrice et la nuit pas terrible à cause des douleurs musculaires.

Au final, une très bonne organisation, un parcours exigeant avec alternance de passage techniques, de parties roulantes, du raide, du faux-plat, du caillou, … Un grand Bravo à Antoine et Pascal et toute l’équipe de bénévoles.
Direction maintenant le Grand Raid des Pyrénées



le site de la course : http://6666occitane.fr

8 commentaires

Commentaire de sonicronan posté le 09-05-2010 à 20:49:00

Bravo ... Tu fais une superbe course et tes petites "erreurs" n'ont pas eu trop de conséquences. Belle perf !

Commentaire de Yannick74 posté le 09-05-2010 à 21:06:00

Superbe CR!

Ce fut très sympa de courir avec toi, malgré la fatigue on a bien discuté...

La fin seul aurait été à pleurer, à deux on arrivait a se motiver et finir ensemble était génial!

Merci, a bientôt sur un trail.

Commentaire de Obiwan posté le 09-05-2010 à 21:13:00

Belle perf Arno! Comme le disait Green-chaud, les France de montagne à Murat ça va être de la rigolade pour toi!

Commentaire de domi81 posté le 10-05-2010 à 04:54:00

belle course de ta part.
félicitations et à plus.

Commentaire de akunamatata posté le 10-05-2010 à 06:26:00

Joli recit, on sent quand meme bien la durete de l'epreuve.

Commentaire de caroux posté le 10-05-2010 à 21:06:00

On s'est raté au Vigan et à la 6666, je ne désespère pas faire ta connaissance une prochaine fois.
Bon GRP (après la 6666, ça devrait le faire ...)

Commentaire de Arno_SMAG posté le 10-05-2010 à 21:22:00

Salut Caroux

En fait c'est moi qui t'est parlé après quelques kilomètres de courses ... ;)

Commentaire de emy posté le 10-05-2010 à 22:56:00

bravo Arno!

Et merci de m'avoir sauvée!!

@bientôt sur les sentiers!

biz
emy

(emilie l.)

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