Récit de la course : Marathon de Marseille 2010, par guigou

L'auteur : guigou

La course : Marathon de Marseille

Date : 18/4/2010

Lieu : Marseille 01 (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1025 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Le récit

1er marathon à Marseille… j’en ai rêvé, c’est fait !
Grace aux discussions sur ce forum notamment , j’avais bien pu préparer ma logistique de course. J’avais fixé mon AS42 à 4’ 35’’ du km, peaufiné mes « stratégies de ravitaillement » (pas de camelback, et deux compotes énergétiques dans la poche), suivi mon entrainement le mieux possible, avec malheureusement quelques impasses sur les SL. Mais j’étais prêt pour mon premier marathon !
La semaine avant, c’était petite forme, à cause d’un déplacement professionnel en Argentine dont je n’étais revenu que le mardi, fatigué et décalé. Mais les quelques jours de relâchement aidant, l’envie de courir est là en ce beau weekend de printemps. Je suis hébergé avec ma petite famille par mon cousin à Marseille, et nous profitons de ce beau samedi pour sortir en mer avec son semi-rigide. Nous descendons de la Pointe Rouge au Vieux port et débarquons devant la Canebière en bateau pour aller chercher le dossard….. Le pied !
Petit tour du « Village Marathon », et réembarquement pour une promenade en bateau dans les calanques. Mais nous mettrons plus de 2h à rentrer au bercail à cause des bouchons du match de Rugby Toulon/USAP, la voiture avec un bateau en remorque ayant un peu de mal à traverser tout ça… Résultat : couché tard et fatigué de cette journée au grand air, mais sans stress et heureux !

Dimanche matin : réveil à 5h30, et petit dej consistant, entouré de ma femme et de mes deux garçons qui ont tenu à partager cette mise en route très matinale… ça met du baume au cœur !
Nous traversons la ville qui se réveille, et arrivons sur les lieux à 7h. Il fait frais (7°c) mais beau, je fais mon échauffement en montant et descendant la Canebière, accompagné par mon fils de 9 ans, qui est en école d’Athlétisme et insiste donc pour me prodiguer ses derniers conseils. Le stress n’est toujours pas là, je suis content d’être présent ce jour là avec ma petite femme et mes gamins !
7h40 : je rejoins mon sas (3h30-3h59), je me mets à la limite du sas précédent car je vise 3h15-3h20…L’air et frais mais vivifiant, le cardio fonctionne (75 bpm, cool !), le GPS a trouvé ses satellites, ya plus qu’à !

8h00….départ des handisports
8h02… c’est à nous !! Forcement, ça piétine un peu au départ, malgré la Canebière qui descend vers le Vieux Port, et le premier Km est descendu en 5’05’’. Je me cale doucement à mon allure cible, et rattrape mon retard au 5eme km, où ma montre me confirme une moyenne de 13km/h. cette première partie est bien sympa, je remonte des concurrents, certains sont déguisés (Popeye et Olive, les 5 Mousquetaires, des marins, des garçons de café…), et la foule nous encourage. Ma petite famille est là bien sûr, ils s’époumonent à tue-tête en scandant « Guigou – Guigou » (mon nom de guerre) et en brandissant une énorme banderole qui domine la foule environnante. Ça booste !
Je surveille mon allure pour ne pas me faire embarquer par ceux qui me dépassent, et j’atteins le 10eme km en un peu moins de 46’. Jusque là tout va bien ! Le soleil est désormais bien présent, les températures montent. 15eme km, toujours ok, je suis à 13.4 km/h de moyenne, c’est un peu rapide, il reste 27km à tenir !

On arrive enfin au Parc Borely, ou la foule des marathoniens rejoint celle des joggeurs du Dimanche. Petits signes amicaux, et encouragements, ça fait du bien ! Passage au semi en 1h36… tout va bien, même si je commence à ressentir des douleurs à mes tendons d’achille et sur les cotés des genoux.
La vue de mes enfants à la sortie du Parc (ils ont pris le métro), avec cette grande banderole, et les encouragements de ma femme et du « cousin de Marseille » me redonnent du courage, il ne reste plus que 21km !
Mais je reste raisonnable, je ne m’emballe pas, je me ravitaille en eau à chaque stand, et absorbe un peu de compote énergétique toute les ½ h. Les stands sont bien organisés, les bénévoles nous encouragent, un petit sourire (crispé, quand même !) et ça repart … Courir de ravito en ravito ça aide mentalement, même si je pers une 15 aine de secondes à chaque fois.
Les premières défaillances sont visibles. Devant moi, un concurrent tombe, je l’aide à se relever mais il repart sans soucis. Mais on attaque la Corniche, sous un soleil magnifique, et devant une mer d’huile. Une personne se baigne en contrebas, j’ai beau savoir qu’elle est à 14° cette eau bleue limpide me fait envie ! Pendant quelques km, je cours aux cotés de la 1ere féminine, et je profite donc des encouragements qu’elle soulève !

Retour sur le Vieux port et passage devant la Mairie au 31eme km en 2h21… j’entends le speaker qui annonce l’arrivée de l’autre course (la vraie !), celle qui se déroule 10 km devant nous, menée par 2 nigériens aux semelles de vent. Les miennes commencent à être en plomb, et j’aborde le grand inconnu, les 10 derniers km, ceux où quelque part m’attend peut-être un mur , voire une muraille de Chine infranchissable…
Le parcours devient « ingrat », du moins au travers de mes yeux fatigués… Il fait chaud, le soleil est bien là, la route chemine dans une zone située sous l’autoroute suspendue, en direction de l’Estaque… Il n’y a rien à voir, a part l’immense tour CGM qui se dresse dans le ciel bleu. Le retour vers l’arrivée se fait par la même route, nous croisons donc des concurrents qui s’envolent vers l’arrivée, et je n’attend qu’une chose, c’est d’atteindre enfin le point de demi tour pour les imiter… je n’en peu plus, j’ai mal partout, je n’ose même pas regarder mon cardio, et les km s’égrènent tout doucement, 34,35,36. Chaque montée fait mal, je croise de plus en plus de coureurs qui marchent, et j’ai une irrésistible envie de faire comme eux. Pourquoi suis-je là à courir ?

37eme km… Enfin le retour vers l’arrivée. 5 km au mental, en essayant de conserver une moyenne correcte. Malgré la douleur, je sais que c’est bientôt fini et que serais enfin marathonien ! plus que 2 km, je veux tout donner et accélérer quitte à m’écrouler à l’arrivée, mais mon mollet gauche me dit qu’il n’en est pas question, il m’enverra une crampe si je persiste ! je l’écoute et reste à 4’30’’ du km, ça sera mon sprint final !!

3h12’20’’, ce sera donc mon temps à l’arrivée, crevé, exténué, mais ravi, je tombe dans les bras de mes enfants je cherche ma femme qui était juste à l’arrivée et que je n’ai même pas vu, mon champ de vision s’étant rétréci à ce moment là aux 2 m immédiatement présents devant mes chaussures.

Je l’ai fait ! j’en suis un ! Après un petit passage par la tente « kinés », j’arrive à marcher à peu prés, il ne me reste plus qu’à savourer ce dimanche après midi ensoleillé à Marseille !

6 commentaires

Commentaire de Bruno CATANIA posté le 21-04-2010 à 11:41:00

Pour un premier marathon, tu pètes un super chrono...félicitations :).
Il est vrai que les 10 derniers kilo était vraiment dur.
En tout bravo et merci pour ton CR
A peux être sur une autre course...
Bruno

Commentaire de Bruno CATANIA posté le 21-04-2010 à 11:42:00

Pour un premier marathon, tu pètes un super chrono...félicitations :).
Il est vrai que les 10 derniers kilo était vraiment dur.
En tout bravo et merci pour ton CR
A peux être sur une autre course...
Bruno

Commentaire de guigou posté le 21-04-2010 à 15:23:00

J'ai plein de jolies photos, mais j'arrive pas à les mettre... Dommage, parce que le cadre de ce marathon était magnifique.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 21-04-2010 à 19:57:00

Un mega chrono pour un premier marat, FELICITATIONS.
Pour tes photos, il faut d'abord les réduire, elle doivent être trop lourdes.

Commentaire de riri51 posté le 22-04-2010 à 21:07:00

Félicitations pour te perf et merci pour ce CR, effectivement la fin du parcours était un peu "tristounette", surtout après un passage sur la corniche et le vieux port. Bonne récup!

Commentaire de Eric Kb posté le 24-04-2010 à 13:50:00

Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître !!!
Les bosses de l'Estaque sont dures mais comme ça fait du bien quand ça s'arrête !!!
Eric

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