Récit de la course : Trail des Citadelles - 40 km 2010, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Trail des Citadelles - 40 km

Date : 4/4/2010

Lieu : Lavelanet (Ariège)

Affichage : 1330 vues

Distance : 40km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Nouvelle dimension

     Soyons clair, le 40 des Citadelles c'est pour moi LE DEFI. Arrivé à la course à pied sur le tard (40 piges), voilà deux ans que je me régale à découvrir les courses du coin avec jamais plus de 25 km au menu. La seule expérience de course de plus de 3 heures aura été en ce début d'année le Trail Blanch d'Ax et une fin de course difficile.

     Pourtant pas d'apréhension ni même de pression avant ce grand RV. Plutôt une grande envie de vivre l'Aventure. Côté préparation, rien de spécifique mais un entrainement régulier et des courses tous les 15 jours. Côté ciel, je serai plutôt tenté par un peu de neige et bien sûr un peu d'boue mais sans abuser quand même.

Jour J...la neige est tombée cette nuit sur les sommets mais dans l'air de départ fait même pas froid. Tout est réuni pour une belle course. Je m'aperçois tout de suite qu'on est sur du long car sur la ligne de départ les premiers rangs ne sont pas surchargés. Briefing, musique et c'est lancé.

     Je me place vers les 40-50 premiers et me voilà parti sur un terrain que je connais bien maintenant. Et oui j'ai fait les 2 dernières éditions du 20 km et la première partie qui monte au chateau de Montségur est la même. Les premières sensations ne sont pas si mals, par contre je trouve que les gars qui sont avec moi ont l'air tous bien afûtés. Va falloir être bon Berty si tu veux faire ta place.

     Dans la montée vers Montségur je me fais remonter par quelques gars mais je ne force pas l'allure. Par contre, pour la montée du château, je me fais plaisir et ne traine pas en chemin. On a même le droit à un peu de grésil à l'approche du sommet. C'est beau mais je ne bade pas car je suis dans ma course...descente bien amenée et ça y est la première difficulté est derrière.

      Après une petite portion en descente, je m'apprête à prendre à droite comme d'hab en arrivant à la route. Et non mec, c'est en face pour le 40! Bon ça y est, l'aventure commence. Direction Montferrier pour le premier ravito. Je suis quand même un peu inquiet car j'ai les jambes fatiguées même dans les passages assez roulants où je n'arrive pas trop à...dérouler. Je me dis qu'il faut bien gérer l'alimentation pour tenir et que ça va passer.

     Premier ravito, content de voir du monde mais je ne vois pas l'intérêt de m'arrêter car j'ai c'qui faut à boire et à béqueter et l'arrêt risque surtout de m'couper les jambes. Je suis maintenant dans la deuxième partie de la course avec une montée par à-coups vers le château de Roquefixade. C'est dur mais je continue sur un rythme régulier et commence déjà à m'obliger de courir sur certaines portions.

     Le passage à Roquefixade est très agréable, je découvre certains chemins et la proximité du château nous met l'ambiance. Problème, car qui dit château dit grimpette et celle-la va encore plus me flinguer les jambes. Sortie au dessus du château, je fais un test capuche car le zef est glacial. Le test est concluant, la capuche est ergonomique et ne me gêne pas, par contre il me sera impossible de la remettre en place en courant...elle me servira de ralentisseur dans les descentes.

     Au dessus de Roquefixade, je me fais pointer à la 59ème place. C'est là normallement que j'aurais dû faire la différence et remonter dans le top 50 mais sans me l'avouer vraiment, je commence déjà à me dire qu'il va falloir serrer les dents. J'en profite pour m'écouter un peu d'zique et tombe sur Tiken Jah Fakoly qui me fera vivre un dernier moment de grâce.

     J'ai les mollets durs -limite crampes-,mal sous le pied gauche et en haut de la jambe. Je tiens quand même car le ravito du 28ème n'est plus si loin, peut-être que cette pause pourra me redonner un peu d'énergie...je doute. Grand plaisir tout d'même de trouver des gens pour prendre soin d'moi. On me rempli le camel bak, je bois un peu d'eau et repart en marchand en béqu'tant mon pain d'épice. Je me remets à courir. Enfin "courir" est un grand mot car je me traine. La 1ère féminine me double à la sortie du ravito, je ne la reverrai plus.

     Nous sommes dans la troisième partie de la course, il me reste 11 bornes à parcourir. En condition normale rien d'inquiétant mais là tout est plus difficile et ne connaissant pas le parcours, je suis un peu dans l'inconnu. J'ai quand même bossé mon road book et je m'attends à 2 ou 3 côtes costauds. C'est rageant, ça fait un bout d'temps que je ne double plus personne et par contre ça remonte régulièrement de l'arrière. Je n'avance plus très vite mais je limite les dégats en trotinant régulièrement sans marcher sauf dans les côtes.

     Je sais qu'il nous faut arriver sur un plateau avant de faire les 3 derniers km qui nous mèneront à Lavelanet. J'arrive justement en haut d'une côte. Sans trop y croire je me dis que c'était p't-être la dernière. Et non Berty, regarde en face ça ressemble à une côte ça non? P... voilà le dessert. Un moment j'espère que je me trompe, qu'on va bifurquer, mais non à y regarder de près on voit des petits bonhommes attaquant droit dans la pente.

     La seule chose qui me rassure, c'est que c'est la dernière, qu'après, tout prêt, je vais pouvoir me poser avec une p'tite mousse. J'ai le sésame au fond d'la poche "bon pour une bière". Enfin faut s'la gagner celle-là. Sincèrement, j'en ai jamais autant bavé dans une course. Et le meilleur est à venir car cette montée comme me le souffle un compagnon de galère "c'est l'enfer". Je lève parfois la tête espérant en voir le bout mais ça monte toujours.

     Ca y est, on bascule en haut de cette maudite côte. J'ai des vertiges. Eh! déconne pas Berty, pas maintenant. Je croque une barre de céréales mais la nausée n'est pas loin. Pas frais l'Berty! Les derniers km seront cahotiques mais sans gamelles. Je me permettrai même de doubler 2 concurents, un stoppé par les crampes et l'autre par des problêmes d'accroche sur la dernière descente qui nous ramène au bercail.

     Je cours et franchis la ligne. Je lève les bras. C'est une victoire. 

     Mon objectif était de bien finir la course. De c'côté là c'est pas bon. J'ai pas tenu la distance ou plûtôt le dénivelé associé à la distance. Ca veut surtout dire que j'étais pas assez bien préparé. Mais bon, c'est une première et avec elle l'expérience engrangée pour la suite. Et puis dans quelques jours le plus dur sera un peu gommé alors oui je pourrai dire "je me suis régalé" mais bon, pas aujourd'hui, pas si tôt, pas déjà.

     

 

 

 

 

 

3 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 06-04-2010 à 08:11:00

Bravo Berty pour cette première. Le DEFI a été relevé de belle manière. Et effectivement sur des courses aussi exigeantes, il faut bien se gérer pour finir bien.

Commentaire de Kadoc-31 posté le 06-04-2010 à 13:48:00

Bravo pour la course et le CR !
Pas de doute, l'année prochaine tu le fini sur les mains en sifflant la traviata !

Commentaire de laulau posté le 06-04-2010 à 17:34:00

Bravo Berty, tu as été fort ! On a dû se croiser derrière Roquefixade.

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