Récit de la course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km 2010, par thethothi

L'auteur : thethothi

La course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km

Date : 20/3/2010

Lieu : St Quentin En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1562 vues

Distance : 80km

Objectif : Terminer

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ECO TRAIL DE PARIS de THETHOTHI

 

 

ECO TRAIL DE PARIS – 80 KM 

08 h 41 - 112 ème au scratch et 37 ème V1

 

Cela faisait 3 ans que mon organisme était au repos, j’ai cumulé claquage du mollet et contracture à répétition durant tout ce temps là. Peu de compétitions et quelques entraînements peu violents.

Depuis 3 mois ces pépins me laissaient tranquille et poussé par Henri, un pote de club (Sanary Running Cap Garonne) je m’inscrivais à cette épreuve.

80 Km pour une reprise, « t’es pas fou ! » me disais-je, oh et puis on verra bien !

Nous montons donc à la capitale avec mon épouse Claudie et Henri accompagné de son épouse, Cathy qui est la présidente du club.

Les filles courent sur la Twin Santé et les hommes sur le 80 km.

 

§  L’entraînement

Je me suis fait un plan d’entraînement sur 3 mois, des montées cool, des montées hard, du plat et pratiquement toujours en tout terrain, tout y est passé sans encombre et je suis arrivé au bout du 2 ème mois à enchaîner des sorties de 3 heures sans problèmes.

Peu de VMA, source de mes contractures répétées.

Les dernières semaines ont été cool et sans contraintes.

Mercredi « La tuile », je me suis fait une contracture au mollet en entraînant mon club (Sanary Running Cap Garonne) sur le stade pendant la PPG, 3 jours avant la course c’est de mauvaise augure !

3 jours de gel décontractant, de cachets décontracturants, de câlins et massages décontracturants et MIRACLE samedi matin plus de douleur. Ma devise aujourd’hui sera « tout doux sur les jarrets, en montée et descente ! »

 

§  Le matos

En ce qui concerne l’équipement il m’a fallu du temps pour me décider.

Collant long ou corsaire ?

Veste coupe vent déperlante ou veste pluie étanche et goretex ?

Chaussure de route ou de trail ?

Gels énergétiques ou seulement boisson énergétique ?

Casquette ou bandana ?

 

Enfin tout y est passé et c’est en grande partie en consultant ce forum que j’ai pu affiner mes choix :

 

Ce que j’ai pris :

-          Collant long + chaussettes de compression

-          Veste de running coupe vent déperlante mais pas du tout étanche + un KWAY de vélo

-          Chaussures de trail (Salomon Wings)

-          Gels OVERSTIM (toute la collection),  merci à Samuel BONAUDO d’ENDURANCE SHOP TOULON pour tous ses bons conseils.

-          Une casquette pour la pluie + 1 bandana pour le froid.

-          Des gants fins

-          Un ticket de métro + 10 €

-          Un téléphone portable

 

Ce que j’aurai pu laisser:

-          Un Kway de vélo (a remplcer contre une cape)

-          Un bandana (voir T°)

-          Des gants fins (voir T°)

-          Un téléphone portable

 

§  Ma course

Avant le départ

Arrivés sur le site de départ aux environs de 10h45, nous nous installons Henri et moi sur une table de pique-nique pour manger notre gamelle de riz et pâtes et essayer d’ingurgiter notre gâteau énergétique.

Le temps est doux mais incertain.

Nous discutons avec des coureurs récidivistes qui nous font partager leur expérience de cette course.

Un conseil revient souvent « c’est long il faut gérer dès le départ !»

La pluie commence à apparaître et nous décidons de nous engouffrer sous la tente blanche pour digérer et attendre l’heure fatidique.

30 mn avant le départ, la foule commence à se bouger, s’étirer, se réveiller et les rires de décontraction fusent à droite et gauche.

Etonnement je ne suis pas stressé malgré mon mollet défaillant, on verra bien .

 

 

Du départ au 1er ravitaillement (BUC KM 21)

Départ cool sur les bases de 10.5km/h, avec Henri nous discutons de tout et de rien.

L’ambiance est sympa, le soleil est au rendez-vous et la chaleur bien présente. Cela ne nous dérange pas, la chaleur on connaît à Six-Fours.

Henri s’enflamme vers le 10 ème et commence à doubler des groupes, j’observe mon GPS et décide de rester sur ma vitesse, entre 10 et 11 km/h. Peu de temps après, je le rattrape toujours à la même vitesse, il a ralenti. Je me ravitaille toutes les 45 minutes comme me l’a conseillé Samuel BONAUDO d’Endurance Shop TOULON.

Nous arrivons ensemble au 1er ravito, il me remplit ma poche à eau j’en fait de même, nous prenons 2 ou 3 trucs à grignoter et nous repartons en moins de 1 minute. Le moral est bon et les jambes suivent.

 

Du 1er ravitaillement (Buc Km 21) au 2 ème ravitaillement (Chaville Km 50)

Nous repartons très concentré car au vu du profil, cette partie est certainement exigeante pour la mécanique.

Le parcours est vraiment beau dans ce coin là, Cathy la femme d’Henri lui téléphone sur son portable, j’en profite pour rassurer ma femme Claudie sur l’état de mon mollet, elle est avec Cathy à nous attendre dans Paris. « Tout va bien !» le message est passé.

Vers le 30 ème une gêne au genou gauche fait son apparition, je cours en souplesse pour ne pas amplifier la douleur, celle-ci disparaît doucement au bout de quelques km.

La succession de montées raides et descentes abruptes et glissantes commence à user nos organismes. Henri est plus à l’aise que moi dans les côtes, ces cuissots de cyclistes font la différence. Je le rattrape calmement dans les descentes, l’un et l’autre nous assurons le relais. Nous doublons des grappes de concurrents qui commencent à fléchir.

Vers le 40 ème, Henri commence à accuser le coup. Je ne m’en aperçois pas tout de suite, mais petit à petit les montées lui laissent des traces. Au Km 42, il décide de marcher un peu et de bien se ravitailler car il se sent en hypo. Après une brève discussion, nous nous comprenons et il me demande de continuer, je lui dis que ça risque d’être mon tour un peu plus loin et que nous nous reverrons. Je le pensais réellement car il est plus costaud que moi dans le dénivelé.

Km 43, je suis tête baissée, 2 coureurs devant moi qui m’amènent dans une mauvaise direction, il faut dire que le balisage de l’épingle à droite n’était pas très visible. Heureusement des concurrents derrière nous nous rappellent en criant de toutes leurs forces. Je les remercie encore, s’ils se reconnaissent « MERCI ». 400 m de trop aller retour, c’est un moindre mal, je décide de bien me concentrer.

Km 46, après une magnifique boucle dans les jardins de l’observatoire, contrôle des sacs express. Je repars en forme vers le prochain ravitaillement.

Km 48, je me ravitaille mais ça passe mal, j’ai des nausées et des envies de vomir. Je bois et décide d’espacer mes gels, je sature en sucre.

L’arrivée au ravitaillement du 50 ème me semble interminable, les côtes sont de plus en plus raides, les cuisses aussi.

Ouf le voici ce satané ravitaillement, un bref regard sur mon GPS qui affiche 53 km, une erreur d’environ 3 km ???

Je complète ma poche à eau avec du Coca. J’en mets trop et quand j’aspire pour faire le vide il me monte une bouffée de gaz dans le nez. J’agonise. Je ne fais pas le vide et vais entendre « Floc-Floc » pendant un long moment. 

Je ne reste pas trop longtemps au ravitaillement car mes jambes se raidissent, moins de 2 minutes.

 

Du 2 ème ravitaillement (Chaville Km 50) au 3 ème ravitaillement (Marine la Coquette Km 63)

Je repars en souplesse à travers bois, les côtes s’enchaînent encore. Moi qui croyais que ça allait s’aplanir.

Km, 54 dans la forêt de « Fausse Repose », dans une longue descente je sens une douleur vive sous un ongle. La course m’est difficile et je pense vraiment abandonner. Trois fois de suite je me déchausse et essaie de remettre en place ma chaussette ou desserrer ma chaussure pour atténuer la douleur. Rien n’y fait, l’ongle est en train de s’arracher, je perds environ 10 minutes à boitiller le long d’un magnifique lac bordé de maison à colombage.

« Non pas ici, pas maintenant »

Miracle, petit à petit la douleur disparaît (les endorphines ???) et ma foulée redevient ce qu’elle était, j’ai bien fait de ne pas jeter l’éponge. Je pense à Henri qui ne devrait pas tarder à me rattraper.

Un petit coup d’œil à mon GPS me dit que ma moyenne a pas mal chutée, tant pis je ne le regarderai plus.

Cette partie est plus urbanisée, la lumière décline et isolé j’ai du mal à bien repérer le balisage, je me concentre sur les portions de routes et les carrefours.

Je me sens bien à nouveau, le profil roulant me repose un peu et je commence à entrevoir une arrivée triomphante à la Tour Eiffel. Je ne double plus grand monde et le peu de personnes autour de moi va à la  même allure que moi.

Mon rythme de prise de gel me convient, finies les nausées, je guette quand même l’hypoglycémie.

Km 62, avant le ravitaillement de  Saint Cloud, au niveau des haras de Jardy des jalonneurs nous guident dans une allée étroite entre 2 grands champs. 2 barrières bétons nous guident, la largeur de l’allée n’excède pas 1.5 m. Nous contournons un arbre imposant et soudain j’hallucine, je me trouve devant une espèce de lavoir plein d’eau d’un mètre de haut. Pas de passage à droite et pas de passage à gauche, il nous faut escalader cette auge à chevaux. J’ai un doute et me rassure en voyant du balisage. J’escalade donc ce bac malgré mes jambes raides et stupéfaction, il faut progresser au- dessus de l’eau sur une poutre en béton de 10 cm de large. Je peste contre l’organisation et trouve insensé de nous avoir fait passer par cet obstacle. Je ne m’en tire pas trop mal dans mon numéro d’équilibriste et redescends 2 m plus loin.

Comment vont faire les attardés dans le noir et avec des crampes ???

« Bon an mal an » j’arrive au ravitaillement de Marine la Coquette Km 63 un peu émoussé, à peine suis-je sous la tente qu’un déluge s’abat sur nous. La pluie nous avait à peu près épargné jusqu’à maintenant mais maintenant il semble que c’est pour durer et je ne me suis pas trompé, elle ne nous quittera plus jusqu’à l’arrivée.

Le fait de savoir que les côtes sont quasiment terminées, me motive. Je me ravitaille rapidement et refais le plein d’eau qui diluera mon coca-cola restant. Quelques Tuc et bananes ingurgités goulûment et me voilà reparti sous la pluie, casquette et lampe frontale en place. Il est environ 19h30 et la nuit pointe son nez.

 

Du 3 ème ravitaillement (Marine la Coquette Km 63) au 4 ème ravitaillement (Saint Cloud Km 70)

C’est une autre course, une autre ambiance qui commence. Seul dans les allées de la forêt, je me concentre sur le faible faisceau lumineux de ma lampe frontale, je balaye les branches d’arbres à la recherche d’un balisage. L’exercice est fatigant pour la vue, heureusement je rattrape 3 coureurs et décide de courir avec eux mais petit à petit je les lâche et me retrouve à nouveau tout seul. Soudain au détour d’un sentier, 2 yeux lumineux me font face dans la nuit. Un loup ? Mon imagination s’emballe, mon cœur aussi. En fait il s’agissait d’un chien qui semblait plus dérangé que moi, il faisait tranquillement sa crotte. Si j’avais eu un cardiofréquencemètre, je pense que ma fréquence cardiaque aurait fait des saltos.

Je reprends mon rythme tranquille, seul dans la forêt quand tout d’un coup j’ai senti toute l’eau de mon Camel Back se répandre sur mon dos, mes fesses et mes jambes. Catastrophe, ma poche à eau a dû exploser, aujourd’hui spécialement après 3 mois d’utilisation intense. Pas de chance. Heureusement je rejoins le dernier ravitaillement rapidement.

 

Du 4 ème ravitaillement (Saint Cloud Km 70) à la Tour Eiffel

Ravitaillement express, je mange 2 bouts de banane et prends une bouteille d’eau à la main pour finir les 10 dernières bornes. Je m’en débarrasse rapidement car elle me contracte rapidement l’épaule, je décide de faire sans eau. Une bonne descente que je fais en compagnie d’un Anglais nous ramène à la civilisation au bord de la Seine.

Je me retrouve vite isolé car il a de meilleures jambes que moi. Malgré tout je rattrape encore du monde et demande à un concurrent une rasade d’eau pour faire passer mon dernier gel « coup de fouet ».

La pluie redouble et la Tour Eiffel n’a pas l’air de se rapprocher. Je reste concentré sur mon rythme, malgré les fausses indications de distance restantes que veulent bien nous fournir les bénévoles. Je ne les blâme pas, ils ont le mérite d’être là. De pont en pont, de carrefours en trottoirs , me voilà au pied de l’ultime pont, encouragé par Mr Dominique Chauvelier himself.

Je suis à présent sur l’esplanade de la Tour Eiffel, serpentant au milieu du public et passant sous la tente de l'organisation avant d’arriver enfin au pied du pilier EST. On me donne un ticket d’entrée et me voilà à gravir ces derniers 100 m de dénivelé, la pluie continue à me tremper, elle n’est pas étanche cette tour Eiffel. Heureusement il y a deux rampes pour m’aider, des touristes me laissent passer en m’encourageant. Soudain un fada déguisé comme moi monte 4 à 4 ces satanées marches. « Nous n’avons pas dû faire la même course ou alors c’est un extraterrestre ». Enfin me voici arrivé sous les crépitements des flashs, je suis la star de cet instant. 08 h 41 est affiché sur l'horloge, je saurai plus tard que je suis 112 ème et 37ème en V1. Je suis vraiment satisfait de cette place.

Je me ravitaille en coca et une grand impression de froid m'envahit tout à coup, je me mets à greloter et décide ne pas m'attarder, je profiterai de la vue à une autre occasion.

Je désire descendre par l'escalier mais un imposant molosse me refoule, j'attends donc transis l'ascenseur. Le voici enfin, j'entre et attends le démarrage et stupeur celui-ci monte. Quelqu'un du dessus l'avait appelé, nous revoilà enfin à redescendre et re-stupeur celui-ci s'arrête encore au premier.  Bref au bout d'un quart d'heure de froid et de yoyo me voici revenu sur terre où je retrouve Claudie mon épouse et Cathy qui attend Henri. Nous nous engouffrons sous la tente et je me change rapidement pour avoir un peu de confort avant d'aller prendre une bonne douche chaude et réparatrice. Henri nous rejoint une demi heure plus tard, son hypoglycémie était plus importante que je ne le pensais. Il a galéré pendant 3 heures.

 

Ce que j'en retiens

  • - Une préparation sur 2 à 3 mois est nécessaire avec comme ingrédients, des sorties de 2 à 3 heures 30 maxi et peu de travail VMA car dans les côtes on marche.
  • - Trouver des côtes pentues et courtes comme là bas  et les répéter en marche rapide
  • Ne pas se surcharger en fringues et ne prendre que le strict minimum (500 gr de trop c'est lourd sur 80 Km)
  • Prendre soin de ses ongles afin d'anticiper tout problèmes pendant la course.
  • Courir au GPS et ne pas se fier aux indications des bénévoles ou autre.
  • S'équiper d'une frontale puissante pour ne pas faire tomber sa moyenne lorsque la nuit fût venue (ou alors arriver avant la nuit !)
  • Ne pas s'enflammer au départ et rester sur ses estimations même si cela à l'air trop lent sur les premiers km.
  • Rester vigilant et bien observer le balisage la nuit venue

 

 


5 commentaires

Commentaire de domi81 posté le 30-03-2010 à 20:06:00

félicitations pour ta persévérance et bonne continuation !

Commentaire de fulgurex posté le 30-03-2010 à 21:14:00

si je m'y frotte, je viendrai relire tous tes précieux conseils. Merci...et Bravo!

Commentaire de JLW posté le 30-03-2010 à 21:45:00

Bravo et merci pour tous ces détails pertinents qui me serviront peut-être un jour.

Commentaire de Le Bagnard posté le 30-03-2010 à 22:25:00

Merci pour ton CR bien détaillé et bravo pour ta course ;-)

Commentaire de Bert' posté le 31-03-2010 à 16:45:00

Toujours amusant de lire le CR dont la course fut assez proche de la mienne... avec des perceptions différentes !

J'ai aussi constaté que le balisage était loin d'être parfait, évitant de peu plusieurs pièges 43e ou la poutre de Jardy <=> il fallait passer par le côté gauche du champs (pas clair)

P.S : on a dû se croiser sous la tente de Jardy

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